L'image est aussi insolite que rare : Roger Federer quitte le court central pour se faire soigner. Stupeur dans les tribunes de Wimbledon : après Rafael Nadal, battu par Lukas Rosol, et Maria Sharapova, sortie par Sabine Lisicki, le tournoi serait-il en train de perdre le Suisse avant les quarts de finale ? Non, le sextuple vainqueur à Londres ne lâchera toujours pas un match en cours. Le voir ainsi rentrer aux vestiaires pour soulager sa douleur n'annonçait rien de bon. Questionné à ce sujet en conférence de presse, l'Helvète de bientôt 31 ans, finalement vainqueur en quatre sets de Xavier Malisse, a tenu à calmer le jeu : "Mon dos va bien, sinon je ne serais pas là en train de répondre. Sincèrement, je ne me suis pas tant inquiété que ça. Ça m'est déjà arrivé et je sais comment gérer plus ou moins."
"Peut-être que ça vient à la fois de mon long match précédent face à Benneteau, mais j'ai senti un grand spasme arriver en début de match. Et je me suis bloqué le dos", a calmement raconté Federer. Les trucs et astuces du Suisse en cas d'alerte sont simples. D'abord varier son jeu pour terminer le point le plus vite possible et s'économiser un maximum. Et puis attendre que passe la douleur, traitée par "massage, crème chauffante et anti-inflammatoires". "Le traitement m'a aidé un petit peu. Dans ces cas là, la douleur s'estompe au fur et à mesure, tu peux servir plus fort, aller un peu plus loin, mais tu ne sais pas vraiment quand tu peux y aller à fond. Alors j'ai essayé au quatrième, pour m'éviter un cinquième. Ça a marché, je m'en suis bien sorti... Les blessures, ça va, ça vient. Après quinze ans de circuit, le dos fait mal. Je fais des exercices depuis des années. Mais on espère toujours ne pas être gêné pendant les Grands Chelems".
Le dos, comme d'habitude
Les problèmes physiques du Suisse sont récurrents chez lui depuis plusieurs années, surtout au niveau de son dos. C'est cela qui l'oblige à lever le pied considérablement dans ses rencontres afin de s'économiser en Grand Chelem, souvent à mauvais escient. Les sautes de niveau du Suisse, qui s'arrête de jouer subitement dans une partie qu'il domine, sont de plus en plus fréquentes. Face à des joueurs de faible calibre, passe encore, mais face aux sérieux clients du haut du classement ATP, les passages à vide se payent cash plus souvent. C'est certainement d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le Suisse reste muet en tournois majeurs depuis l'Open d'Australie 2010.
Ce n'est pas la première fois de la saison que Federer se plaint du dos. Début janvier, il avait été contraint de déclarer forfait quelques minutes avant d'affronter Jo-Wilfried Tsonga à Doha en demi-finale pour se préserver avant l'Open d'Australie. C'était seulement son deuxième forfait en carrière après Paris-Bercy en 2008. Mikhail Youzhny, battu treize fois en autant de rencontres face au Suisse, doit-il s'attendre à un troisième coup du lapin de la part de son futur adversaire ? Pas si sûr que ça. "Je suis content de m'en être sorti et là, face à vous, je me sens bien. Je vais avoir besoin de deux bonnes nuits de repos et je pense être bien mercredi, contre Youzhny. Je peux réussir à revenir comme neuf." Le Russe sera ravi de l'apprendre.



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