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Les 10 questions idiotes que vous n’osiez pas poser sur le gazon

Les 10 questions idiotes que vous n’osiez pas poser sur le gazon
Par Eurosport

Le 30/06/2013 à 01:27Mis à jour Le 01/07/2013 à 18:51

Vous adorez Wimbledon mais le gazon conserve encore des mystères pour vous ? Vous êtes au bon endroit. Voici les réponses à vos interrogations plus ou moins farfelues.

1/ A quand remonte le premier court en gazon ?

La création du premier court en gazon correspond à l’invention du tennis. C’est la première surface sur laquelle les joueurs ont commencé à jouer. Officiellement, l'origine de ce sport remonte à 1874 au Major Wingfield, d’abord sous le nom de Sphairistiké (mot grec signifiant "art de la balle") puis, en 1877, sous le nom de Lawn-Tennis (Jeu de Paume sur gazon, en anglais). Mais, en 1858, le Major Harry Glem avait déjà construit un court semblable au Sphairistiké sur la pelouse de sa demeure à Birmingham. A quelques années d'intervalles, le Major Wingfield et Harry Gem ont eu la même idée, mais le premier l'a brevetée.

2/ Les tournois en gazon ont-ils toujours été si rares ? 

Non. Le gazon était même LA surface de référence encore dans les années 70. La preuve, trois des quatre tournois du Grand Chelem se déroulaient sur herbe. On y jouait en Australie jusqu’en 1987. L’US Open s’est également déroulé sur gazon jusqu’en 1974, puis sur terre battue verte (Har-tru) de 75 à 77 et sur dur depuis 1978. Wimbledon est le seul tournoi du Grand Chelem à se disputer depuis sa création sur herbe. Si une statistique est à retenir en 2013, ce sont les six petits tournois disputés sur gazon sur 65 proposés par le circuit ATP.

3/ Combien coûte un court en gazon ? 

La construction d’un court en gazon naturel coûte en moyenne 50 000 livres, soit près de 59 000 euros. Pour comparaison, la construction d’un court en terre battue et en béton poreux coûte 36 000 euros, tandis que la résine est un peu plus cher (48 000 euros). Autant vous dire que la réputation élitiste du gazon ne sort pas de nulle part. Pour information, un court en gazon est composé de trois couches : l’herbe, la couche de terre et les fondations. On peut soit planter des graines et laisser pousser l’herbe, soit poser des plaques de gazon, solution plus rapide mais le terrain peut être moins stable si le gazon ne prend pas avec le sol en dessous.

4/ Quid de son entretien ?

Le gazon doit être replanté tous les ans. Il faut irriguer le court régulièrement et il est recommandé de faire tourner l’utilisation des courts pour les laisser se reposer. A noter que les courts en gazon ne sont pas praticables tout au long de l’année. En Angleterre, les courts ferment entre octobre et avril. Enfin, le court est tondu entre 6 et 8 millimètres, deux à trois fois par semaine.

5/ Faut-il des chaussures spéciales pour jouer sur gazon ?

Oui. Ce sont des chaussures à picots, c’est-à-dire avec des mini-crampons. Des crampons classiques à l’image des footballeurs abimeraient trop le gazon. Le court deviendrait vite un champ de patates et bonjour les faux rebonds. En revanche, avec des chaussures classiques de tennis, les joueurs auraient du mal à trouver des appuis solides au sol pour jouer.

Panoramic

6/ Pourquoi le gazon favorise-t-il les joueurs d’attaque ?

Parce que le gazon est une surface plus rapide que la terre battue. La surface est plus sensible à l’effet slicé. Le gazon ne laisse que très peu de place aux échanges longs (de moins en moins vrai) et beaucoup de joueurs n’hésitent pas à venir terminer les points au filet.  Le gazon favorisant les joueurs d’attaque est toujours une réalité. En revanche, ce constat est moins évident qu’auparavant. Nous verrons pourquoi un peu plus loin dans le papier…

7/ Le slice " casse " plus les jambes de l’adversaire sur gazon que sur terre battue. Pourquoi ?

La caractéristique de l’effet slicé est un rebond bas. Et sur gazon, cette propriété s’accentue encore plus. Avec sa rotation arrière, la balle va encore plus glisser après le rebond. Par conséquent, l’adversaire est obligé de jouer des coups pratiquement en position assise pour relever la balle. Et répéter ces frappes tout au long d’un match est usant physiquement. Mais aussi mentalement, car il est difficile dans ces conditions de frapper des coups gagnants. Les puristes affectionnent le chip and charge, qui n’est autre qu’un revers coupé suivi par un enchaînement au filet pour venir claquer une volée. Demandez à Michaël Llodra ce qu’il en pense…

8/ Le toit de Wimbledon a-t-il une incidence sur le jeu ?

Oui. La vitesse de jeu est encore plus rapide, comme pour toutes les surfaces en "indoor". Le toit ne fait qu’accroître les conditions de jeu déjà extrêmement rapide à Wimbledon. Alors que certains joueurs émettent l’hypothèse que le court le plus rapide au monde est à l’US Open, on peut dire avec certitude qu’aucune condition de jeu ne peut surpasser le central couvert du prestigieux londonien.

PA Photos

9/ Pourquoi est-ce la seule surface où l’on peut voir des joueurs s’envoler comme Superman à la volée ?

Tout simplement car une envolée sur gazon est sans conséquence pour l’intégrité physique du joueur. Essayez d’effectuer une volée en mode Superman sur dur ou même terre battue, et vous verrez les dégâts ! Jo-Wilfried Tsonga nous a régalés ces dernières années avec quelques plongeons spectaculaires sur le gazon londonien (sauf cette année). Le leader du tennis français a fait revivre un coup dont rafolait par Boris Becker. Mais il n'est bien sûr pas le seul, Sergiy Stakhovsky par exemple, n'a pas hésité à se jeter au sol pour faire chuter Roger Federer au deuxième tour... En tout cas, ce coup n'est vu nulle part ailleurs. C’est aussi pour ça que le gazon est une surface si particulière. The show must go on !

10/ Pourquoi les "crapauds", joueurs infatigables du fond de court, sont-ils de plus en plus performants sur gazon ?

Si les marathoniens des courts, notamment les Espagnols, sont devenus plus performants sur gazon, c’est parce que le gazon a été ralenti depuis le début des années 2000. Le rebond y est plus haut et les balles fusent moins vite à l’impact avec le sol, à cause (ou grâce) à un gazon plus dense et une herbe plus longue. La composition du gazon a changé en 2001, passant de 70 à 100 % d’ivraie. La particularité de l’ivraie est de pousser de manière plus verticale. Conséquence : la balle est alors davantage retenue par l’herbe lorsqu’elle rebondit, impliquant un ralentissement de la balle. Les joueurs de fond de court ont plus de temps pour poser leur jeu. Même Federer qui, à une époque enchaînait encore service-volée, notamment lors de sa prestigieuse victoire face à Sampras en 2001, monte désormais au filet en deux ou trois temps.

Si la surface a été ralentie, c’est parce qu’à l’heure où le sport est un spectacle, il fallait des échanges afin que même les non-initiés prennent du plaisir à regarder le match. L’objectif était d’éviter des matches où un serveur pouvait enchaîner ace sur ace, à l’image de Goran Ivanisevic, vainqueur en  2001. Mission accomplie pour les organisateurs : l’année suivante, en 2002, la première finale "jouée du fond de court" a eu lieu, entre Lleyton Hewitt et David Nalbandian. Voilà pourquoi, à l’époque actuelle, le gazon au niveau du filet est tellement propre que l’on pourrait y pique-niquer.

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