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Nadal : "Je ne me considère pas comme quelqu'un de spécial"

Nadal : "Je ne me considère pas comme quelqu'un de spécial"

Le 10/06/2017 à 20:50Mis à jour Le 10/06/2017 à 23:32

ROLAND-GARROS 2017 – Trois ans après, Rafael Nadal va retrouver la saveur d'une finale sur la terre battue de la Porte d'Auteuil. La 10e de sa carrière à Roland-Garros. Avant de plonger dans le grand bain, il s'est livré sur sa carrière parisienne, sa finale contre Wawrinka et la portée historique de son palmarès.

Rafael, il y a un an, vous aviez quitté le tournoi sur abandon avant le troisième tour. Aviez-vous trouvé la force de suivre des matches à la télé. La finale entre Djokovic et Murray, par exemple ?

R.N. : J'avais surtout regardé les matches de mon ami Marc Lopez, qui jouait en double avec Feli (DNLR : Feliciano Lopez). Et oui, j'avais regardé la finale. En entier. Le reste, je n'ai rien vu, rien regardé. J'étais parti faire du bateau avec ma copine. J'avais eu besoin de couper un peu (sourire). Mais la finale entre Andy et Novak, je ne voulais pas la rater.

Vous revoilà donc en finale cette année et vous y arrivez en ayant perdu seulement 29 jeux. Ce parcours, l'ampleur de ces victoires, est-ce une forme de surprise pour vous ?

R.N. : Honnêtement, je me moque de savoir combien de jeux j'ai pu perdre. Tout ce qui m'intéresse, c'est de savoir que j'ai joué du très bon tennis depuis le début du tournoi. C'est ça qui compte. C'est même la seule chose qui compte. Je suis vraiment satisfait de la façon dont les choses se sont passées depuis mon arrivée à Paris. Etre en finale, trois ans après, c'est spécial. Maintenant, il reste un adversaire. Un adversaire très dur à battre...

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Justement, quelle sera la clé selon vous face à Wawrinka ?

R.N. : Etre agressif. Jouer long. Je ne devrai pas le laisser jouer dans des zones confortables pour lui. Je dois tout faire pour l'empêcher de devenir agressif et de frapper fort, installé au milieu du court. Sinon, je vais avoir de gros problèmes car dans cette situation, il devient très dangereux. Ce sera ça, mon objectif. J'espère être prêt pour ça. Mais évidemment, c'est beaucoup plus simple à dire qu'à faire.

Etes-vous confiant ?

R.N. : J'espère surtout que je ne serai pas trop nerveux. Si je suis stressé, ce sera plus difficile. Mais si je suis dans un bon jour, que je reste bien concentré sur ce que j'ai à faire, je crois que je peux lui compliquer la vie et l'obliger à prendre des risques, sans être dans une zone de confort.

Le fait que Stan ait joué quatre heures et demie vendredi peut-il peser à votre avis ?

R.N. : Je ne crois pas, non. Il joue très bien. Il est fort physiquement et après une victoire comme celle contre Murray, sa confiance va être au maximum. En plus, Stan avait gagné à Genève juste avant Roland-Garros donc il est sur une très belle série. Pour moi, c'est l'adversaire le plus dur possible en finale.

Ce sera votre deuxième finale majeure commune, après celle de Melbourne en 2014. Y aura-t-il une forme de revanche pour vous, pas tant par rapport à la défaite que de par la frustration d'y avoir été blessé ?

R.N. : Le mot revanche ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je crois que ce serait une erreur d'appréhender ce match comme une revanche contre qui que ce soit ou quoi que ce soit. Dans mon esprit, chaque match est une nouvelle histoire. Si je n'avais pas été blessé à Melbourne, j'aurais peut-être quand même perdu cette finale. Si Stan a gagné, c'est parce qu'il était capable de le faire. Il avait battu Novak, il jouait du grand tennis. Pour lui, ça a été le tournant de sa carrière.

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On a beaucoup parlé de cette fameuse decima. Vous y êtes presque. Est-ce qu'il vous arrive d'essayer de réaliser ce que représenterait 10 titres dans un même tournoi du Grand Chelem ?

R.N. : Vous savez, passer de 9 à 10, c'est juste 10% d'augmentation (sourire). C'est vrai que 10, c'est un joli nombre mais je dois vous avouer que le 9 est mon chiffre fétiche. Mais si je gagne une 10e fois Roland-Garros, je suis prêt à en faire mon nouveau nombre favori.

Quand on gagne aussi souvent un tournoi, que garde-t-on en mémoire ? Seriez-vous capable de raconter chacune de vos neuf victoires dans le détail ?

R.N. : Vous avez du temps devant vous, alors, j'espère (rires). Parce que je vais devoir parler longtemps. Non, sincèrement, j'ai une très bonne mémoire, je me souviens pratiquement de tout ce que j'ai vécu ici. Mais évidemment, certaines années sont un peu plus spéciales que d'autres.

Alors, laquelle de vos neuf victoires est la plus marquante à vos yeux ?

R.N. : Je crois que je ne pourrais pas être plus fier qu'en 2013. C'est vraiment ce dont je suis le plus fier. C'était dingue. J'avais eu tellement de problèmes au genou l'année d'avant que je ne pouvais plus m'entraîner. Et là je gagne quand même à Roland-Garros, puis derrière je gagne l'US Open, je finis numéro un mondial.

Croyez-vous que votre record de victoires, qu'il soit de neuf, dix ou plus, puisse être battu un jour ?

R.N. : Ce sera difficile. Gagner neuf fois ou dix fois un tournoi, c'est compliqué. Il faut avoir de la chance, bien jouer pendant très longtemps, être en bonne santé au moins neuf fois pendant toute une quinzaine. Disons que ça demande de remplir beaucoup de conditions. Je ne suis peut-être pas celui qui doit juger mais 10 finales ici, oui, c'est difficile. Mais si je l'ai fait, quelqu'un d'autre pourra sans doute le réaliser à nouveau car je ne me considère pas comme quelqu'un de spécial.

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