A l'envers, à l'endroit… Dimanche, le verdict de Monza a été quasiment l'exact opposé de celui Spa. Une semaine après avoir abandonné en Belgique, Lewis Hamilton (McLaren) et Fernando Alonso (Ferrari) ont fait une belle opération comptable en terminant premier et troisième de la 13e manche de la saison, où seul Sergio Pérez (Sauber) les a séparés à l'arrivée. Quant aux grands bénéficiaires de la semaine précédente, Jenson Button (McLaren), Sebastian Vettel et Mark Webber (Red Bull), ils ont été contraints de ranger leurs bolides. Finalement, seul Kimi Räikkönen (Lotus) a échappé à ce yo-yo : troisième dans les Ardennes, il a fini cinquième en Lombardie.
Vettel sort Alonso à haute vitesse
Parti de la pole position pour la quatrième fois de la saison, Hamilton n'a jamais été inquiété durant les 53 tours de compétition. Tout juste a-t-il du céder momentanément sa place de leader à Pérez lors de son unique arrêt au stand, qui fut la norme pour les cinq premiers. Le Britannique a ouvert la course devant Felipe Massa (Ferrari), plus prompt au démarrage que Jenson Button (McLaren), victime de patinage. Ce dernier a repris la deuxième place en piste, au 19e tour, avant que le Brésilien ne rentre au stand.
Derrière, Alonso a opéré un beau retour de sa dixième place initiale : il était déjà septième à l'issue du premier tour. Il a effacé sans problème Räikkönen (Lotus) et Schumacher (Mercedes) avant de connaître une passe d'arme très virile avec Vettel pour la quatrième place. L'Espagnol a eu le dessus d'un adversaire allemand sanctionné d'un drive through - un passage à vide par la voie des stands - pour l'avoir poussé dans l'herbe de la première grande courbe du Temple de la vitesse, à quelques 300 km/h… Le double champion du monde, idole de la foule du Nord de Milan, a ensuite vu son équipier lui offrir la deuxième place sur un plateau. A la radio, Ferrari n'a pas eu à négocier pour procéder à l'inversion. Dans le flou quant à son avenir depuis des mois, le Pauliste n'avait aucun argument pour s'interposer.
Alonso de 24 à 37 points d'avance
La fin de course a été marquée par l'irrésistible retour de Pérez avec ses gommes "medium" face à des rivaux en "dur", et une cascade d'abandons. Au 34e tour, Button a garé sa MP4-27 dans l'herbe (alimentation en essence), et quatorze boucles plus tard le N.2 mondial Sebastian Vettel a entendu son ingénieur de piste français, Guillaume Rocquelin, lui crier à la radio : "Stoppe la voiture, stoppe la voiture, il faut sauver le moteur !" C'était l'alternateur du V8 Renault, défaillant en course à Valence et aux essais samedi matin. Le Britannique était deuxième, l'Allemand sixième. Enfin, Mark Webber a consommé la déroute de l'écurie autrichienne en rentrant au garage dans l'avant dernier tour après une équerre à la sortie de la troisième chicane, "Ascari".
Peu à l'aise pendant trois jours, Räikkönen a complété le Top 5, réalisant une bonne affaire au championnat, au même titre qu'Alonso et Hamilton donc. Arrivé en tête du Mondial avec 24 points d'avance sur Vettel et 32 sur Webber, Alonso en compte désormais 37 de sécurité sur Hamilton et 38 sur Räikkönen. Quand il ne gagne pas, l'Espagnol joue placé face à des adversaires dans l'ensemble moins réguliers. Au classement Constructeurs, on assiste à un resserrement car Red Bull n'a plus que 29 points de marge sur McLaren et 46 sur Ferrari.
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AFP
























