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Natation - Open EDF

27/06/2010 - 20:47 - Mis à jour le 27/06/2010 - 20:57

Bousquet : " Ça me gonfle"


Frédérick Bousquet, invaincu sur la distance cette saison avant dimanche, n'a pas apprécié d'être devancé par Cesar Cielo et Fabien Gilot sur 50m nage libre. Le Marseillais, qui va prendre du recul à Auburn dès cette semaine, reconnaît avoir abordé la compétition dans un mauvais état d'esprit.

FREDERICK BOUSQUET, vous êtes battu par votre partenaire d'Auburn, Cesar Cielo. Ce temps du Brésilien (21"55) vous impressionne-t-il ?

F.B. : Le temps que fait Cesar, c'est le chrono que je voulais faire ici. Encore une fois, il arrive à faire ce que je souhaitais faire un petit peu avant moi. Cela a le don de m'agacer car il n'arrive pas non plus dans les meilleures conditions. Cela fait qu'une semaine qu'il est là. Il a passé la semaine tout seul, sans entraîneur. Il ne s'est pas encore habitué au décalage horaire. Malgré ça, il arrive à sortir un chrono que je ne suis pas parvenu à faire cette année en étant affûté. Mais ça l'agacera si je passe en premier sous les 21 secondes, donc il y a une petit revanche à prendre.

Quel bilan tirez-vous de ce quatrième Open de Paris ?

F.B. : Avant tout, il faut reconnaître que je n'ai pas abordé cet Open de Paris comme je le souhaitais. L'état d'esprit n'était pas forcément le bon. C'est-à-dire conquérant, confiant et focalisé sur mes courses. Du coup, je suis un peu déçu de mes performances ici, de ne pas réussir à rester concentré sur ma nage. J'ai le sentiment d'avoir été un peu envahi par ce qui se passe autour de l'équipe de France, de mon club, de mon entraîneur. Je n'en ai rien sorti de positif en vue des Championnats d'Europe de Budapest. Hier (samedi), sur 50m ou 100m papillon, il y a ce qu'il faut physiquement, mais, quelque part, il y a peut-être aussi un manque de motivation et d'envie. J'ai l'impression d'avoir les épaules lourdes en ce moment.

Vous semblez vouloir vous changer les esprits…

F.B. C'est exactement ça. D'ailleurs, cette semaine, je m'envole pour Auburn. Cela a été décidé après les France de Saint-Raphaël. Je voulais le faire plus tôt, en mai, mais les choses ont fait que je ne pouvais pas le faire à ce moment-là. Partir maintenant va me faire énormément de bien, me permettre de reprendre de la distance par rapport à tout ça. Ça me gonfle pour résumer. On n'arrête pas de me demander ce que je fais l'année prochaine. Ici, à Paris, il y avait une centaine de nageurs français présents. Soixante-dix m'ont posé la question. Au début, j'ai essayé de faire abstraction mais au final, ça m'envahit et ça me travaille l'esprit. Je n'y arrive pas…

On vous sent inquiet, à quelques semaines de Budapest…

F.B. : Oui, je suis inquiet. Quelque part, je le suis parce que Fabien (Gilot) vient de me battre sur le 50m alors qu'avant cela, je n'ai jamais été battu sur le 50m cette saison. D'un coup, je me fais battre par deux personnes, dont un que je vais retrouver aux Championnats d'Europe. Donc forcément, ça m'inquiète un peu mais ça ne remet pas tout en question non plus. Je sais ce que je dois corriger : mon état d'esprit et mon moral. C'est tout.

En même temps, vous n'êtes pas bien, mais vous nagez encore sous les 22 secondes. C'est positif ça quand même ?

F.B. : C'est sûr. Dans dix minutes, j'aurais peut-être un autre discours, avec un peu plus de recul. Mais là, à chaud comme ça, il y a tout qui remonte. Il y a ce qui se passe avec la fédération (*). On attend toujours la sanction ou pas. Ils vont nous faire traîner jusqu'à quand ? A un moment donné, il faut prendre ses responsabilités. Soit ils nous envoient à la cour, soit ils laissent tomber. Mais qu'ils ne laissent pas ça en suspens car c'est une épée de Damoclès qu'on a au-dessus de la tête et du coup, cela ne nous laisse pas tranquille. Même si, quoi qu'il arrive, la sanction me passera bien au-dessus de la tête. A un moment donné, je préfère que les choses soient claires.

Vous pensez que la Fédération peut vous interdire de participer à une course…

F.B. (il coupe) : Je m'attends à tout avec ces gens-là. Cela fait onze ans que je les côtoie. Je m'attends à tout. Mais j'ai pris de la bouteille avec les années, et je suis prêt à tout encaisser. J'ai juste besoin de prendre du recul, de m'en aller d'ici. Il y a trop de parasites.

(*) Lors d'un stage fédéral, les "Marseillais" Frédérick Bousquet, Fabien Gilot, William Meynard et Camille Lacourt mais également Amaury Leveaux et Benjamin Stasiulis auraient fêté la naissance de la fille de Bousquet et Laure Manaudou. Un peu trop au goût de la fédération, qui tarde à sanctionner ou non les nageurs…

Eurosport - Propos recueillis par François-Xavier RALLET, à la Croix Catelan
 
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