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"Tous veulent ma peau"
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Publié 07/08/2003 à 13:15 GMT+2
Marcus Grönholm arrive en favori au Rallye de Finlande, dont il a gagné les trois dernières éditions. Le pilote Peugeot explique comment il est devenu bon sur asphalte et évoque son week-end domestique au volant d'une 206 WRC à la "stabilité exceptionnell
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Espériez-vous être aussi compétitif sur l'asphalte avant le départ du rallye d'Allemagne ?
Marcus Grönholm : Compte tenu de la compétitivité connue et reconnue de la 206 WRC sur cette surface, et pour avoir eu l'opportunité de participer aux deux éditions précédentes de ce Deutschland Rally, il n'était pas illogique d'espérer un bon résultat, même si la concurrence cette année était plus affûtée que jamais. J'espérais au départ avoir une chance de monter sur le podium, aussi ma deuxième place finale a de quoi me satisfaire. Je ressens pourtant une petite frustration en me disant que j'aurais même pu encore mieux faire : il ne m'a pas manqué grand-chose pour remporter ma première victoire mondiale sur l'asphalte. Mais j'ai commis une petite erreur qui m'a fait perdre un peu de temps le dimanche, alors que Sébastien Loeb a réussi un sans faute : il méritait de gagner.
Pour un spécialiste des rallyes sur terre comme vous, quelles ont été les principales difficultés d'adaptation au pilotage sur goudron ?
M.G. : La première difficulté est d'appréhender les limites, très reculées sur l'asphalte, de l'adhérence de votre voiture dans les différents types de virage, et surtout d'évaluer avec précision les distances de freinage. J'ai eu un peu de mal au début avec ces paramètres, et cela a laissé quelques traces plus ou moins prononcées sur les carrosseries de mes voitures. Aujourd'hui, j'ai fini par comprendre le mode d'emploi, et comme mes trajectoires, naturellement assez tendues, même sur la terre, se prêtent bien à la conduite sur asphalte, j'arrive à rouler assez vite, notamment lorsque le terrain est complètement sec ou complètement mouillé. J'avoue avoir encore un peu de mal lorsque l'on passe de l'un à l'autre et que les changements d'adhérence sont permanents, comme dans un rallye Monte-Carlo, par exemple. Cela dit, j'ai bénéficié d'une séance d'entraînement très poussé tout récemment sur les routes grasses et boueuses du rallye d'Allemagne.
Pensez-vous être en mesure de prendre votre revanche prochainement sur le goudron italien, corse ou catalan ?
M.G. : Pourquoi pas ? L'an passé, j'avais termine le rallye Sanremo avec seulement une vingtaine de secondes de passif sur Gilles Panizzi, ce qui prouve que j'ai bien progressé, même dans ces épreuves sur asphalte « pur et dur ». Grâce aux conseils de Gilles et à la collaboration avec mon ingénieur, François-Xavier Demaison, j'ai affiné ma sensibilité technique et mon style de pilotage, ce qui me permet d'être plus en confiance sur ce type de surface, sur laquelle je me sens désormais au point. La possibilité d'une victoire n'est donc pas à écarter, mais il me restera à vaincre de nombreux adversaires, à commencer par mes deux équipiers.
En attendant, vous serez chez vous en Finlande où vous êtes invaincu depuis trois ans. Le resterez-vous ?
M.G. : J'en ai bien l'intention, tout en étant parfaitement conscient que ce sera particulièrement difficile cette année : mes adversaires veulent tous ma peau, c'est donc loin d'être dans la poche. Cela dit, je partage cette invincibilité avec Peugeot, dont la 206 WRC est particulièrement compétitive sur ce type de terrain, grâce notamment à une stabilité exceptionnelle, des suspensions très efficaces, une motricité sans faille et une excellente vitesse de pointe. Pourtant, là encore, toute l'équipe ne s'attend nullement à avoir la partie facile : les ingénieurs des écuries concurrentes ont énormément travaillé dans tous ces domaines sur leurs nouvelles armes de la dernière génération. Notre 206 WRC, elle, fête sa quatrième saison complète, mais elle reste encore la voiture à battre, grâce à ses excellentes qualités de base. On a d'ailleurs vu l'an passé que même les anciennes versions 2001, pilotées par Juuso Pykalisto ou Sebastian Lindholm, restaient très efficaces sur nos toboggans finlandais.
Quels pilotes craindrez-vous le plus sur vos terres ?
M.G. : J'aurais tendance à citer en premier Harri Rovanperä, parce qu'il est finlandais et qu'il pilotera, lui aussi, une 206 WRC, mais ce serait trop réducteur. Je ne pense pas que le fait d'être né en Finlande soit toujours un élément déterminant pour s'y imposer, même si le fait d'être soutenu par ses compatriotes amène toujours un petit surcroît de motivation. Plusieurs pilotes de nationalités différentes ont désormais une excellente connaissance du terrain et peuvent parfaitement l'emporter : Richard Burns a déjà prouvé qu'il pouvait jouer la victoire et Markko Märtin a désormais autant d'expérience du terrain que certains autres vieux briscards.
Comment envisagez-vous la suite du Championnat ?
M.G. : Sur un plan personnel, il est sûr qu'un succès en Finlande serait le bienvenu. Avant cette deuxième place en Allemagne, j'ai partagé la première demi-saison entre des premières places et des scores vierges. Pour espérer décrocher un nouveau titre mondial, je dois tenter de marquer le plus de points possible, donc viser la victoire à chaque sortie, tout en évitant de faire des fautes éliminatoires. Pour le reste, je fais confiance à l'équipe Peugeot-Sport pour conserver sa cohésion et corriger les petits soucis de fiabilité qui nous ont embêté ces derniers temps. Je sais que la partie sera plus difficile que jamais, mais nous sommes capables de relever le défi.
Vous êtes déjà sous contrat avec Peugeot Sport pour la saison prochaine : une belle preuve de confiance mutuelle...
M.G. : Tout à fait. Des ingénieurs aux mécaniciens, toute l'équipe est extrêmement volontaire et compétente, comme le prouvent ses résultats depuis trois ans. Il y a bien sûr, parfois, quelques faux pas, mais ceux-ci ont toujours pour effet de réveiller complètement la motivation de toute l'équipe qui ne s'endort jamais longtemps sur ses lauriers. Enfin, cerise sur le gâteau, l'ambiance de travail est toujours très conviviale et je m'y sens comme en famille.
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