Les forces en présence

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Quels sont les arguments des 20 pilotes réunis à 14H00 sur la grille de départ ? Les essais et la qualification ont livré quelques éléments de réponse intéressants...

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Crédit: Eurosport

Red Bull - Vettel P1 (649,5 kg), Webber P4 (656 kg)
Sebastian Vettel a réussi avec un bolide de 649,5 kg là il avait échoué à Monte-Carlo avec 631,5 kg. Une pole de bon augure puisqu'il avait transformé ses deux précédentes en victoires (Monza 2008, Shanghai 2009). Une autre statistique pour lui : depuis que le GP de Turquie est au calendrier, le poleman s'est toujours imposé. A son crédit, le fait d'avoir compris en deux temps-trois mouvements le fonctionnement du double-diffuseur, inauguré à Monaco sans pouvoir en tirer la moindre conclusion pertinente. L'Allemand a compris comment ça marchait, malgré 17 tours vendredi matin et 5 l'après matin. Il a parfaitement réglé sa RB5 samedi matin et aligné les meilleurs temps en Q1, Q2 et Q3.
Les 6,5 kg d'essence de plus emportés soit 2 tours d'autonomie ont privé Mark Webber d'une possible pole. Il s'est dit très satisfait de sa position, y compris d'être sur la partie droite - donc sale - de la piste (?!?).
Brawn - Button P2 (655,5 kg), Barrichello P3 (652,5 kg)
Brawn GP n'a plus la même marge et la charge de carburant de Jenson Button lui a coûté sa 5e pole de l'année. Perdu dans les réglages vendredi, le N.1 mondial a rectifié le tir samedi matin grâce aux solutions apportées par les ingénieurs. "C'était assez dur de choisir entre les deux types de pneus ; leurs performances étaient similaires. Le 'dur' bougeait un peu trop à mon goût" , a expliqué le Britannique, qualifié en 'tendre'. La position de pointe perdue au dernier moment est une double peine car il va partir sur la partie sale de la piste. Mais au moins les voitures immédiatement derrière lui n'ont pas le KERS.
Au contraire de Jenson Button, Rubens Barrichello a choisi les 'dur'. "J'avais un meilleur feeling dans les rapides avec le 'dur' et c'était le meilleur choix pour moi", a-t-il résumé.
Toyota - Trulli P5 (652 kg), Glock P13 (689 kg)
Les TF109 sont de retour ! Elles s'étaient perdues dans les arcanes d'un nouveau package aéro inadapté à Montmelo et avait sombre à Monte-Carlo. Cologne a rectifié le tir. C'eut été dommage autrement car la version 2009 est saine et regorge de potentiel. "Question pneus, j'étais rapide en 'dur' alors que je ne pense pas que je profitais bien des 'tendre'", a admis Jarno Trulli. Timo Glock n'a raté la Q3 qu'à cause d'une erreur de pilotage. "En 'tendre', avec peu d'essence, la voiture a développé du survirage. J'espérais aller en Q3 mais, dans mon dernier tour en Q2, j'ai commis une erreur dans le dernier secteur", a avoué l'Allemand.
Ferrari - Räikkönen P6 (658 kg), Massa P7 (654 kg)
Trois choses inquiétantes à propos de la prestation des F60. Tout d'abord, elle marque une rechute après l'embellie monégasque, où la "rossa" avait enregistré son premier podium 2009. Ensuite, les pilotes ont livré des analyses techniques diamétralement opposées. "L'équilibre s'est améliorée entre les libres 3 et la qualification. Mais même avec peu d'essence, nous étions un peu moins rapides que les meilleurs. Pendant tout le week-end, nous avons eu du mal à exploiter les gommes dans le premier tour rapide", a noté Kimi Räikkönen. "Avec peu d'essence, la voiture était bien équilibrée et avait une bonne adhérence" , a remarqué Felipe Massa. "Mais une fois mis du carburant, la situation s'est détériorée et nous avons souffert de survirage, particulièrement avec les gommes les plus tendres". Enfin, le Finlandais et le Brésilien pourraient bien voir l'aileron arrière de la Toyota de Trulli sur tout le premier relais. Et avant de rentrer au stand, il ne faudra pas se rater : Räikkönen aura deux tours pour faire la différence sur Trulli, et Massa un seul.
Renault - Alonso P8 (644,5 kg), Piquet P17 (689,6 kg)
Fernando Alonso s'était résigné à "une 8e ou une 9e place" sur la grille, vendredi. Bien vu ! L'as espagnol savait que Renault n'avait rien de spectaculaire dans ses cartons turcs (aileron avant revu), et que ça ne suffirait pas à progresser dans la hiérarchie. Les Brawn, Red Bull et Ferrari restent devant, tandis que la Toyota de Trulli a remplacé la Williams de Rosberg plus haut que lui. Depuis vendredi, l'ambiance n'est pas à l'euphorie et la 8e place est même enjolivée par la charge de carburant la plus faible du plateau.
Pas de chance pour Nelson Piquet, pas vraiment à son avantage aux essais. Il a perdu une écope de frein et finalement le contrôle de sa R29 en Q1.
Williams - Rosberg P9 (660 kg), Nakajima P12 (680,4 kg)
En gardant de l'essence dans la FW31 de Nico Rosberg, Williams avait peut-être parié sur une 9e place, sachant que BMW se résignerait à la dernière place de la Q3 pour Robert Kubica. "Ce n'était pas facile de choisir les pneus, pour à la fois faire un chrono et garder l'équilibre de la voiture. J'ai fini par avoir du sous-virage et ça m'a peut-être coûté une position. Mais je serai sur la partie propre", a souligné le pilote Allemand.
Perf correcte de Kazuki Nakajima, pourtant un peu perdu dans les datas. "Nous n'étions pas sûrs des pneus qu'il fallait choisir. En Q1, j'ai eu du mal en 'tendre', nous avons donc pris des 'dur' pour la Q2, mais ça n'a pas été un véritable progrès" , a-t-il synthétisé.
BMW - Kubica P10 (664 kg), Heidfeld P11 (681,5 kg)
Hinwil retrouve des couleurs mais le malaise est perceptible lorsque l'on entend Robert Kubica dire "Dixième, c'est bien mieux que 18e à Monaco. La piste convient bien mieux à notre voiture" . Le Polonais pensait se battre pour autre chose qu'une place en Q3 cette année et c'est surtout 2010 qui occupe son esprit, déjà ailleurs...
Nick Heidfeld a été gêné à la fin de son tour de chauffe précédent son ultime tour en Q2. "Vu comment sont les pneus de 2009, c'était suffisant pour les empêcher de monter correctement en température. Ça a ruiné mon tour chrono", a-t-il pesté.
McLaren - Kovalainen P14 (665 kg), Hamilton P16 (696,5 kg)
La MP4 de 2009 n'est pas loin de décourager les pilotes. Heikki Kovalainen s'est même risqué à fouetter l'orgueil de Woking en déclarant : "L'écart avec les leaders est trop grand. Il faut que le MTC (McLaren technology center) bosse plus". "Dans le N.8, c'était très difficile. La voiture n'a pas assez de grip pour attaquer dans les virages rapides. Les autres ont apparemment gagné de l'adhérence au fil du week-end et sont capables de mieux utiliser les 'tendre' alors que nous utilisons les 'dur' tout en perdant de la performance. Le freinage et l'accélération restent bons mais nous perdons du grip quand la température monte", a-t-il ajouté.
"La voiture semble avoir perdu de la vitesse par rapport aux rivales alors que la piste gagnait en grip", a confirmé Lewis Hamilton, qui n'a logiquement pas passé le cut en Q1.
Force India - Sutil P15 (668,5 kg), Fisichella P19 (688,5 kg)
"Je suis très content de cette place et de cette deuxième Q2 de suite. J'ai sorti un bon tour quand il fallait", s'est réjouit Adrian Sutil, qui a de fait éliminé son pote Lewis Hamilton. Giancarlo Fisichella à quai : "J'ai eu des problèmes de freins, de blocages à l'avant le matin mais nous avons arrangé ça entre les libres 3 et la qualification. Malheureusement, il y a eu un drapeau jaune lors de mon tour rapide quand Piquet a fait un tête-à-queue. Dimanche, les 'tendre' seront plus rapides, même par forte chaleur".
Toro Rosso - Buemi P18 (686,5 kg), Bourdais P20 (686,5 kg)
Faenza tombe de haut. Sébastien Bourdais avait donné rendez-vous sur le toboggan turc pour acter la meilleure compréhension que son équipe avait de la STR4 depuis Monte-Carlo. 18e et 20e : le résultat est cruel quand on sait qu'une RB5, exemplaire d'origine, est en pole. Et dès vendredi matin, la Scuderia a commencé à racler les fonds de classements. "On manque de grip, on ne sait pas trop... On est en 0.2 sec avec Sébastien [Buemi], et assez loin du compte en fait... Personnellement, je ne sais pas trop quoi faire. Il en manque trop, de toute façon, pour pouvoir aller chercher quoi que ce soit. On sait que c'est 0.3 ou 0.4 sec. A chaque fois que l'on arrive sur un Grand Prix sans évolution, on fait un gros pas en arrière", a avoué le Français, dernier de la Q1.
A peine mieux pour Sébastien Buemi : "Nous avons eu beaucoup de mal, spécialement avec les 'tendre', dont nous ne sommes jamais parvenus à tirer le meilleur. Ça va être un rude après-midi, dimanche. Nous allons avoir du mal avec la dégradation sur les pneus avant".
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