Qui aurait pu prédire à l'issue du Grand Prix du Canada la tournure que prendraient les événements trois courses plus tard ? Pas grand monde à vrai dire. Alors que les équipes sont entrées dans la deuxième partie de saison, les premiers enseignements peuvent être tirés. S'il est difficile d'établir une hiérarchie, les premières tendances apparaissent. Mais jusqu'à quand seront-elles valables ? Si d'un côté McLaren monte en puissance, de l'autre BMW et Ferrari semblent marquer le pas.
Revenu du diable vauvert après une erreur de débutant dans les stands du circuit Gilles-Villeneuve, Lewis Hamilton (McLaren) a ainsi su se montrer patient pour revenir dans la course et prendre seul la tête du championnat du monde avec 58 points. A Magny-Cours, le natif de Stevenage a pris son mal en patience avant de passer à l'attaque à Silverstone, le premier des deux grand prix "maison" de l'écurie dirigée par Ron Dennis. Impressionnant de maîtrise sous la pluie anglaise, le Britannique s'est montré tout aussi à son aise sur le tracé allemand. Au point de susciter la résignation des ses acolytes du podium. "Je savais que Lewis était beaucoup plus rapide, je n'ai pas voulu prendre de risques inutiles, cette deuxième place est une belle récompense pour toute l'équipe" , déclarait ainsi Nelson Piquet (Renault). Son compatriote Felipe Massa (Ferrari) ne démentait pas cette situation. "Dans mon premier relais je perdais une demie seconde par tour sur Lewis, je ne pouvais rien faire", concédait-il.
"On n'est pas en crise..."
Le Pauliste, troisième de la course, comme son coéquipier finlandais, n'ont jamais été en mesure d'inquiéter les MP4-23. Une situation inquiétante que la Scuderia ne niait pas. "La journée ne s'est pas bien passée et il est inutile de le nier. Nos rivaux étaient tout simplement plus forts et on doit savoir pourquoi, sans se chercher d'excuses", affirmait sans détour Stefano Domenicali, Directeur Gestion sportive. Pour Kimi Räikkönen, la situation n'est pas catastrophique, mais demeure préoccupante. "On n'est pas en crise mais, à mon avis, il faut étudier la conduite de la monoplace afin de savoir si on a pris le bon chemin en terme de développement." Une situation qui dure depuis deux grand prix maintenant et qui est à l'exact opposé du niveau de performance de son principal concurrent.
McLaren au top, Ferrari en berne, quid de la deuxième force du plateau au championnat constructeurs ? A la peine depuis son doublé au grand prix du Canada, l'écurie BMW n'a pas réussi à inverser la tendance pour son grand prix "maison". La firme à l'hélice s'est ainsi montrée à un niveau en deça de ce qui était le sien en début de saison. Heidfeld quatrième et Kubica septième ont montré des réactions opposées quand aux résultats obtenus lors de ce week-end germanique. Willy Rampf, le directeur technique affichait néanmoins une mine réjouie à l'issue de la course. "Marquer sept points dans ces circonstances difficiles, c'est plutôt bien" , n'hésitait-il pas à clamer.
Effet d'annonce ou réelle satisfaction ? Difficile de cerner les intentions des uns et des autres. Si BMW a déjà rempli son objectif de la saison, à savoir une victoire, les deux autres vont se livrer à une bataille sans merci jusqu'au bout. Cette semaine, les protagonistes seront à Jerez pour quatre jours de tests. Une semaine décisive pour Ferrari et BMW qui tenteront de rattraper leur retard sur McLaren au niveau des performances pour conserver leur avance respective au classement des constructeurs.



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