Eurosport
Prime à la persévérance
Par
Publié 12/08/2006 à 09:35 GMT+2
Le Français Bouabdellah Tahri, 3e du 3000 m steeple des Championnats d'Europe à Göteborg, a remporté la "médaille de la persévérance", après sept années passées au pied du podium à collectionner les places d'honneur, vendredi à Göteborg. Le soutien de son
Eurosport
Crédit: Eurosport
"C'est la médaille de la persévérance, car j'ai disputé mes premiers Championnats d'Europe il y a huit ans", a déclaré le Messin, âgé de 27 ans. "J'ai été en finale de tous les Championnats du monde. Je n'ai jamais lâché le morceau. Je me sens apaisé, a-t-il ajouté. Je suis content, car j'ai plein de choses qui remontent, Paris (Mondiaux-2003), Munich (Euro-2002), les Jeux (d'Athènes 2004), mon manque d'ambition, mon manque de réussite."
Finaliste, Tahri l'avait en effet été régulièrement mais sans jamais remporter la moindre médaille individuelle, pas même aux Championnats d'Europe de cross, l'hiver dernier, où il s'était fait souffler le bronze par ce vieux grigou de Driss Maazouzi. Cette quatrième place s'ajoutait à celles déjà conquises à l'Euro-2002 et aux Mondiaux-2003. Il avait également goûté à la 5e place aux Mondiaux-2001, à la 7e aux jeux Olympiques 2004 et à la 8e aux Mondiaux-2005.
L'année dernière à Helsinki, le podium semblait lui tendre les bras dans une course à son rythme remportée par le Qatarien Saif Saeed Shaheen (8:13.31). Mais le détenteur du record de France (8:06.91) n'avait pas eu le finish nécessaire pour terminer dans le trio de tête.
"Piétiner la cassette de Munich"
Cet échec n'était pourtant pas celui qu'il avait le plus à coeur d'effacer. "Là, je vais prendre la cassette de Munich et la jeter par terre pour la piétiner, a avoué le Messin. Il y a quatre ans, je pleurais comme une madeleine sur le terrain d'échauffement. Pour mes troisièmes Championnats d'Europe, j'obtiens ma première médaille. J'ai enfin atteint ce qui m'était interdit depuis plusieurs années."
Un nouvel échec aurait sans doute été impossible à digérer. "Je me disais que si je n'avais pas eu de médaille, j'aurais arrêté les championnats, car je faisais un blocage, et je n'aurais fait que des meetings", a-t-il précisé. Mais, pour éviter de trop cogiter avant la course, Tahri a pu compter sur une aide précieuse, celle du désormais double champion d'Europe du 1500 m Mehdi Baala, son ami d'enfance et son partenaire d'entraînement depuis cet hiver.
"Il m'a beaucoup aidé jusqu'en chambre d'appel, a raconté le Messin. On a discuté. Il a essayé de me relâcher. Son apport a été primordial aujourd'hui." Tellement soulagé, Tahri ne regrettait qu'à peine d'être passé à côté d'une occasion en or de remporter le titre de champion d'Europe, revenu à l'inconnu finlandais Jukka Keskisalo qui a surpris tout le monde en accélérant à 200 m de la ligne.
"Le Finlandais n'était pas le plus rapide, mais le plus propre techniquement et le plus malin, a-t-il estimé. J'ai fait une grossière erreur aux 300 m. J'ai piétiné car je regardais déjà la dernière barrière. C'est là que je perds l'or. Il y a quatre ans, je voulais tellement l'or que je ne me souciais pas du reste. Là, l'or était bon à prendre mais aussi tous les autres métaux."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité