GP d'Azerbaïdjan - Auteur d'un Grand Chelem à Bakou, George Russell (Mercedes) se donne le droit d'y croire encore : "Nous arrivons au moment décisif"
Mis à jour 27/09/2026 à 12:56 GMT+2
Pole, victoire sans lâcher la tête et meilleur tour en course : George Russell (Mercedes) a réussi le Grand Chelem en Azerbaïdjan, ce week-end. Samedi, le Britannique a résisté à deux relances et au retour de Max Verstappen (Red Bull) malgré une perte de puissance sur sa W17. Il a retrouvé la confiance après une période sombre et s'est montré combatif pour rattraper Antonelli au Championnat.
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Video credit: Eurosport
Par Jérémie Bernigole
Un Grand Chelem qui fait du bien. Sevré de succès depuis juin, George Russell a renoué avec la victoire dans un Grand Prix d'Azerbaïdjan aux nombreuses péripéties, samedi. Le poleman britannique, impérial de bout en bout sur le circuit urbain de Bakou, a failli déchanter dans les derniers mètres après que deux relances de la voiture de sécurité ont ramené Max Verstappen à quelques dixièmes de seconde. Mais le pilote Mercedes a eu le dernier mot au drapeau à damier... pour 196 millièmes, record du tour également en poche.
"J'ai cru qu'il allait nous avoir", soufflait le vainqueur à la radio, après avoir signalé une perte de puissance dans la ligne droite. Il avait à peine le temps de s'extraire de sa Flèche d'argent triomphante, qu'un membre de l'écurie lui tendait un téléphone. Le visage souriant de Toto Wolff s'affichait à l'écran. On se doute que le patron autrichien, en télé-travail, l'a chaudement félicité pour son week-end parfait. "C'est incroyable d'être de retour sur la plus haute marche du podium, savourait Russell au micro du promoteur. Je te tiens à remercier chaleureusement l'équipe d'avoir continué à croire en moi dans les moments difficiles, et de m'avoir aidé à m'en sortir. Je suis vraiment fier d'avoir vécu ce week-end."
Il a traversé une période "vraiment difficile"
Il faut dire que GR63 n'a pas vraiment eu l'occasion de s'exprimer ainsi ces derniers temps, lui qui concédait avoir traversé "une période vraiment difficile" de laquelle il a "maintenant l'impression d'être sorti". Les turbulences ne lui ont laissé aucun répit depuis son succès en Autriche le 28 juin. Lors des six dernières courses, il est monté sur le podium à trois reprises, s'est contenté de deux accessits (P7 à Budapest, P5 à Madrid et a touché le fond à Spa. En Belgique, un accrochage avec Lewis Hamilton dès le premier tour a provoqué son deuxième abandon de la saison, et Russell devait regarder Kimi Antonelli s'imposer.
La dynamique des deux coéquipiers, concurrents pour le titre, s'est croisée durant la période noire de Russell, l'Italien montant constamment sur la boîte - excepté à Silverstone - avec trois victoires à la clé dont celle spectaculaire à Monza. Élancé depuis le dix-neuvième rang, il avait doublé deux fois le poleman, un certain Russell, pour s'imposer à domicile. "Je ne sais pas comment il a fait ça. C'est une sacrée performance de sa part", s'était étranglé le Britannique, à court de solutions.
Il lui fallait un électrochoc pour relancer l'intérêt de la lutte pour le titre, et celui-ci est arrivé à Bakou. D'abord sous la forme d'un chrono supersonique en qualifications lui assurant la pole pour plus de huit dixièmes de seconde, puis d'une apparente promenade de santé en course. Russell comptait 11 secondes d'avance jusqu'au crash d'Alex Albon (Williams) et à la partie de bowling initié par Franco Colapinto (Alpine) : "La première moitié du Grand Prix semblait assez tranquille. À la première relance, avec Max derrière moi, je me suis dit que ça n'allait pas être facile, et il a effectivement piloté de manière incroyable en fin de course."
Aucun autre choix que gagner
S'il n'a jamais cédé la position de pointe en 51 boucles, le Britannique se sentait continuellement sous la menace de Verstappen. L'erreur était interdite. "Il poussait vraiment très fort, témoignait-il. Notre rythme était incroyable. Nous creusions presque une seconde au tour sur tous les autres." Finalement, Russell a résisté à la pression du Batave, amplifiée par le drapeau jaune déclenché par Valtteri Bottas à quelques encablures de l'arrivée et la perte du turbo sur sa W17 : "Cela aurait vraiment été dommage, mais ça reste un week-end incroyable. Je prends de plus en plus d'expérience avec ce nouveau style de pilotage que j'ai adopté, et à chaque course depuis la pause estivale, j'ai l'impression d'aller de mieux en mieux. Je me sens davantage moi-même."
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Fort de ce troisième succès en 2026, Russell a grignoté 15 points à Antonelli, remonté du 16e au 5e rang samedi, et il pointe à 66 longueurs du Transalpin au Championnat. L'automne est déjà là, le Grand Prix de Bahreïn - disputé en Malaisie le week-end prochain - pointe le bout de son nez, et il ne reste plus que sept étapes avant la manche finale : "Nous arrivons maintenant au moment décisif. Je vais juste me concentrer sur moi-même. Si je continue à livrer des performances comme celle de ce week-end, peu importe ce qui se passera à la fin, je serai content." Pour revenir à hauteur de son coéquipier, le pilote Mercedes n'a plus d'autre choix que "de gagner toutes les courses". "C'est le plan", assumait l'intéressé, ragaillardi par ce succès étriqué, mais mérité.
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