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Yannick Noah : "Si j'avais le pouvoir, j'obligerais les joueurs à jouer en Coupe Davis"

ParAFP

Mis à jour 01/02/2017 à 10:35 GMT+1

COUPE DAVIS - Arrivé au Japon pour disputer le premier tour avec les Bleus, Yannick Noah est revenu sur les problèmes liés entre les joueurs et cette compétition. Des problèmes surtout d'ordre financier, selon le capitaine français.

L'équipe de France de Coupe Davis (Noah, Tsonga, Simon, Gasquet, Monfils)

Crédit: Panoramic

Êtes-vous inquiet pour l'avenir de la Coupe Davis ?
Y. N. : La situation de la Coupe Davis va au-delà de l'existence de cette épreuve. On est dans un monde de business où la tradition laisse la place peu à peu au profit, aux entreprises qui décident. Les arguments des joueurs du top 10 sont toujours économiques. Je persiste à penser qu'il peut y avoir le côté professionnel avec des tournois importants qui génèrent beaucoup de revenus et aussi un attrait pour une compétition où on représente une équipe dans un sport individuel, où on représente son pays dans un sport où habituellement on représente juste sa personne. Or aujourd'hui, je ne l'entends pas.
Que pensez-vous des différentes propositions de réforme de l'épreuve ?
Y. N. : Faire passer les matches en deux jours, ça ne me pose pas de problème particulier. Des matches en deux sets, ça ne me pose pas de problème particulier non plus. Ce qu'il faut conserver, ce sont les matches dans les différents pays. Ça donne l'occasion à des pays de voir du tennis de haut niveau alors qu'ils n'ont pas les moyens d'avoir de gros tournois. C'est une bonne chose pour la promotion du sport. C'est le point fort de la Coupe Davis. Si c'est pour jouer pendant une semaine dans un pays qui va pouvoir mettre dix millions sur la table, on perd l'esprit de la Coupe Davis. Pour le tennis japonais, ce match est un événement très important, beaucoup plus que le tournoi ATP de Tokyo, parce que le public se sent plus concerné.
Jouer la Coupe Davis n'est pas un problème de calendrier, c'est un problème d'argent
Que pensez-vous des arguments de certains joueurs qui parlent d'un calendrier trop chargé ?
Y. N. : On ne peut pas d'un côté dire "le programme est chargé, on ne peut pas jouer pour notre pays" et d'un autre aller jouer l'IPTL (un circuit de tournois exhibition en Asie pendant l'intersaison, ndlr), qui est une exhibition amusante et agréable pour le tennis aussi, mais qui n'a pas le même impact que la Coupe Davis. Quand il s'agit d'aller jouer l'IPTL, on ne parle pas de problèmes de calendrier, alors qu'il s'agit d'aller de ville en ville tous les deux jours !
Mais ne faut-il pas néanmoins faire quelque chose, quitte à aller dans le sens des joueurs ?
Y. N. : Si j'avais le pouvoir, je les obligerais à jouer. Je sais que la carrière de Djokovic a vraiment commencé quand il a gagné la Coupe Davis (en 2010, ndlr). Je me rappelle l'émotion de Roger (Federer), quand il a gagné la Coupe Davis (en 2014, ndlr), même s'il avait gagné 17 titres du Grand Chelem. Je sais qu'à cette occasion, il n'a pas gagné énormément d'argent par rapport à ce qu'il gagne d'habitude. Tu ne joues pas la Coupe Davis, tu ne joues pas les tournois du Grand Chelem. Ce serait très vite réglé ! Encore une fois, les arguments qui sont avancés sont détournés. C'est une question d'argent.
Le projet de la Fédération internationale de faire jouer la finale sur terrain neutre vous paraît-il intéressant ?
Y. N. : France-Croatie à Singapour ? Personnellement, je ne vois pas l'intérêt. Mon meilleur souvenir, c'est d'avoir gagné la Coupe Davis à Lyon (en 1991 en tant que capitaine, ndlr), parce qu'on a pu jouer contre les États-Unis en France. C'était vraiment spécial. Gagner la Coupe Davis à Dubaï, ça n'aurait pas été la même chose.
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