Au triple galop

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Giorgio Rocca est intenable. L'Italien a signé à Kranjska Gora sa troisième victoire en trois slaloms cette saison. Lors de la seconde manche, il a profité de la sortie de piste de Benni Raich, à qui la victoire semblait promise. Thomas Grandi et Ted Lige

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Crédit: Eurosport

Appelez-le Alberto Rocca. Ou Giorgio Tomba. C'est au choix. En tout cas, l'Italie tient bien sa nouvelle Bomba. Course après course, Giorgio Rocca n'en finit plus de se rapprocher de son très illustre aîné, même si leurs palmarès n'ont encore rien en commun. Personne, depuis Tomba, n'avait remporté les trois premiers slaloms de la saison. C'était en 1995, il y a dix ans. Rocca a fait aussi bien jeudi en s'imposant à Kranjska Gora, pour la deuxième année consécutive.
Le skieur de Livigno a d'ores et déjà pris une option sur le globe de cristal de la spécialité. Avec son score parfait, il compte désormais 140 points d'avance sur Ted Ligety, le seul autre slalomeur à afficher deux podiums sur sa carte de visite cet hiver, sa troisième place en Slovénie venant après celle obtenue à Beaver Creek. Rocca n'a donc pas d'adversaires à sa mesure. Au plan comptable, au moins, car sur la piste, Benjamin Raich n'a pas grand chose à lui envier.
Raich ne capitalise pas
Malheureusement pour lui, l'Autrichien peine à capitaliser sur ses formidables premières manches. Pour la troisième fois de rang, The "Blitz from Plitz" a copieusement dominé le premier tracé. Seul Kalle Palander, deuxième à sept centièmes, rivalisa, mais le Finlandais n'allait pas tenir la distance. Troisième, Rocca accusait un retard d'une demi-seconde. Impérial sur le second tracé, l'Italien eut alors l'immense mérite de mettre la pression sur Raich.
Ce dernier, probablement informé, a-t-il voulu trop en faire? Toujours est-il que, comme à Beaver Creek, il a commis l'irréparable en enfourchant, juste à l'entrée du mur. Sur le haut de la piste, il avait pourtant pris un quart de seconde supplémentaire à Rocca. C'était plus qu'il n'en fallait pour l'emporter... à condition de rallier l'aire d'arrivée. Condition que l'Autrichien a bien du mal à remplir ces derniers temps. Au total, il a viré cinq fois en tête dans les épreuves techniques (trois en slaloms, deux en géant), pour une seule victoire au final.
C'est d'autant plus rageant que Raich avait l'occasion de marquer les esprits en Slovénie. Après sa victoire en géant mercredi, un nouveau succès dans le slalom lui aurait permis de prendre la tête du classement général de la Coupe du monde. Bode Miller, parti à la faute dès la première manche, lui avait ouvert une porte qu'il n'a pas su pousser. Du coup, c'est Aksel Lund Svindal, avec sa côté cassée et sa 18e place, qui reprend le pouvoir. Mais quel qu'il soit, le vainqueur du gros globe n'affolera pas les compteurs cet hiver...
Vidal confirme
Les boulettes de Raich et Miller, mais aussi celles de Mario Matt et Ivica Kostelic, éliminés en seconde manche, ont fait le bonheur de Thomas Grandi et Ted Ligety, respectivement deuxième et troisième. Elles ont également permis à Johan Brolenius et Naoki Yuasa d'opérer une double remontée particulièrement spectaculaire: 23e et 27e de la première manche, le Suédois et le Japonais ont cassé la baraque lors du second acte, pour se hisser en 6e et 7e positions.
Il faut descendre un tout petit peu plus bas pour trouver trace du premier Français, en l'occurrence Jean-Pierre Vidal. Après sa cinquième place à Madonna di Campiglio, le champion olympique a confirmé son retour à un niveau très intéressant en prenant la neuvième place. Le skieur de la Toussuire n'avait plus enchaîné deux Top 10 depuis la saison 2002-2003. Pierrick Bourgeat (19e) et Stéphane Tissot (23e), eux aussi dans les points, complètent un bilan d'ensemble encourageant, mais pas encore flamboyant. N'est pas Rocca qui veut...
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