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Roger Federer : "Moi aussi, je suis complètement surpris par tout ça"

Federer : "Moi aussi, je suis complètement surpris par tout ça"

Le 20/03/2017 à 16:52

MASTERS 1000 INDIAN WELLS - Comme les autres, Stan Wawrinka a dû baisser pavillon dimanche en finale face à Roger Federer (6-4, 7-5). Le début de saison paradisiaque se prolonge pour l'ainé des deux Suisses, qui reste sur son petit nuage après son titre austral au mois de janvier. Il n'en revient pas lui-même.

"Est-on sûr à 100% que Fed vient de cette planète ? " Le tweet de John Isner quelques minutes après la victoire de Roger Federer en finale d'Indian Wells face à Stan Wawrinka (6-4, 7-5) dimanche soir résume assez bien la stupeur générale.

Ce que réalise le champion suisse depuis son retour à la compétition début janvier dépasse sans doute de très loin les espérances les plus folles de ses plus ardents supporters. Le voir remporter coup sur coup l'Open d'Australie puis Indian Wells, voilà un doublé qui lui était inconnu depuis... 2006. "Qu'est-ce que je peux dire ? C'est juste un conte de fées que je vis depuis mon retour sur les courts", a-t-il admis, presque incrédule devant sa réussite actuelle.

Le fou rire du "trou du cul"

Stan Wawrinka est bien placé pour en parler. Battu en demi-finale à Melbourne puis en finale dans le désert californien, le Vaudois a peut-être été privé de deux grands titres supplémentaires par son compatriote. Sur le central, il a amorcé son discours d'après match... en larmes. "Je veux féliciter Roger", a-t-il dit en se tournant vers ce dernier qui… rigolait. "Il se marre, c'est un trou du cul mais ça va", a lancé Wawrinka avant que les deux joueurs ne partent dans un fou rire.

"Quand il m'a regardé, je ne voulais pas lui montrer un visage triste. C'était une façon de lui dire 'ça va aller, Stan.' Je voulais qu'il oublie ses larmes, je crois que ça a été réussi", a souri Federer. Interrogé sur le fait de savoir s'il avait déjà été traité de trou du cul, le Bâlois est reparti de plus belle : "très, très, très souvent. C'est pour ça que je le prends comme un compliment ! Cela dit, sur le court, c'est la première fois, mais ça va." Ne vous y trompez pas, aucune embrouille entre les deux compères. "J'ai perdu plusieurs matches importants contre toi, mais quand tu es arrivé en finale de l'Open d'Australie, j'étais ton supporteur N.1, félicitations pour ton retour à ce niveau. Tout ceux qui aiment le tennis aiment te regarder jouer", a même lancé le Stanimal.

Roger Federer à Indian Wells.

"Je n'étais pas loin de tomber 35e mondial si je n'avais pas joué l'Australie ou si j'avais perdu tôt"

Au-delà de la sympathique passe d'armes entre les deux hommes, la résurrection confirmée de Federer constitue bien la grande histoire de ce début d'année. La théorie du "one shot" ne tient plus. Melbourne ne sera visiblement pas qu'un exploit sans suite. C'est cela qu'Indian Wells est venu confirmer, pour le plus grand bonheur du vieux Suisse. En Australie, il avait cumulé les victoires à l'arraché en cinq sets. Aux Etats-Unis, il a survolé sa semaine sans perdre un set pour un total de cinq petites heures sur les courts, effaçant au passage Nadal et Wawrinka.

"Moi aussi, je suis complètement surpris par tout ça", a-t-il concédé. "Surpris par ses titres, mais peut-être tout autant par le chemin emprunté pour y parvenir. "Je suis vraiment très content pas seulement des victoires, mais aussi de la façon dont j'arrive à battre Stan, Rafa, et tous ceux que j'ai battu en Australie. C'est formidable, mais la surprise reste très grande", a-t-il assuré.

Ce lundi, il pointe à la 6e place du classement mondial, comme un premier témoignage concret de son retour aux affaires. Et là aussi, il doit se frotter un peu les yeux, même si ce n'est qu'une conséquence mathématique de ses récentes performances. "C'est fou, a admis RF, mon objectif était de revenir dans les huit premiers au moment de Wimbledon. Là, ça dépasse toutes mes attentes. Je n'étais pas loin de tomber 35e mondial si je n'avais pas joué l'Australie ou si j'avais perdu tôt. Maintenant je suis 6e et c'est formidable. Ça m'enlève beaucoup de pression d'être tête de série ou d'être dans les 10 meilleurs. c'est vraiment un départ de rêve pour cette saison."

Et maintenant, Miami ?

Sa force, c'est notamment son total relâchement. Il l'avait dit à l'Open d'Australie, il avait réussi à conserver jusqu'au bout une âme d'outsider n'ayant rien à perdre. Il a conservé cette mentalité à Indian Wells, où il tenait à briller. "J'adore ce tournoi et ça avait été une douleur pour moi de ne pas venir l'an dernier, a-t-il confié. Je suis venu pour la première fois il y a 17 ans et gagner à nouveau, c'est un sentiment incroyable."

Roger Federer, après sa victoire en finale du Masters 1000 d'Indian Wells, face à Stanislas Wawrinka.

Roger Federer va maintenant tenter de prolonger le conte de fée sur la côte ouest américaine, à Miami. Le tournoi floridien lui a souvent moins réussi que son cousin californien. Depuis son doublé en 2005-2006, il ne s'y est plus jamais imposé. Il n'y a même plus joué la moindre finale et sa dernière apparition dans le dernier carré remonte à 2011. "Je sais à quel point c'est dur de gagner Indian Wells et Miami, a-t-il rappelé. C'est pour ça que je n'arrive pas à Miami avec pour objectif de gagner le titre, même si tout le monde attend ça de moi après ce début de saison." Au fait, qui a vraiment à miser contre l'extra-terrestre ces temps-ci ?

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