Et si c'était la dernière de Lucas Pouille avec l'équipe de France de Coupe Davis ? Ce scénario que l'on aurait qualifié d'invraisemblable il y a encore un an, pourrait devenir une réalité d'ici quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Peu importe le temps d'attente au final. Mais une décision tombera et elle sera forcément à respecter. D'ici que le joueur de Grande Synthe passe aux actes, ou non, de l'eau aura coulé sous les ponts. Et la France aura peut-être soulevé une onzième Coupe Davis. Mais le Nordiste va bien s'avancer vendredi lors de la finale avec ce flou qui va entourer son avenir. Un énorme défi l'attend avec ses coéquipiers : offrir à la France son premier doublé depuis 1932 et dire au revoir au format historique de la meilleure des façons. Cela aurait un goût un peu piquant, mais la performance se suffirait à elle-même. Partir sur une défaite laisserait un arrière-goût de regret.
Le 32e joueur mondial ne s'en est jamais caché. La réforme de la Coupe Davis annoncée en février dernier par la Fédération Internationale de tennis (ITF), puis adoptée avec 71,43% des suffrages par les délégués de l'ITF lors du congrès d'Orlando au mois d'août dernier, n'a jamais été à son goût. Entre mots bien choisis sur les réseaux sociaux, et déclarations incisives devant les micros, Pouille n'a jamais changé de version ou simplement mis le doute sur ses intentions. Pour lui, ça part sur un bon : non merci, sans façon. "Pour moi, la Coupe Davis, ce n'est pas jouer une semaine mais c'est ce que l'on fait en ce moment", avait-il fermement expliqué avant le quart de finale face à l'Italie à Gênes en avril.
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Pouille n'a pas fait le poids
23/09/2021 À 15:01
Ils vivent dans leur monde, ils ne connaissent pas le sport et ne vivent pas les mêmes émotions
Puis il y a eu une sortie prophétique sur le calendrier de la compétition, pour le moment toujours bloqué fin novembre 2019. Une programmation qui ne cesse d'alimenter débats et polémiques. Car peu de joueurs se sont dit réellement intéressés - d'autres sont restés neutres - par ce nouveau format qui rassemblera sur une semaine de compétition dix-huit nations dans une même ville. Positionnée à la fin du mois de novembre, la Coupe Davis version Kosmos Tennis-ITF n'attire pas. Beaucoup l'ont répété en 2018 : la saison est harassante. Pas question de jouer une semaine en plus. "On va voir à quel moment de l'année ils l'organisent. Si c'est en novembre comme c'est prévu pour l'instant. Je ne vois pas l'intérêt pour les joueurs d'y aller. Il faudrait prendre des vacances après et dans ce cas-là, on n'a plus le temps de se préparer", avait-il menacé.
Au mois de septembre dernier, Pouille avait remis ça de manière plus prononcée après la qualification pour la finale à Lille. Dans son viseur : David Haggerty, contesté patron de l'ITF, mais qui vante partout les bienfaits du changement et les délégués de la Fédération internationale qui ont participé au vote. Encore colère et acceptation, Pouille semblait avoir fait le deuil de cette compétition qu'il a dans un coin de son coeur. "Ils vivent dans leur monde, ils ne connaissent pas le sport et ne vivent pas les mêmes émotions", s'était-il lamenté. "Les 15 000 personnes qui se comportent comme des dingues après chaque point... Ce ne sera plus jamais pareil. Malheureusement on ne peut plus rien y faire, puisque ce sont eux qui décident. C'est triste, mais c'est comme ça."
Pouille et l'équipe de France c'est une histoire qui marche. Car les spécificités de la Coupe Davis lui offrent un gain supplémentaire d'âme. Depuis sa première convocation en juillet 2016 par Yannick Noah pour le quart de finale en République tchèque, le Tricolore est devenu un pilier pour les Bleus. Son implication maximale y a été pour beaucoup. Rarement absent, très souvent performant - en témoigne son ratio de victoires positif (7 succès pour 3 défaites) - le quart de finaliste de l'US Open 2016 est devenu au fil du temps le n°1 d'un Noah qui l'a pris sous son aile. Pas toujours en phase, les deux hommes ont eu des hauts et des bas sur la chaise au fil du temps. Surtout cette saison.

Une préférence pour la World Team Cup ?

Espace de refuge, sanctuaire, la vie en équipe de France a revigoré l'ancien n°1 français, redescendu n°4 en fin de saison. Les Bleus c'est surtout ça qui lui a permis de positiver ces derniers mois. Dans la longue liste des matches qu'il aurait pu perdre sur le circuit, mais pas en Davis, il y a ce combat destructeur en cinq manches face Roberto Bautista Agut lors de la demi-finale face à l'Espagne. Une rencontre où l'effet Davis - une compétition qui a le don de tuer l'écart de niveau - a directement influé. Un match qui lui a aussi permis de remettre les choses à plat avec Noah, qui joue volontairement avec ses nerfs depuis la chaise. "J'ai kiffé, l'ambiance était au top et c'était juste génial. C'est une compétition que j'adore et le fait d'être dans un groupe ça me transcende. Jouer devant 16.000 personnes, ce n'est pas pareil que devant 100 personnes...", expliquait-il. "Il y a aussi un effet de groupe, on a réussi à créer quelque chose. On passe du temps ensemble et c'est vraiment important."
Voir Pouille ne plus porter le maillot bleu en Coupe Davis serait une énorme perte. Parce qu'il a toujours crié son amour pour la sélection. Il a surtout toujours joint les actes à la parole quand il a représenté son pays. Surtout, il reste à ce jour le futur patron du tennis tricolore. Le reverra-t-on avec un maillot bleu ? Probablement. La World Team Cup, officiellement lancée par l'ATP et dont la première édition se jouera en janvier 2020, semble avoir ses faveurs. Pour la Coupe Davis, en revanche, il va falloir une révolution dans la révolution pour espérer le voir à Madrid dans un an. Amélie Mauresmo, elle-même contre la réforme, va avoir un énorme travail de diplomatie devant elle.
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