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La petite sirène
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Publié 15/08/2004 à 15:00 GMT+2
La France tient sa première médaille d'or. Elle la doit à un sacré bout de femme qui n'a pas encore 18 ans. Laure Manaudou a survolé le 400m dimanche à Athènes, record d'Europe en prime. Un événement considérable pour la natation française, qui n'avait pl
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52 ans. Un demi-siècle. Une éternité. La Marseillaise n'avait plus résonné dans les bassins olympiques depuis les Jeux d'Helsinki, il y a 52 ans, lorsque Jean Boiteux s'était couvert d'or. Depuis, Alain Mosconi, Christine et Stéphane Caron, Catherine Plewinski ou Franck Esposito, pour ne citer qu'eux, avaient connu les honneurs du podium, mais jamais de la première marche. A 17 ans et 10 mois, Laure Manaudou a réussi là où ses glorieux aînés avaient échoué en remportant le 400m nage libre.
Tout au long d'une journée menée comme une vieille briscarde, Laurette a fait monter l'adrénaline et l'espoir. L'un comme l'autre ne sont toujours pas retombés. Dès le matin, la Française devait se donner. Mais sans s'épuiser. S'affirmer, mais sans se griller. Première mission accomplie. Et de quelle manière: qualification pour les demi-finales du 100m dos et surtout pour la finale du 400m, nouveau record de France à la clé.
En tête de bout en bout
Un demi-tour d'horloge plus tard, l'étoile flottante est de retour. Sûre d'elle. A 18h40, elle signe le deuxième temps des demis sur 100 dos, juste derrière l'Américaine Coughlin. Une bonne chose de faite. Mais tout ça n'est rien à côté de son rendez-vous avec la gloire, avec l'histoire. 19h50, à la ligne d'eau numéro 4, celle des favorites, la Bleuette se jette à l'eau. A ses côtés, Otylia Jedrzejczak, une Polonaise au nom imprononçable mais à la nage acérée.
Les deux jeunes femmes s'envolent. Mais la hiérarchie est claire. Toutes derrière et Laure devant. Dès les 50m, Manaudou a pris le contrôle de la course, pour ne plus le lâcher. Aux 100m, le record du monde de Janet Evans, un monument de la natation mondiale, est relégué à plus d'une seconde. A mi-parcours, il tremble encore, pour 76 centièmes. Laure va craquer, c'est sûr. Mais non, elle a passé l'âge de commettre ce genre d'erreurs. A 100m du bonheur, elle en remet une couche. Son avance se chiffre à une longueur. Ahurissant.
Plus forte que les Wundermädchen
Quatre minutes, cinq secondes et 34 centièmes après le départ, elle touche la plaque de chronométrage. Les records sont là. Pas le plus grand, toujours la proriété d'Evans, mais celui d'Europe, détenu depuis 15 ans (Laure avait à peine trois ans) par l'Allemande de l'Est Anke Moehring. Une autre époque, celle des sordides Wundermädchen, balayée par le talent de la divine gamine.
Dans les tribunes, le clan français a les yeux qui brillent. De son entraîneur, Philippe Lucas, aux dirigeants de la FFN, les larmes coulent. Laure, elle, apparaît d'une incroyable sérénité. Que ce soit dans le bassin, sitôt sa finale achevée, ou sur le podium quelques minutes plus tard, ses émotions sont réelles mais toujours maîtrisées. Sa détermination est encore palpable. Il ne faut pas chercher ailleurs la clé du fulgurant succès de cette formidable gamine, jeune femme pas encore majeure mais nageuse déjà pleinement accomplie. Dimanche, la natation française a chaviré de bonheur. Et nous avec.
Natation - Les médailles françaises aux Jeux
2 en Or. Jean Boiteux (400 m libre/1952). Laure Manaudou (400 m libre/2004)
5 en Argent. Jean Taris (400 m libre/1932). Gilbert Bozon (100 m dos/1952). Christine Caron (100 m dos/1964). Frédéric Delcourt (200 m dos/1984). Roxana Maracineanu (200 m dos/2000)
11 en Bronze. Georges Vallerey (100 m dos/1948). Relais 4x200 m libre (1948). Relais 4x200 m libre (1952). Alain Mosconi (400 m libre/1968). Catherine Poirot (100 m brasse/1984). Stephan Caron (100 m libre/1988. Stephan Caron (100 m libre/1992). Catherine Plewinski (100 m libre/1988). Catherine Plewinski (100 m papillon/1992). Franck Esposito (200 m papillon/1992). Hugues Duboscq (100 m brasse/2004)
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