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Tennis - Coupe Davis

Forget sur le divan

Son émotion, ses souvenirs, ses regrets, son avenir... Dans la foulée de la défaite de la France face aux Etats-Unis, Guy Forget est longuement revenu sur ses quatorze années passées à la tête de l'équipe de France.

 
Forget sur le divan - Tennis - Coupe DavisDPPI
 

UNE PETITE MORT " Ça me manque déjà"

"Ce soir ce sont beaucoup d’émotions qui se bousculent. Ce sont 14 années de capitanat, mais aussi des années de joueur. Pour moi, c’est une histoire qui a débuté en Russie en 1983 ou 1984 (en juillet 1984). De joueur à capitaine, l’interruption a été très courte donc pour moi, cette vie commune avec la Coupe Davis ne s’est jamais vraiment arrêtée. Ca fait bizarre de se dire que ça s’arrête. Toutes les séparations sont difficiles. Et se séparer alors que les choses se passent bien, c’est bizarre aussi. Ça me manque déjà, parce que la Coupe Davis, c’est toute ma vie. Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à cette aventure, grâce à la Fédération, aux entraîneurs et à ma famille.

SUR SON BILAN ? " Je laisse cette équipe comme je l’avais trouvée"

"J’ai été honnête, sincère et passionné. Après, j’ai sûrement fait des erreurs. Et je les ai commises en étant à chaque fois persuadé que c’était les bons choix. Je pense avoir été un bel ambassadeur, même si nous n'avons pas assez gagné aux yeux de certains. Mais elle est belle, cette équipe, elle dégage une belle image. Quelque part, je me dis que je laisse cette équipe comme je l’avais trouvée. J’espère qu’ils seront capables de continuer dans cette voie là. C’est la seule qui mérite d’être empruntée pour vivre pleinement la Coupe Davis. Si comme dans certains pays, chacun vient avec son staff, un peu comme sur le circuit ATP toute l’année, de manière égoïste et individualiste, ce n’est pas la peine, autant faire un sport individuel. Ce qui nous manque parfois dans ce sport, c’est cette notion de partage, de solidarité. Soutenir son copain, même si on n’est pas sélectionné et lui dire que c’est lui qui doit jouer, c’est ce que vivent les handballeurs, les rugbymen, les footeux tout au long de l’année. Et c’est ce qui nous manque dans notre sport. Heureusement que nous avons cette Coupe Davis et c’est comme cela qu’il faut la vivre."

SES MEILLEURS SOUVENIRS ? " C’est magique"

"Il y en a beaucoup. J’ai du mal à dissocier mes années en tant que joueur et celles en tant que capitaine, car ce sont les mêmes émotions. Je pense bien sûr à la victoire face à l’Australie en finale en 2001, les victoires face à l’Espagne ou l’Argentine l’an passé, mais aussi à des rencontres de premier tour comme le Canada cette année par exemple. A chaque fois que l’on quitte une ville, après avoir réalisé une belle performance, on part avec un petit peu de cette Coupe Davis. Quand c’est sur une finale, c’est magique."

DES REGRETS ? " J'ai toujours assumé mes choix "

"Objectivement je ne changerais rien car, sur le moment, j’ai toujours pensé que mes choix étaient les bons et je les ai toujours assumés. Tout au long de mon capitanat, il y eu des moments difficiles. Heureusement que vous n’avez pas connu les tenants et les aboutissants. Parfois, on n’a pas perdu uniquement à cause de ces crises en interne. On a perdu car on n’a pas été assez bons. Ce qui m’agace, c’est que parfois, on a essayé de chercher des prétextes pour expliquer une défaite. On perd parce que l’on n’a pas été bon. Point barre."

"Quand par moments tu vas au clash avec certains joueurs, tu te dis qu'il faut trouver un terrain d’entente par le dialogue. Je ne regrette pas d’avoir été diplomate. C’est le rôle du capitaine. J’ai souvent passé des nuits blanches, j’ai été parfois super remonté ou super déçu par des joueurs. Ce sont des gens que j’aime beaucoup par ailleurs. Mais c’est le propre de toutes les familles. C’est pour ça que je ne vais pas les citer. Mais c’est ce qui donne encore plus de sel aux victoires."

UNE BLESSURE, 2002 : " A Bercy, elle était pour nous "

"Je n'ai pas de regret, mais une douleur : quand on a perdu à Bercy contre les Russes. J’ai encore mal au ventre quand j’y repense, mal pour Paulo aussi. Celle-là, elle était pour nous. C’est probablement la plus pénible. Celle face à la Serbie en 2010 a été aussi très difficile."

SON MESSAGE : " Ramenez-nous la Coupe et vite!"

"Je leur dit merci parce que j’ai joué par procuration grâce à eux. J’ai pleuré, j’ai ri avec eux. Pour moi, un merci vaut tous les discours, tous les cadeaux du monde. Je leur souhaite bonne continuation, bonne route ! Ramenez-nous la Coupe et vite ! Je serai toujours derrière eux. Je les aime et je les remercie pour tout ce qu’ils m’ont apporté."

ET MAINTENANT ? " Je suis très exigeant"

"Je n’aurais sans doute pas fait un bon entraîneur car je suis très exigeant, à l'image du joueur que j'étais. J’aurais eu du mal à répéter les mêmes choses chaque jour à un joueur, et j’aurais souvent été au clash... Mais en même temps si je ne tente pas l’expérience un jour, peut-être que j’aurai ce regret."

 
 
 
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