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7e jour : déclarations
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Publié 07/11/2010 à 02:21 GMT+1
Voici ce qu'ont dit quelques uns des protagonistes de la 9e Route du Rhum du samedi 6 novembre à 13h00 au dimanche 7 novembre à 13h00.
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Franck Cammas (Groupama 3, Ultime, leader samedi à 19h40) : "Le problème de l'arrivée c'est que la situation météo est très compliquée ; on essaie de se positionner mais ca va être tordu jusqu'au bout. Hier c'était compliqué je suis passé sous une ligne de grains, ca a duré une bonne partie de la journée. En sortant j'ai empanné et ré-empanné en plein milieu de la nuit alors que le temps était encore instable entre 23 et 30 nœuds. Là, le ciel s'est dégagé, j'ai 30 nœuds régulièrement.
Ma table à carte est au niveau du pont sous ma casquette, je vais rarement à l'intérieur. En même temps je ne suis pas loin du pont. J'ai un empannage à venir, le vent va commencer à faiblir je vais envoyer de la toile, j'espère que ça va être plus cool parce que c'est quand même tendu avec une mer bien creuse. A partir du milieu de nuit, il va falloir faire du réglage mais les conditions vont être plus calmes. J'étais bien fatigué hier, j'ai passé pas mal de temps dans les grains à la barre pour stabiliser le bateau mais cette nuit je me suis reposé. J'attends la fin de la journée, ce sera plus cool, pour bien se concentrer sur l'empannage.
Francis [Joyon] a fait un retour direct qui lui permet de faire de la vitesse, mais on va tous très vite, après ça dépend du nombre de manœuvres qu'on fait. Ici la mer est forte, pour les manœuvres il faut choisir un moment où le vent n'est pas trop violent car c'est comme ça qu'on ne casse pas le matériel. Normalement ça passe mais il faut vraiment bien choisir sa vague et garder beaucoup de vitesse pour que ça fonctionne. La préparation de l'empannage dure quelques minutes. Je ne suis pas sous gennaker donc c'est plus simple."
Thomas Coville (Sodebo, Ultime, 2e samedi à 19h40) : "Les dernières 24 heures sont plutôt compliquées, on rentre dans un système où il y a des grains, on doit raconter ça à chaque vacation, mais je viens de prendre une rafale avec 43 nœuds de vent, et dans ce cas le bateau parait tout petit ! J'ai fait des pointes à 40 nœuds donc faut pas faire d'erreurs, tu sens bien que tu as la pression, et il faut bien un pilote pour prendre le relai, préparer le bateau pour ne pas se mettre trop en vrac. Dans la course, chacun va essayer de faire au mieux, on s'est positionné en fonction de ce qu'on veut avoir. Le vent d'est va arriver, ca va être assez cocasse ! Comme quoi ce n'est jamais fini. On peut casser du matériel ce qui peut être rédhibitoire, donc on reste bien calé ! Hier j'ai forcé la dose en étant très toilé, jusqu'en milieu de la nuit et là je suis plus raisonnable avec un bon dosage, je suis confiant. Hier je n'ai pratiquement pas dormi ; j'ai volé des 1/4 d'heures par ci par là, ce matin j'ai dormi une heure. Quand le bateau va si vite, que c'est instable tu n'as pas la même sérénité pour t'endormir, il faut faire confiance au pilote avec un bon réglage. Sinon je dors 2h à 2h30 par jour, par plus !
Parfois, je m'allonge et ça me repose déjà, ce sont pleins de petits bouts qui permettent de récupérer, mais il faut l'avoir le reflexe de dormir. J'ai bien la carte postale de la Guadeloupe dans la tête, ça dépendra du timing mais il se peut que contrairement à toutes les autres années, on arrive avec du vent d'Ouest sur la Guadeloupe. Une arrivée comme ca c'est assez cocasse, on n'a jamais eu cette situation. Avec en plus l'ouragan au joli prénom de Tomas… avec toutes ces données mon routeur s'arrache les cheveux ! Jusqu'à la fin ça va être difficile à doser ! Tout est imprévisible, ca n'aide pas à être à l'aise, mais on verra bien".
Francis Joyon (IDEC, Ultim, 3e samedi à 19h40) : "J'arrive dans du vent assez perturbé avec des grains, et dans le ciel des nuages très gros et très noirs. Idec doit se faufiler pour aller vers la Guadeloupe ! On a fait un choix de se décaler par rapport à la route des concurrents et aborder au mieux les phénomènes qui vont perturber l'arrivée sur la Guadeloupe. Ce sont les derniers jours avec des tranches de sommeil très courtes et on est à fond sur le bateau pour le continuer à faire marcher vite. Le fait d'avoir des concurrents au contact réel, c'est encore plus stimulant pour faire marcher le bateau. On repousse ses limites, on reste à 100% tout le temps. Je peux mettre le pilote mais il faut être vraiment présent".
Roland Jourdain (Veolia Environnement, monocoques 60 pieds, leader samedi à 19h40) : "Ça va bien, il y du soleil et des nanas !! La journée est belle avec des magnifiques couleurs mais il y du boulot avec un vent très irrégulier et une mer chaotique donc on ne peut pas allumer comme on le souhaiterait. Les moyennes sont correctes. En équipage tu es obligé de toiler pour plus de vent et c'est l'inverse en solitaire, mais ça envoie du steak comme on dit chez nous, ce sont des bateaux qui avancent vite surtout quand on se tire la bourre, mais ce bateau ci particulièrement par rapport à mon ancien est humide. A ce stade de la course, le moindre accro te fait perdre beaucoup, les distances entre nous sont pas grandes. Je suis très déçu pour Kito, ou même quelque soit le concurrent, je connais trop ça ; quand tu vois l'énergie qu'on donne ... Encore une histoire de quille !»
Marc Guillemot (Safran, monocoques 60 pieds, 5e samedi à 19h40) : "A bord de Safran ca se passe bien, depuis hier ca marche plutôt bien, ca a bien allumé ca marche bien sous pilote je gère bien les rafales ca va entre 28 et 34 nœuds. Ca met du baume au cœur. Je suis déçu pour Kito, je viens de l'apprendre. Même si ce n'est pas gagné et loin d'être fait, je poursuis mon travail. Je pense avoir des vents entre 25 et 28 pour la journée qui vont s'orienter Nord Est, qui devrait m'imposer un empannage en après midi pour gagner dans le sud."
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou!, Multi 50, leader samedi à 19h40) : "Ça va bien ce midi ! Hier soir j'aurais dit que c'était plus chaud car ça n'avançait plus qu'à 2 ou 3 nœuds… Il a fallu que je tire des bords pour aller vers le front et retoucher un peu de vent. C'était un vrai gros bazar. Du coup, Yves est revenu à moins de 70 milles ! Autant dire que je le surveillais de près mais finalement ce matin, je me rends compte qu'il a eu les mêmes mésaventures et qu'il a "mangé" beaucoup plus que moi ! Je préfère être à ma place qu'à la sienne. Je n'aurais pas le même moral mais tant que la ligne n'est pas franchie, je me méfierai encore. On en a vu perdre pour moins que ça. Pour le moment mon objectif est de ne pas faire de gros "plantés". Ça a pas mal gazé ces dernières heures mais je ne voyais pas l'état de la mer, c'était un peu trop sport. Donc là je suis reparti un peu plus calmement. Il y a entre 22 et 27 nœuds de vent mais la mer est creuse avec 4 à 5 mètres de vagues. Donc ça peut vite déraper. J'ai donc décidé de me poser un peu, de manger en attendant les routages. Le retour de Lionel ? Je me préoccupe d'Yves surtout. Lionel est un peu loin je pense pour le moment. Il reste un tiers du parcours à faire, il faudrait vraiment que l'on soit empetolé pour qu'il revienne mais ça ne l'empêchera pas de ne rien lâcher".
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