Quel serait pour vous le parcours idéal à Pékin ?
Laure Manaudou : "Déjà, me qualifier en demi-finale de toutes les courses et en finale au 400 (nage libre dont elle est tenante du titre olympique, ndlr). Après, faire le mieux possible. Je ne vais pas dire comme il y a quatre ans que je vais être championne olympique parce que le niveau a montré d'un cran. Il y a maintenant les problèmes de combinaisons et c'est vrai que ça va être beaucoup plus difficile qu'à Athènes".
Avez-vous réglé le problème de combinaison qui vous avait perturbée en avril aux Championnats de France ?
L.M : "A moitié. Je n'en dirais pas plus (...) Vous verrez derrière le plot avec quelle combinaison je serai. Je n'ai pas envie d'être défavorisée par rapport aux autres".
Est-ce un avantage d'arriver aux JO sans l'étiquette de favorite ?
L/M : "C'est vrai que c'est plus facile, parce qu'en 400 je ne suis plus la meilleure. Du coup, je vais être dans les séries d'avant. Ca va être plus difficile de nager vite, je n'aurai pas de fille à côté de moi pour me tirer. Ca va être difficile de se qualifier en finale et après, une fois que, je l'espère, je serai en finale, il y a huit filles capables de gagner (...) C'est plus facile d'arriver à Pékin avec les cinquième, sixième ou septième temps d'engagement que le premier temps et d'avoir la pression, tous les gens qui scrutent tous les faits et gestes. Je vais regarder les filles qui ont les meilleurs temps. Je vais être pour une fois de l'autre côté et ça va me faire du bien".
Doutez-vous de vos chances d'arriver en finale ?
L.M : "Non, je n'ai pas de doute mais il y a vraiment beaucoup de filles cette année, ça va être super dur. Le fait que les finales soient le matin aussi ça va être compliqué. C'est pareil pour tous les nageurs. On ne sait pas trop de quoi sont capables les nageurs le matin (...) On ne se connaît pas le matin, on a des temps de référence l'après-midi mais pas le matin. On va un petit peu incognito là-bas".
L'expérience acquise depuis Athènes vous permet-elle d'aborder sans appréhension ces Jeux de Pékin ?
L.M : "Il y a quand même beaucoup de trac parce que même si je n'ai pas les meilleurs temps d'engagement, je suis quand même attendue par les autres nageuses. Elles savent que je suis capable de bien nager. Même si ça ne s'est pas très bien passé cette saison pour moi, je pense qu'elles se doutent que je veux être prête pour le 400 et pour les autres courses".
Visez-vous toujours en priorité le 400 m nage libre ou avez-vous reporté vos espoirs de médaille sur les autres courses, 100 et 200 m dos, à Pékin ?
L.M : "Ma course reste quand même le 400 et si je devais choisir un titre, ça resterait le 400 pour essayer de le doubler. Mais si je peux être championne olympique dans n'importe quelle nage, je serais contente aussi. Après, c'est vrai que le 400, ça fait quatre ans que je le nage à haut niveau. Ce serait la plus belle récompense".
Envisagez-vous de nager encore le 400 après les Jeux, quel que soit le résultat obtenu à Pékin ?
L.M : "De toute façon, après Pékin, j'arrête le 400 (...) J'ai envie de changer un petit peu et de me consacrer au 100 et 200 dos, pour faire des choses encore meilleures que celles dont je suis capable maintenant. Je pense que (à Pékin) ce sera mon dernier 400 de haut niveau. J'en ai un peu marre de nager du 400. J'ai vraiment énormément de pression au 400, c'est à cause de cela que je stresse. J'ai envie d'arriver en compétition et d'être bien dans ma tête".
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