Les absents ont toujours tort. Et plus que jamais pour Guy Forget. A l'heure de quitter le capitanat de l'équipe de France, le sélectionneur des Bleus est revenu sur le grand absent du week-end, Gaël Monfils. Meilleur élément français sur terre battue, il est, selon les dires de ses coéquipiers ce week-end, la raison principale pour laquelle les Bleus ont choisi de recevoir les hommes de Jim Courier au Monte-Carlo Country Club. Et le forfait de l'ancien demi-finaliste de Roland-Garros a créé un vide que les joueurs présents n'ont su combler. "Son absence a nivelé cette rencontre, a assuré Tsonga. Gaël, sur terre, il faut vraiment lui faire très, très, très mal pour le battre. Notre choix de la terre battue avait été fait pour Gaël. Si on avait su qu’il serait forfait, on n’aurait pas choisi cette surface." Une phrase terrible dans la bouche du leader français qui confirme que la surface ocre, pourtant choisie par les joueurs en amont, a été davantage un handicap qu'un atout, comme supputé jusqu'à dimanche.
Et cela, Guy Forget n'a pas manqué de le souligner. "Je suis triste pour nous, car quand Gaël joue très bien sur terre battue, c’est lui qui a le plus le jeu pour emmerder Isner et le battre. Mais c’est triste aussi pour lui, qu’il ne vive pas toutes ces émotions, qu’il ait raté Vancouver (face au Canada au 1er tour 2012, NDLR), qu’il ait raté Cordoba (face à l'Espagne en demi-finale 2011, NDLR). Avant de glisser également : "C’est triste pour lui qu’il ait raté son Open d’Australie, qu'il ait raté Indian Wells... Quand les choses (les forfaits, ndlr) se passent une fois, deux fois… soit tu dis à chaque fois que c’est la fatalité, soit tu dis 'comment je peux faire pour être moins souvent confronté à ce type d’aléa'. C'est 'Que puis-je faire différemment dans ma vie en général, pour être présent plus souvent en forme ?'
"Peut-être qu’il nous a manqué, oui, on ne saura jamais..."
Cette fameuse fatalité, Guy Forget y a souvent été confronté dans sa longue vie de capitaine. Si l'absence de Monfils à Cordoue l'an passé en demi-finale avait cassé le moral de tout le groupe, l'absence de Tsonga en finale de l'édition 2010 en Serbie était également resté en travers de la gorge de Forget. Le numéro un français, blessé durant l'été, avait repris trop tôt le chemin des courts, s'infligeant une nouvelle blessure qui lui a coûté toute sa fin de saison, dont cette fameuse finale à Belgrade perdue au cinquième match. Un coup dur à la limite de la faute professionnelle que Forget ne fait que relativiser à défaut de partir au clash... la voie de la diplomatie l'emportant sur le reste.
"J’espère que dans les mois et les années à venir, il va trouver la sérénité qui lui permettra de montrer son véritable potentiel, de manière continue, a poursuivi le capitaine au sujet de Monfils. "Peut-être qu’il nous a manqué, oui, on ne saura jamais… Mais ça n’enlève aucun mérite aux autres car, eux, ils ont été là. J’en ai déjà parlé avec Gaël, ai émis 5, 6 pistes... J’espère que s’il y a en a une qui est juste, alors il va l’explorer et se poser les bonnes questions, faire ses choix et les assumer derrière. C’est un trop bon joueur pour ne pas gagner plus que ce qu’il a gagné jusqu’à présent." De son côté, loin du tumulte de Monte-Carlo, Gaël Monfils rendait hommage à ce "mentor" sur Twitter : "Merci à Monsieur Forget pour tout ce qu'il a accompli pour l'équipe de France. Plus personnellement, il m'a appris beaucoup de valeurs, savoir être en équipe et je lui en suis reconnaissant." Même absent, le Parisien n'a pas tort là-dessus.
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AFP






















