Natation - Open EDF
29/06/2010 - 19:22 - Mis à jour le 30/06/2010 - 13:24Muffat : "J'ai moins de doutes"

Camille Muffat a montré lors de l'Open de Paris ce week-end qu'elle était en forme. La nageuse de Nice a amélioré ses records personnels sur 200m et 400m et a brillé sur 200m 4 nages. Dans la 1re partie du long entretien qu'elle nous a accordé, la Française fait le bilan de son week-end parisien.
CAMILLE MUFFAT, vous sortez de l'Open de Paris. Quel bilan faites-vous de cette 4e édition ?
C.M. : C'était au-delà des mes attentes. Je ne pensais pas faire d'aussi bons chronos même si j'espérais aller vite, comme c'est ma dernière compétition avant l'Euro. Je ne m'attendais pas à améliorer mon meilleur temps sur 200m libre et 400m libre. A côté de ça, j'ai aussi fait un bon chrono sur 200 quatre nages, donc le bilan est vraiment satisfaisant.
Sur le 200m libre, vous rabotez votre record personnel de près de neuf dixièmes. Cela fait de vous la 3e meilleure performeuse française de tous les temps. C'est également la 2e performance mondiale de la saison. C'est énorme...
C.M. : C'est vrai que sur le coup, quand je touche à l'arrivée et que je vois le chrono, j'ai vraiment été surprise de voir que j'avais nagé aussi vite. Quand j'y réfléchis, je me dis qu'il n'y a pas tant de filles qui nagent ces temps-là. Et puis, avec le retour de ces combinaisons-là, je ne m'attendais pas à signer un tel chrono aussi vite.
Sur le 400m libre, vous avez nagé en 4'05"49. Votre record était de 4'06"13 avant cet Open de Paris...
C.M. : Là-aussi, le temps est vraiment bon. Mais le 400m, comme le 200m, finalement, à chaque fois que je l'ai nagé, si je faisais des bons temps, je sentais qu'avec une construction de course un peu différente, en tentant de partir plus vite, je pouvais vraiment faire mieux. Donc, même si ce 4'05"49 me surprend, ce chrono me rassure aussi. C'est un peu ce que j'attendais au fond de moi.
Evoquons maintenant le 200 quatre nages. Réussir 2’11"18, quarante minutes seulement après la finale du 200m, doit également être une satisfaction...
C.M. : Dans mes grandes compétitions, j'ai souvent nagé, notamment lors des épreuves qualificatives pour les JO de Pékin, le 200m libre et le 200 4 nages le même jour, avec le 200m libre en premier. Mais, en y réfléchissant, cela me permettait de m'échauffer pour le "4 nages". J'avais l'impression d'être fatiguée mais j'avais aussi ce sentiment d'être échauffée. Cela ne me dessert pas finalement. C'est même plutôt bénéfique.
En 2010, sur ce 200m 4 nages, vous avez nagé sept fois en moins de 2'12"00, dont deux fois à Saint-Raphaël en moins de 2'11"00. Comment expliquez-vous cette régularité à un tel niveau de performance ?
C.M. : Encore une fois, avec le retour à ces combinaisons en tissu, je pensais vraiment souffrir sur cette épreuve. Mais en fait, il suffit de travailler pour que les chronos suivent. Il n'y a pas de recette miracle. La régularité fait que c'est comme ça qu'on progresse et qu'on peut nager encore mieux en fin de saison. Même quand je suis seule dans certaines compétitions, je me force à viser ces chronos. Aujourd'hui, j'ai moins de doutes car je sais que je peux être régulière. Et c'est tant mieux.
Début juin à Monaco, vous aviez déjà montré de très belles choses. A Canet également. Cette montée en puissance est-elle quelque chose que vous ressentez ou les sensations sont identiques depuis un mois ?
C.M. : Au niveau des temps, ça se voit effectivement. Mais dans mon ressenti, pas tellement. Je sais juste que quand je m'entraîne bien, j'ai des attentes sur les compétitions qui arrivent. Plus on en fait, plus on voit les choses qui doivent être améliorées. C'est pour ça que je suis allée de plus en plus vite. Maintenant, ce qui est sûr, c'est que je n'ai plus de compétitions avant les championnats d'Europe. Ce que j'ai fait à l'Open de Paris m'encourage à m'entraîner encore un bon mois pour que la forme soit encore là à Budapest.
Sur 400m, vous nagez souvent aux côtés de Coralie Balmy. On vous sait très proche d'elle. Que vous apporte cette relation ?
C.M. : Hors du bassin, il n'y a aucune concurrence. C'est vraiment quelque chose qui se passe dans l'eau. Et uniquement dans l'eau. Coralie est une très bonne copine, comme peuvent l'être d'autres nageuses de l'équipe de France. Ça se passe vraiment bien. Quand on est dans la course... (Elle se reprend)... enfin, même dès la chambre d'appel, il n'y a vraiment pas de prise de tête. Après, c'est le jeu. Dans la course, on est là pour gagner. Ce sont toutes des adversaires. On nage pour cela. Et on laisse de côté le fait que ça soit des copines...
Cela vous arrive-t-il d'en discuter quand vous partagez la même chambre ?
C.M. : En fait, Coralie est souvent avec Mylène (Lazare), qui nage avec elle à Antibes. Moi, je suis avec Aurore Mongel, avec qui je m'entends très bien. Et puis, on a souvent les mêmes programmes en compétition, donc ça nous arrange d'être ensemble. C'est pratique car on a tendance à se coucher tôt toutes les deux. On peut en discuter avec tout le monde dans les chambres. Il n'y a aucune ségrégation.















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