Eole à toute vitesse

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Les régates de mardi ont toutes été annulées en raison du vent qui soufflait au delà de la limite autorisée (23 noeuds), à Valence.

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Crédit: Eurosport

A 16h10 le Comité de course annulait la journée, en raison du vent trop violent qui sévissait sur le plan d'eau de Valence. Le sort s'acharne sur la Coupe Louis Vuitton, qui a déjà dû s'adpater tant bien que mal à la faiblesse chronique du vent provoquant 6 journées de report lors de la première phase de poule.
La journée s'annonçait pourtant belle, il faisait beau à Valence et le vent soufflait comme jamais sur le théâtre des exploits. Soleil (22 degrés), vent, du spectacle en perspective avec notamment un match très important entre Areva Challenge et le Desafio Espanol. Pourtant le Comité de course prononçait un premier report, à cause du vent qui soufflait au-delà de la limite autorisée de 23 noeuds. Le jury prenait bien soin de recueillir les avis des différents syndicats, qui comme BMW Oracle, ne souhaitaient pas régater dans ces conditions dangereuses pour les marins et leur machine.
Le vent d'Ouest est monté violemment, avec des pointes à 28 noeuds sur le rond nord. Le rond sud n'était pas en reste et c'est logiquement que l'instance décisionnaire décidait d'annuler la journée. Le Flight 3 sera donc couru demain, un chamboulement du calendrier initial est à prévoir. Pendant ce temps, le defender Alinghi continue son entraînement, en attendant de connaître son challenger officiel...qui sera sans doute bien fatigué par tous ces reports.
LES DECLARATIONS DES BLEUS
Thierry Douillard, Régleur de génois :
« La prévision météo donnait 18-22 nœuds avec rafales mais on s'aperçoit que comme au mois de mars, nous avons eu plus avec jusqu'à 22-25 nœuds et des rafales à 35 nœuds ! Là, ça ne le fait pas… C'est un problème de ne pas pouvoir naviguer en dessous de sept nœuds et au-dessus de 23 nœuds. Le prochain Defender devra réfléchir à imaginer des bateaux qui peuvent courir dans presque toutes les conditions. A bord, c'est frustrant, mais avec ce vent, c'est un peu rouler dans une Formule 1 sur une étape du Paris-Dakar… Cela devient dangereux pour le bateau, mais surtout pour les hommes car les efforts deviennent considérables ! »
Dimitri Nicolopoulos, Coordinateur du Design Team :
« La fourchette de vent pour courir va de 7 à 23 nœuds. Comme on le sait en concevant ces Class America, tous les teams cherchent à limiter le poids au maximum en réduisant le coefficient de sécurité. Les bateaux ne sont donc pas « trop » solides et au-delà de cette force de vent, on casse beaucoup… On a déjà vu des tangons se casser, les Américains avoir de sérieux problèmes avec leur étai creux, des spinnakers se déchirer. Dans la brise, les bômes peuvent facilement se rompre à l'abattée. Après, il peut y avoir des délaminages de cloisons, des soucis au niveau de l'attache de quille ! Il n'y a sciemment pas beaucoup de marge. C'est le jeu de l'America's Cup : il faut que le cadre de la compétition soit précis pour que les équipages s'expriment et fassent la différence. »
Thierry Peponnet, Coach:
« Le vent commence à être un peu plus soutenu que lors du premier Round Robin ! C'est bien, parce qu'il y a plus de situations de contact : AREVA Challenge a mis la prise de risque assez haute et il faut peut-être diminuer le niveau d'agressivité. On a gagné contre les Espagnols lors du Round Robin 1, mais il faut se rappeler qu'ils avaient cassé leur tangon suite à une attaque de FRA 93. Il faut continuer sur la lancée des bons départs qui ont été réalisés lundi et tenter de partir sur la droite pour tenir la position au vent après le coup de canon. Cela permet de contrôler l'adversaire plus facilement. Souvenons-nous aussi que Desafío Español 2007 est le seul à avoir battu les Américains lors du premier tour ! Ils peuvent être excellents mais ils ont aussi des baisses de régime... A nous d'en profiter. »
Bernard Nivelt, Architecte :
« Pour l'instant, on a du mal à tirer des enseignements précis car les bateaux sont très proches en performance : c'est le succès de cette jauge que j'ai beaucoup décrié parce qu'elle est très contraignante. Mais au niveau des combats sur l'eau, c'est incroyablement intéressant… et stressant vu de terre ! Les avaries risquent d'être plus nombreuses dans des conditions animées. »
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