On pourra toujours parler d'une nouvelle ère. D'une nouvelle tendance qui amène à repousser les chronos, à défier le temps au gré de chaque compétition qui s'avance. Pour clôturer les championnats de France, une nouvelle tornade bleue a tout explosé sur son passage. Frédérick Bousquet, souvent placé, rarement gagnant, a fait changer le 50m nage libre de dimension. "Ce chrono, je l'avais en tête depuis le début de saison. Quand je touche le mur d'arrivée, je pense à tout le travail que j'ai fait depuis des années et je pense déjà à Rome. Je pense au Brésilien (Cielo, le champion olympique) et à Sullivan, que j'ai hâte d'affronter".
Eamon Sullivan et ses 21"28 n'existe plus sur le moment. La nouvelle référence mondiale est française et sera la propriété du Perpignanais en 20"94. Moins de 21 secondes sur cette distance, les nageurs français ne respectent plus l'histoire. Sur la finale de Montpellier, trois nageurs auraient ainsi battu le légendaire Popov (record en 21"65). Mais plus que les chronos qui s'affolent, il convient d'identifier si chaque performance vaut la peine de s'époumoner ou de s'enthousiasmer.
En attendant la riposte étrangère
Sans remettre en cause les progrès réalisés par Bousquet sur les dernières années, le nageur de 28 ans, à l'instar de la Néerlandaise Veldhuis, se bonifie comme le bon vin. Il est d'ailleurs intéressant de noter que trois Français (Bousquet, Bernard 21"23 et Leveaux 21"38) sont dans le top 5 de l'histoire du 50m nage libre. L'émulation, l'envie de se dépasser, des combinaisons magiques, même si la fédération nie l'évidence, tout ceci est un heureux présage à quelques mois des Mondiaux de Rome.
Mais si la performance de Bousquet mérite tous les éloges car le chrono reste tout bonnement phénoménal, il conviendra d'attendre la réaction des éventuels briseurs de records. Aux Etats-Unis (7-11 juillet) ou au Brésil, la nouvelle combinaison aura, là aussi, les effets miracles escomptés. En attendant de constater si Eamon Sullivan, opéré il y a trois mois, aura la capacité de répondre à la meute française. On ne prendra pas ici les paris mais la guerre du sprint n'a pas fini d'offrir son lot de rebondissements et les records risquent bien de tomber encore dans les semaines à venir.
Derrière la tornade Bousquet, le bilan de Montpellier témoigne de l'excellente santé de la natation française. Légitime ou pas, la délégation bleue pour Rome (26 juillet-2 août) aura fière allure. Deux records du monde, trois records d'Europe, 33 records de France, la coupe est pleine. Il faudra juste prendre garde qu'elle ne déborde pas de façon trop insolente afin de laisser à la natation des allures encore humaines.
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Reuters






















Je doute que la Fina refuse l'agrément à ceux qui la font vivre.Le 27/04/2009 à 09:59