Eurosport
Onesta : "Une dramaturgie"
Par
Publié 30/05/2008 à 09:05 GMT+2
L'entraîneur de l'équipe de France masculine, Claude Onesta, a estimé que la Tunisie, l'Espagne et la Norvège, ses adversaires au tournoi de qualification olympique de vendredi à dimanche à Paris, étaient tous trois "à prendre en considération". Mais la f
Eurosport
Crédit: Eurosport
Que pensez-vous de cette formule de qualification inédite pour les JO ?
Claude Onesta : "Se qualifier pour les Jeux sur un tournoi où potentiellement on peut se retrouver en péril ne peut pas me plaire. En matière d'équité sportive, on pourrait imaginer d'autres formules. Mais ce sont les paramètres du sport professionnel, il faut créer des évènements porteurs qui puissent générer une activité commerciale, une dramaturgie apte à séduire le public et les médias.
Etre soumis à ce type de tournoi, avec trois matches en trois jours à la fin du mois de mai où les organismes sont les plus perturbés, les plus fatigués, ce n'est certainement pas la meilleure formule mais c'est celle qui nous est proposée".
Le tableau semble désigner deux favoris, France et Espagne, contre deux challengers Tunisie et Norvège, partez-vous confiant ?
C.O : "C'est vrai qu'il y aura d'un côté les joueurs les plus doués appartenant aux meilleurs clubs, plus expérimentés et plus fatigués. De l'autre, des joueurs d'un niveau un peu inférieur qui ne se sont pas investis autant ces dernières semaines. Il peut y avoir un équilibre entre ces deux cas de figure. Mais ce sont vraiment trois adversaires à prendre en considération. Quand on a déjà vécu les Jeux, on sait que les comportements peuvent être exacerbés dans le contexte olympique. Les gens sont totalement investis dans la quête de cet évènement d'une dimension incomparable".
Quel est le profil de vos adversaires ?
C.O : "L'Espagne est une valeur sûre. Leurs joueurs évoluent dans les meilleurs clubs, ils ont beaucoup de maturité. C'est une équipe sensiblement comme la nôtre avec des joueurs qui font partie des meilleurs mondiaux à tous les postes. Les deux autres auront plus un rôle d'outsider. On a toujours dominé les Tunisiens mais souvent avec difficulté. Contre la France, ils ont toujours tendance à faire un grand match. Ce sera le premier match, déterminant pour la suite. On ne connaît pas bien la Norvège, on a pu observer son talent dans un contexte très porteur d'une compétition à domicile (à l'Euro 2008 en janvier).
Depuis, l'équipe a été modifiée. Leur groupe est amputé de quatre joueurs emblématiques mais il en ressortira peut-être plus soudé, plus mobilisé. Cette jeune génération va vouloir prendre le pouvoir. Ils seront enthousiastes et sans aucune pression. C'est le genre d'adversaire qui, si tout d'un coup il s'euphorise, devient difficile à jouer. Ils sont dans une situation d'exploit potentiel".
Portez-vous toujours la croix de votre élimination en quart de finale des JO 2004 ?
C.O : "Je ne la porte pas en permanence mais ça reste une réelle souffrance. Un échec même avec quatre ans d'intervalle. On avait le sentiment que le travail accompli était très positif mais rater un quart d'heure de jeu (contre la Russie) suffit pour se retrouver dehors. On a l'impression d'avoir les choses en mains mais tout peut vous échapper très vite".
Vos homologues féminines déjà qualifiées, vous êtes avec le beach-volley l'un des deux derniers représentants français en sport collectif à pouvoir participer aux JO-2008, cela vous met-il une pression particulière?
C.O : "C'est vrai qu'aux Jeux vous portez les attentes de tout un pays, pas seulement des amateurs de handball, c'est ce qui leur donne cette dimension exceptionnelle. Mais cela ne nous met pas plus de pression, il y en a suffisamment autour de l'évènement lui-même".
Publicité
Publicité