Djhone : "Je suis frustré"

Sale journée pour les Français. Alors que Leslie Djhone tenait certainement la forme de sa vie qui lui aurait permis de monter sur le podium du 400 m, un claquage est venu contrarier ses plans dès les premiers vingt mètres de course.

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Crédit: Eurosport

LESLIE DJHONE, on vous vu comme boîter pendant la course. Que s'est-il passé ?
L.D. : J'ai voulu pousser dans les blocks pour bien me lancer. Mais j'ai entendu un gros crac à la jambe droite dès les premiers vingt mètres. C'était un claquage. A aucun moment, je ne parviens donc à placer ma course. Je me mets en pilotage automatique et je serre les dents. Je fais une course où je ne mets pas une jambe devant l'autre et puis basta !
Dans ces conditions, comment avez-vous fait pour aller jusqu'au bout ?
L.D. On n'abandonne pas dans une finale olympique. Tout simplement. Je me serais mal vu d'arrêter. J'ai de la chance. Ce n'est pas tous les jours qu'on dispute une finale olympique. Il y a des personnes qui sont restées à la maison parce qu'elles se sont blessées. Moi, si j'avais dû stopper net pour une petite douleur aux ischios, ça n'aurait pas été respectueux. Je me suis donc interdis de m'arrêter même si j'avais mal.
Cinquième d'une finale olympique en courant sur une jambe, ça doit être très difficile à digérer...
L.D. C'est pour ça que je sors frustré de cette finale, surtout quand je vois les chronos des deux premiers. Je sais que je pouvais faire mieux. Même en étant claqué, je fais 45''11. Pffff.... J'avais bien construit ma saison. Je me sentais bien aux tours précédents. Je gagne ma série, puis ma demi-finale. J'avais vraiment bien préparé cette finale. Et je n'avais plus qu'à mettre la cerise sur la gâteau... sauf que le gâteau a explosé en route !
Aviez-vous ressenti quelque chose auparavant ?
L.D. Après les demi-finales, j'avais un peu mal aux ischios-jambiers. J'ai fait une échographie qui n'a rien donné. Ca ne m'a pas inquiété plus que ça. Je me suis d'ailleurs échauffé sans douleur ni appréhension. A aucun moment, je n'imaginais me blesser en finale.
Quelle tactique aviez-vous décidé d'adopter ?
L.D. Je devais donner le tout pour le tout. Accrocher le bon wagon et ne pas décrocher jusqu'aux 150 mètres. Serrer les dents. Ne pas avoir de regrets. Il fallait tout faire pour être sur le podium. Mais quand ça pète d'entrée... C'est clair que je pars avec énormément de frustration.
Un dernier mot sur le vainqueur, Lashawn Merritt, qui bat Jeremy Wariner...
L.D. On le sentait venir. Il était serein, Wariner beaucoup moins. Il s'était déjà fait battre aux sélections US. Ce qui prouve que personne n'est invincible. Hier, c'était Wariner. Aujourd'hui, c'est Merritt. Demain, ce sera peut-être Bolt.
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