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Federer : "J'étais juste un gamin normal de Bâle"

Federer : "J'étais juste un gamin normal de Bâle"

Le 16/07/2017 à 23:43Mis à jour Le 17/07/2017 à 12:36

WIMBLEDON - Roger Federer n’a pas seulement savouré son huitième sacre à Wimbledon, dimanche. Le Suisse s’est aussi retourné sur sa trajectoire et a rappelé qu’il ne s’était jamais imaginé aussi haut dans la légende. L’ancien numéro 1 mondial a tracé sa route vers les sommets grâce à son talent, évidemment. Mais aussi et surtout grâce au travail.

C'est lorsqu'on se rapproche du bout de la route que l'on mesure le mieux le chemin parcouru. Avec le recul et la lucidité indispensables à ce qui ressemble à un exercice introspectif. Rassurez-vous : Roger Federer n'en a pas fini avec le tennis, ce qu'il a rappelé à l'assistance dimanche au terme d'une journée qui l'a hissé un peu plus haut au Panthéon du jeu. S'il n'est pas sûr de jouer jusqu’à ses 40 ans, comme le lui a demandé un journaliste, il s'imagine défendre son titre en 2018. A moins que… "Je me vois complètement jouer ici l'année prochaine, a-t-il assuré. Mais parce que c'est loin et en raison de ce qu'il s'est passé l'année dernière, je veux juste faire comprendre aux gens que j'espère revenir. Mais il n'y a aucune garantie, surtout à 35-36 ans."

Des garanties, Roger Federer n’a jamais eu l’impression d’en avoir. Pas plus aujourd'hui qu'hier. Dimanche, le Suisse n'a pas oublié de rappeler que, de ses premiers coups de raquette à l'accomplissement de ce 16 juillet 2017 qui l'a vu devenir l'homme le plus titré sur le gazon de Wimbledon, rien n'avait été écrit d’avance. Et surtout pas par lui. "Je n'ai jamais pensé que je connaîtrais autant de succès ici", a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait s'il avait pensé dépasser Pete Sampras le jour où il l'a éliminé sur le Centre Court, en 2001. Ce à quoi il a ajouté : "A mon avis, gagner huit fois n'est pas quelque chose que vous pouvez viser." A moins d'être un robot formaté. Ce qu'il n'a jamais été.

Vidéo - Federer et Wimbledon 2017, des chiffres à donner le tournis

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" J’ai travaillé dur "

"Si vous le faites, c'est que vous êtes tellement talentueux que votre famille et vos entraîneurs vous poussent depuis vos 3 ans. Et qu'ils vous voient comme un projet", analyse-t-il. Tout le contraire de ce que fut Federer : "Je n'étais pas ce type d'enfant. J'étais juste un gamin normal qui a grandi à Bâle, rêvant de faire carrière dans le tennis." Un gamin "facile" sur le terrain et dont le talent transpirait par tous les pores de sa peau.

Son premier fait d'armes à Wimbledon, le Suisse l'a réussi en 1998. Quand Pete Sampras décrochait son 5e titre, lui triomphait chez les juniors. Dix-neuf ans plus tard, Roger Federer - et sa coupe de jeune premier - a tenu à rappeler que ce qu'il a accompli, il l'a aussi réussi à la sueur de son front. Pas seulement grâce à un talent incommensurable. "J'ai rêvé d'y parvenir, j'ai travaillé dur et cela a payé", a-t-il expliqué après son sacre face à Marin Cilic.

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" Je n'ai pas de problème avec l'entraînement et les voyages"

Tim Henman, interrogé par la BBC, a confirmé les dires de l'homme le plus titré en Grand Chelem (19 titres). "Avec Federer, tout semble si facile, la technique, etc. Du coup, les gens prennent pour acquis ce qu'il fait et ne voient pas l'entraînement. Il est méticuleux et à 35 ans, il sait ce qu'il doit faire." Comme s'arrêter pour souffler. Ce qu'il a fait avec réussite à deux reprises lors des douze derniers mois.

"Je l'ai vu dans le vestiaire faire tous ces exercices pour le bas de son dos, qui l'a enquiquiné, renchérit le quadruple demi-finaliste des Internationaux de Grande-Bretagne. Je pense qu'il aime ce qu'il fait, ce n'est pas un travail mais un hobby. S'il continue ainsi, il n'y a pas de raison pour qu'il ne puisse plus jouer". Qu’en pense le principal intéressé ? "J'aime jouer, j'ai une équipe fantastique et une femme qui me soutient, elle est extraordinaire. Je n'ai pas de problème avec l'entraînement et les voyages. Et comme je joue moins, j'ai parfois l'impression de faire du mi-temps, ce qui est plutôt sympa." Le gamin normal de Bâle n’a pas encore écrit la fin. Et c’est tant mieux.

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