Vous avez battu le record du monde du 100 m nage libre. Pensiez-vous lez faire si tôt ?
Alain BERNARD : Je ne pensais pas que ça arriverait si vite. Je savais que j'avais quelque chose de gros dans les pattes. Ca arrive maintenant, tant mieux. Ca veut peut-être dire qu'il y a encore quelque chose à améliorer. On va bien analyser la course avec Denis Auguin et surtout on va bien récupérer parce que les Championnats d'Europe ne sont pas finis. Ils commencent à peine. C'est ma première journée. Derrière, il y a de la concurrence.
Que ressentez-vous?
A.B. : Ça doit se voir dans mes yeux. C'est énorme ! D'accord, il y a des années de travail, on en bave à l'entraînement, mais le plus dur c'est de concrétiser. Et quand on concrétise ça... Peut-être que j'ai encore des choses à améliorer, je ne sais pas.
Est-ce que vous réalisez la portée de votre performance ?
A.B. : Non. Pas encore. Je ne peux pas, c'est trop chaud.
Quand vous passez à mi-course en avance sur les temps du record, vous sentez que vous êtes si rapide?
A.B. : Je ne sais pas... Je sens que j'ai de la vitesse bien sûr, mais pas plus que ça. C'est surtout aux 75, là où j'ai souvent un coup de pompe, que je me suis senti beaucoup mieux que d'habitude. J'avais dit à Denis, mon coach "ce soir, j'y vais on verra bien". Sachant que j'avais toute la journée de demain pour récupérer, je voulais tout donner.
Comment voyez-vous la suite maintenant?
A.B. : Pour samedi, il n'y a rien de gagné. Ca va être une course très tendue en finale. On va continuer à bosser avec mon coach, comme on le fait depuis des années pour essayer d'aller encore plus loin.
Où se situe votre limite à votre avis?
A.B. : Je ne me fixe pas de limites. J'apprécie le moment présent et je me dis que pour progresser encore, il va falloir que je vise encore plus haut et toujours plus haut. On a encore envie d'aller plus loin.
En plus, vous prenez ce record à Pieter Van den Hoogenband sur ses terres...
A.B. : Oui, en plus, je fais ça chez Pieter. C'est vrai. C'est symbolique. C'est quelqu'un que j'admire énormément. Je sais que c'est une période très difficile pour lui. Je lui souhaite de se rétablir au plus vite pour qu'il revienne à la bagarre parmi nous.
Vous vous sentez dans la peau d'un héritier?
A.B. : Il a été l'homme à abattre. Maintenant, je crois que c'est moi. Voilà, il va falloir assumer ça.
Dédiez-vous ce record du monde à quelqu'un ?
A.B. : A Denis (Auguin). A mes parents et ma famille.
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