Sebastian Vettel est soulagé et même content. Il a eu son lot de déboires cette saison et Spa lui a un peu rendu ce que la malchance lui avait précédemment pris à Sepang et à Valence. Il a passé un bon dimanche dans les Ardennes. Après un samedi peu glorieux, il est passé en 44 révolutions belges de la 10e place sur la grille à la 2e place finale. Surtout, Fernando Alonso (Ferrari) et Lewis Hamilton (McLaren) ont abandonné, son équipier Mark Webber (Red Bull) a fini 6e et Jenson Button (McLaren), quasi hors jeu pour le titre, a gagné sans autre conséquence que lui confisquer sept points.
"Ma situation au championnat est meilleure qu'avant les vacances, c'est sûr", a-t-il noté. "Mais je ne m'occupe pas trop du nombre de points, ou des écarts, même si je vise toujours le titre, car il reste beaucoup de courses. On a bien vu aujourd'hui, au premier virage, que tout peut arriver à tout moment. Je suis parti de la 10e place et j'ai dû être le seul à ne pas gagner de place au départ, mais après, ça s'est bien passé et je savais que sur ce circuit il est plus facile de dépasser que sur le Hungaroring, par exemple."
"Il a tourné brutalement devant moi"
Avant d'expliciter les motifs de ce spectaculaire rétablissement : un choix de rapports de boîte courts pour ressortir comme une balle des virages, et une économie de pneus. "On avait choisi la bonne stratégie et la voiture fonctionnait bien, ce qui m'a permis de me faire plaisir en me bagarrant avec beaucoup de pilotes", a-t-il raconté. Avant de se permettre un petit cours de morale à son illustre aîné, idole de toujours, Michael Schumacher.
"Michael n'avait pas besoin de se défendre comme ça, parce qu'il allait rentrer au stand", a-t-il protesté, à propos de la bagarre pour la 2e place, conclue au 19e tour par une rentrée au stand peu orthodoxe de la Mercedes N7. "Il a tourné brutalement devant moi, c'était un peu troublant, et j'ai failli perdre mon aileron avant", a-t-il rapporté. Il n'a pas été le seul à suggérer un comportement peu fair play : la réalisation TV l'a souligné le dilemme en direct avec force ralentis et la Fédération internationale de l'Automobile a ouvert une enquête.
"Ça doit se régler entre pilotes"
"Chaque fois qu'on se retrouve en bagarre avec Michael, et quelle que soit sa position, il se défend de manière acharnée", a-t-il déploré. "Je vais lui parler et je ne pense pas que ce soit utile de donner une pénalité à Schumacher. Ça fait partie du sport, et ça doit se régler entre pilotes. C'est dû aussi à la façon dont la piste est dessinée, avec l'entrée au stand placée juste à la sortie d'une chicane où on est souvent en train de dépasser, mais ce n'est la faute de personne." Voilà. "Baby Schumi" cogne sur la statue sans la déboulonner. Mais c'est bien le genre d'action qui divise les Allemands sur la place du sport que l'as aux sept titres accorde dans son implacable quête de résultats.
"Je suis content d'avoir fait beaucoup de dépassements dans cette chicane où j'avais vraiment fait n'importe quoi il y a deux ans". C'est passé finement avec Mark Webber (Red Bull), Bruno Senna (Williams) et Felipe Massa (Ferrari). Il y a deux ans, il avait porté une attaque sans objet sur Jenson Button (McLaren), et s'était ravisé trop tard. "Je m'étais ensuite excusé auprès de lui (Button), par téléphone, alors qu'il était déjà parti pour l'aéroport. Ça montre aussi que je retiens les leçons et que je continue à apprendre." Un message subliminal adressé à Romain Grosjean ?



AFP


























