Eurosport
Bernard : "Je serai prêt"
Par
Publié 17/06/2008 à 09:00 GMT+2
Présent à l’Open de Paris (17 -19 juin), Alain Bernard continue sa préparation en vue des Jeux Olympiques. A la Croix Catelan, où les finales sont prévues le matin (comme à Pékin), le Français ne s’est fixé aucun objectif chronométrique. L’essentiel sera
Eurosport
Crédit: Eurosport
ALAIN BERNARD, qu'est-ce qui a motivé votre présence à l'Open de Paris ?
A.B. : Avec Denis (Auguin, son entraîneur), on a choisi cette compétition pour préparer les Jeux. Il va y avoir avant tout des recherches de repères et de marques. Les chronos ne seront qu'une conséquence de tout ça, comme à chaque fois que je nage. Le cadre est idéal. On n'a qu'à espérer que tout se déroulera bien.
Les dernières courses (victoires de Filippo Magnini ou d'Eamon Sullivan) ont montré que les JO allaient être extrêmement ouverts. Est-ce également votre avis ?
A.B. : Complètement. Mais c'est comme ça à chaque Olympiade. Ça va être la bagarre. Mais ça se passe comme ça dans toutes les compétitions. Ce n'est pas parce que ce sont les Jeux, qu'il faut en faire toute une montagne. La concurrence est là. Il faudra faire avec. Jamais personne n'a gagné une course avant de la nager. Même les meilleurs ont dû, à chaque fois, répéter, travailler énormément, pour arriver aux objectifs fixés. Je ne me pose pas la question si c'est plus facile ou plus difficile de savoir que je ne suis pas le seul prétendant à l'or olympique. Je nage avant tout pour moi. On verra bien. Je sais juste que je donne le maximum, après… Qu'est-ce que je peux espérer de plus ? Pas grand-chose. Tant que je prends plaisir à donner mon maximum, tout va bien.
Avez-vous un peu suivi les dernières courses de vos adversaires ?
A.B. : Non, je ne regarde pas. On va dire que je suis ça de loin. Je ne regarde pas les parties techniques. Je ne décortique pas leurs courses que ce soit les départs, les temps de passage, etc. Je suis juste l'actualité de leurs résultats.
Les Jeux débutent 52 jours. Où en êtes-vous dans votre préparation ?
A.B. : Aujourd'hui, je sais que je ne suis pas encore prêt. Et c'est quelque chose qui est normal car ce n'est pas l'heure de l'être. Mais je sais aussi, qu'en temps voulu, je serai prêt et que tout ira bien, car une performance est un tout. Ce n'est pas uniquement une forme physique. Il faut être bien moralement également. J'essaye de prendre les choses le plus sereinement possible pour travailler dans les meilleures conditions possibles. Et arriver frais pour les Jeux et pour me faire plaisir là-bas.
Sera-ce important d'obtenir la victoire à Paris ?
A.B. : Non, ce n'est pas le plus important. Ce n'est pas l'objectif de l'année. L'an dernier, le contexte était différent. Il fallait marquer le terrain, gagner, montrer qu'on était là. Depuis, à plusieurs reprises, j'ai su montrer que je répondais présent au bon moment. Maintenant, le but, c'est la préparation des JO.
Ne regrettez-vous pas l'absence des étrangers, hormis le Suédois Stefan Nystrand ?
A.B. : Non, c'est comme ça. Les choses ont peut-être fait qu'ils avaient d'autres choses de prévues. L'Open de Paris ne correspond peut-être pas au calendrier des autres nageurs. J'ai eu l'occasion de rencontrer Sullivan, Magnini et Nystrand en même temps à Rome. A Paris, ils ne seront pas tous là mais il y aura pas mal d'autres nageurs français. Cela permet de souder l'équipe. Ça a du bon aussi.
A Rome, vous évoquiez vouloir nager en 48 secondes à Paris. Est-ce toujours le cas ?
A.B. : On verra bien. J'espère faire mieux qu'à Rome, bien sûr. J'ai tout le temps envie de faire mieux. Donc on verra bien…
Dans un souci de configuration olympique, les organisateurs ont programmé les finales le matin. Comme abordez-vous cela ? Est-ce dérangeant ?
A.B. : Non, pas plus que cela. Que cela soit le matin ou l'après, que la météo soit bonne ou pas, cela sera pareil pour tout le monde. Il va falloir s'adapter, en temps voulu. A Rome, mes courses matinales étaient bonnes. C'est quelque chose qu'on travaille avec Denis depuis quelques temps déjà. Je m'attache à nager vite le matin, sans trop m'économiser, pour voir un peu ce que j'ai dans les bras. Sur chaque compétition, j'essaye de faire une bonne course à chaque fois que je plonge, que cela soit le matin ou l'après-midi, en séries ou en finale. Même si c'est vrai qu'une finale se gère peut-être différemment.
Que pensez-vous de la polémique qui règne autour des différentes combinaisons ?
A.B. : La polémique, je suis passé dessus immédiatement. Me concernant, j'ai un équipementier (NDLR : Speedo). Cela fait des années que je suis avec. Ils ont mis des années à développer la combinaison qu'ils ont sortie. Ils ont respecté le cahier des charges. On a dit que ce n'était pas le cas. Si elle a été autorisée, c'est qu'elle répond aux critères demandés. A partir de là, je ne me pose pas de questions. A Rome, un journaliste m'a fait remarquer que Magnini avait la combinaison Speedo alors qu'il est censé nager en Arena. Je lui ai répondu que je n'avais même pas vu qu'il nageait en Speedo car ça ne m'intéresse pas. On doit se dire alors que, parce qu'il a nagé en combinaison Speedo, il nous a battus de six centièmes. S'il avait nagé en Arena, aurait-il fait pareil ? On ne le saura jamais. Ça peut se jouer dans la tête, en faveur comme en notre défaveur. Je ne rentre pas là-dedans…
Allez-vous axer votre travail, à l'Open de Paris puis au meeting de Glasgow à la fin du mois (26-29 juin), sur votre mise à l'eau et vos départs ? Pour ne pas partir trop vite comme ce fut le cas à Eindhoven ?
A.B. : Oui, entre autre. Toutes les courses que je vais faire, je vais les faire pour régler des choses comme ça, des choses que je fais à l'entraînement. Ce que je suis capable de faire en compétition, en étant frais, ou en période de travail, ce n'est pas du tout le même ressenti. Cela sera plus une recherche de sensations qu'une recherche de chronos. Je sais que je suis capable de partir vite, mais également de passer au premier 50m en 22"5, et de revenir fort. En gérant un peu mieux le premier 50m, j'ai conscience que le retour peut encore mieux se passer. Tout doit être géré parfaitement.
Laure Manaudou a annoncé dimanche qu'elle pourrait mettre fin à sa carrière après les JO de Pékin. Avez-vous été surpris par cette nouvelle ?
A.B. : Vous me l'apprenez. Si ça me surprend ? Oui (il hésite)… non… Je ne sais pas à vrai dire.
Avez-vous envie d'en parler avec elle ?
A.B. : Moi ? Non pas spécialement, mais si, elle, elle souhaite m'en parler, elle peut. Ça reste sa vie et sa carrière.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité