Mine de rien et dans une certaine indifférence, Giancarlo Fisichella devrait fêter son 200e départ en grand prix. A l'image de sa carrière et de ces années qu'il a passées sans forcément enthousiasmer les observateurs et les fans de Formule 1, "Fisico" a tracé sa route semée d'embûches, de déceptions mais aussi de quelques moments de bonheur. Comme un signe du destin c'est sur ce même circuit de Monaco, où il fêtera cet anniversaire, qu'il remporte l'un des succès fondateurs de son titre en Formule 3 en 1994. Ses débuts en Formule 1 se feront assez tardivement, chez Minardi en 1996, et il ne disputera que sa première saison complète qu'en 1997 chez Jordan.
Jusque là, des problèmes financiers l'empêchent de s'installer durablement dans l'écurie italienne. Il voguait d'ailleurs entre des postes d'essayeur chez Ferrari et deux années de DTM, dont une dans la formule internationale du championnat allemand de tourisme. Pour sa deuxième saison, il parvient tout de même à prendre 20 points et à se battre pour la victoire au Grand Prix d'Allemagne avant d'abandonner. "J'avais signé un contrat avec Benetton, avec Flavio Briatore. Ils m'ont dit que je leur plaisais mais l'année d'après il y avait Berger et Alesi. Il voulait donc que je vois ailleurs afin d'acquérir de l'expérience et c'est là que j'ai atterri chez Jordan", déclare-t-il. Un signe que la trajectoire de Fisichella ne serait jamais rectiligne.
"Des mauvais choix"
Le Romain doit attendre 1998 pour rejoindre le charismatique italien et ancien patron de Michael Schumacher, parti en 1996 pour redorer le blason de Ferrari. Malheureusement, il traverse trois saisons éprouvantes alors que la structure Benetton est en grosse difficulté et qu'elle finit par être rachetée par Renault. Il parviendra à se battre à d'autres reprises, notamment au Nurburgring en 1999 où il mène la course sous la pluie avant de sortir de la piste. Il décide alors de retourner chez Jordan en 2000 voyant que l'équipe peinait en bout de peloton. "Malheureusement, c'était le mauvais choix. L'équipe allait de plus en plus mal et on avait des problèmes de budget. Ce furent des temps difficiles", analyse-t-il.
Malgré tout, Fisico véhicule une image de très bon pilote, de conducteur très propre, capable du meilleur à Interlagos (Brésil), où il remporte son premier Grand Prix dans des conditions particulières et à postériori. Un premier succès qu'un pilote de Formule 1 aimerait conquérir d'une autre manière, à la régulière. Son image d'homme respectable se défend mais il est aussi dit que le tempérament peut parfois lui manquer lorsqu'il faut se battre pour accrocher un ou deux points de plus ou pour l'emporter. Ainsi au cours de ses deux saisons chez Jordan, il abandonnera à dix-huit reprises mais pas uniquement par de fautes humaines.
Une période Renault décevante
Une dernière chance d'accrocher le titre suprême lui est accordée lorsqu'il rejoint une écurie Renault renaissante en 2005. Deux ans plus tôt, c'est le talentueux et fougueux Fernando Alonso, à peine âgé de 22 ans qui relance la formation française en remportant le seul grand prix de la saison pour le constructeur français, au Hungaroring. Là encore, Fisichella ne parviendra pas à se sublimer malgré un départ idéal en Australie. Il finira au mieux 4e la saison suivante loin de son coéquipier. Acculé, il finit par être lâché par Briatore dans la presse et comble du sort, se fait dominer par le nouveau titulaire de l'équipe, le Finlandais Heikki Kovalainen. Ce dernier ramènera le seul podium des "bleu ciel", la saison précédente.
Son parcours chaotique l'amène finalement chez la modeste écurie Force India où, libéré de toute pression, il fait le boulot, comme on dit, sans se soucier de ramener à tout prix de résultats. C'est peut-être ce qu'il a manqué à Fisico pour faire mieux.
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