Grand Prix de Miami - Lando Norris (McLaren), l'anomalie réparée : "Ça a pris du temps, pas vrai ?"
Publié 06/05/2024 à 07:18 GMT+2
GRAND PRIX DE MIAMI - Débarqué en Formule 1 en 2019, Lando Norris (McLaren) a débloqué son compteur à Miami, dimanche soir, au terme de sa 110e course. Un premier succès dans la catégorie reine facilité par une erreur de la voiture de sécurité. Si les éléments ont tourné en sa faveur, on ne peut occulter le package d'innovations apporté sur sa MCL38 qui a fait des merveilles.
Lando Norris (McLaren) porté par les siens après sa victoire au Grand Prix de Miami
Crédit: Getty Images
On appelle ça la providence lorsque, sans rien demander, tout tourne soudainement à notre avantage. Comme si le scénario était écrit à l'avance. Un sentiment d'invincibilité extrêmement rare, précieux, magnifique. Cette puissance supérieure, presque divine, Lando Norris l'a expérimentée dimanche soir quand une erreur de la voiture de sécurité l'a aidé à remporter le Grand Prix de Miami avec une marge de plus de 7 secondes sur le plus-si-invincible-que-ça Max Verstappen (Red Bull). Le premier succès d'une carrière en Formule 1 débutée en 2019. Le premier cri de joie après 110 départs, 15 podiums et 8 deuxièmes places. Evaporée, la plus longue série de top 3 sans victoire. Oubliée, la frustration d'un abandon dès le premier virage de la course Sprint, samedi. A 24 ans, il est devenu le 114e vainqueur de Grand Prix.
Voilà qui doit lui faire bizarre de voir toutes les planètes s'aligner en sa faveur, lui, l'infortuné de service, le poissard qui perdit une course en Russie en 2021 en refusant de troquer ses slicks sous la pluie à deux tours de l'arrivée alors que la victoire lui était servie sur un plateau d'argent. Espoir douché. Jamais verni dans les moments décisifs, le natif de Bristol s'est longtemps apitoyé sur son sort d'éternel second, ne sachant plus à quel saint se vouer pour apposer son nom sur la liste des pilotes britanniques victorieux en F1.
Propos prophétiques
Ce n'était qu'une question de temps avant de voir le très talentueux protégé de McLaren monter sur la plus haute marche du podium, comme le firent avant lui ses compagnons de karting Verstappen, George Russell ou Charles Leclerc. Le signe indien a finalement été vaincu sous le soleil floridien. "P****, ça a pris du temps, pas vrai ?", s"amusait-il au micro de Jenson Button dans le parc fermé, avant de poursuivre : "Quelle course ! La victoire a été longue à venir, mais je suis au sommet, je l'ai enfin fait. Je suis aux anges !"
Début mai, il avait conclu une interview pour The Athletic par des propos prophétiques : "Mon heure arrive." Rebelote dans son tour de décélération, Norris révélant avoir eu la sensation que le moment fatidique approchait : "Je vous l'avais dit ce matin (dimanche) qu'aujourd'hui était le bon jour."
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Lando Norris à Miami.
Crédit: Getty Images
Mais s'attendait-il une seule seconde à gagner de cette manière ? Parti depuis le cinquième rang, le Britannique est remonté dans le classement au gré des arrêts. Il n'avait toujours pas emprunté la voie des stands lorsqu'il hérita de la première place au 27e tour. Bien lui en prit puisque, deux boucles plus tard, Kevin Magnussen (Haas) eut la bonne idée de tester la solidité de la Williams de Logan Sargeant, déclenchant ainsi l'intervention de la voiture de sécurité.
Une MCL38 survitaminée et inarrêtable
Prolonger le premier stint de Norris fut l'idée du siècle de McLaren : celui-ci profita d'un ravitaillement gratuit pendant que la Safety Car, persuadée que Verstappen était en tête, ralentissait le Batave. Un couac qui tourna à l'avantage du leader. Mais il fallait avoir le coeur bien accroché et le moteur solide pour résister à la fusée du triple champion du monde lors de la relance. Ce que Norris fit avec maestria, se mettant à l'abri du DRS dès les premiers hectomètres. Bien aidé, il est vrai, par une MCL38 survitaminée, dopée par un package monstrueux d'évolutions introduit ce week-end.
Dix nouvelles pièces qui expliquent le rythme impressionnant - aussi bien en pneus médiums qu'avec les durs - du pilote de 24 ans depuis le début du week-end. Jamais inquiété au cours des 25 derniers tours, il est allé cueillir ce succès en solitaire avec une avance très confortable sur Verstappen. "Il volait, constatait simplement ce dernier. Quand je me suis arrêté et que j'ai entendu les temps au tour des McLaren, je me suis dit : "Wow, c'est plutôt rapide !" Je suis très content pour Lando. Cela faisait longtemps qu'il attendait cette victoire, il la mérite vraiment, et ce ne sera pas sa dernière."
Le Néerlandais ne fut pas le seul à se réjouir de la victoire de son grand ami, porté en triomphe par les mécaniciens de l'écurie de Woking. Les louanges sont venues de tout le paddock, chaque pilote ou patron d'équipe saluant la réussite d'un confrère talentueux et très apprécié du grand public. Du côté de la murette des stands de McLaren, plus habituée à gagner depuis le Grand Prix d'Italie 2021, on a tremblé jusqu'au bout avant d'exulter. "Nous savions que la voiture était rapide, même si c'est un peu une surprise. Nous avons toujours dit que dès que nous lui donnerions le bon matériel, que Lando y arriverait, et il y est arrivé", saluait Andrea Stella, le team principal.
McLaren-Norris, mariage heureux
"Beaucoup de gens ont parlé sur moi et ont pu douter de moi tout au long de mon parcours. J'ai fait des erreurs dans ma courte carrière. Aujourd'hui, tout a fonctionné, et tout le mérite revient à l'équipe. Je suis resté chez McLaren car j'avais toutes les raisons de croire en eux. Cette journée a montré que c'était le bon choix. Je m'en souviendrai toute ma vie", assurait Norris avec émotion.
Questionné sur la suite des célébrations, ce bon vivant, pansement sur le nez pour soigner une blessure survenue lors de la Fête du Roi aux Pays-Bas, répondait : "Je devais prendre l'avion, mais Zak (Brown, le PDG de l'écurie) vient de me dire que nous partirons demain. Je ne vais donc pas dormir. J'aurai peut-être plus qu'une égratignure sur le nez demain, mais je m'en fiche, je vais passer une bonne soirée à Miami." Comment lui en vouloir ? Ce n'est pas tous les jours qu'on est touché par la grâce...
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