Avec Benoît Paire, c'est souvent tout ou rien. Brillant lors des deux premières manches de son troisième tour, le Français a ensuite explosé en plein vol lors des deux dernières face à Brian Baker, qui s'est imposé (6-4, 4-6, 6-1, 6-3). Cet Américain, 126e mondial sur le retour après six ans de coupure pour guérir des blessures multiples, a su laisser passer la tempête et profiter de la faiblesse mentale de son adversaire pour passer ce troisième tour et atteindre les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière
Durant les deux premières manches, le 55e mondial a répondu présent face au grand serveur américain. Solide sur sa mise en jeu, l'Avignonnais alignait les aces (13) et 80% de réussite de moyenne derrière ses premières balles. S'il a perdu le premier set et sa mise en jeu en début de deuxième manche, Paire a eu une belle réaction en refaisant son retard sur son premier break du match, puis en égalisant à une manche partout. Mais sa confiance, accentuée après sa belle victoire au tour précédent contre l'Ukrainien Alexandr Dolgopolov, l'a ensuite quitté en début de troisième manche lors la perte de sa mise en jeu.
Paire: "Je dois encore passer une étape"
Le Français est alors retombé dans ses travers, montrant de fréquents signes d'agacement quand les choses ont commencé à mal tourner pour lui. Son taux de réussite sur son service (40% de moyenne) a chuté en flèche, tout comme en retour où le Français n'a inscrit que cinq points sur la mise en jeu adverse dans les troisième et quatrième manches. Il a donné quatre jeux de service de suite et mis lui-même son adversaire dans le bon chemin de la victoire. Tentant une rébellion en fin de quatrième set, Paire a sauvé une première balle de match et s'est même procuré une balle de débreak... gâchée sur un retour mal maîtrisée, mettant fin à son aventure londonienne au troisième tour, qui reste comme son meilleur parcours dans un tournoi majeur.
" Je me suis énervé, mais lui n'avait pas de faille aujourd'hui. C'est dur quand on a des attentes. On me disait: 'Il est 120e mondial'. Mais pour moi je n'étais pas favori, a admis le Français. Je pense que dans trois ou quatre mois, il sera dans le Top 30. Je pense aussi qu'il est en pleine confiance en ce moment. Ce n'est pas possible de rester comme ça sur sa ligne et de voir à chaque fois où je vais servir. C'était hallucinant. Il est talentueux partout: il a une bonne main, il volleye bien, il sert bien, du fond du court il reste tout le temps sur la ligne. Je dois encore passer une étape. Je pense bien jouer en ce moment, mais quand je joue Baker j'ai l'impression d'être ridicule. C'était trop dur. J'ai joué quelqu'un plus fort que moi et j'ai eu du mal à l'accepter."
Baker poursuit, lui, son incroyable retour sur le circuit. Issu des qualifications, le voilà en seconde semaine d'un Grand Chelem contre toute attente. Ancien n°2 junior en 2003, il a ensuite été accablé par les blessures. Il a subi cinq opérations (des deux hanches, d'une hernie, du coude droit), qui l'ont tenu à l'écart du circuit entre novembre 2005 et juillet 2011. Il a débuté l'année à la 458e place mondiale. Il est sorti de l'anonymat en atteignant la finale à Nice, puis le deuxième tour de Roland-Garros face à Gilles Simon. Avec cette place en huitième de finale, il devrait intégrer le Top 80 à l'issue du tournoi. Il peut même rêver aller plus loin, puisqu'il sera opposé au prochain tour à l'Allemand Philipp Kohlschreiber, vainqueur en trois sets du Tchèque Lukas Rosol, le tombeur de Rafael Nadal au tour précédent. Un match entre miraculés en fin de compte...





DPPI























