Quel bilan tirez-vous de cette année, entre blessures et titre mondial ?
Kevin Mayer. : "Ça a été une année très difficile, j'ai galéré avec mes tendons d'Achille, je n'ai pas couru pendant trois mois. Il y avait peu de confiance avant la compétition, beaucoup d'appréhension. J'ai su la gérer, mettre à profit mon expérience pour aller chercher ce titre de champion du monde. Pour être honnête, je n'aurais pas misé sur moi, sur cette médaille-là à ce moment-là."
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Qu'est-ce qui vous motive encore à continuer ce sport si difficile ?
K.M. : "C'est par sa difficulté que je m'épanouis. A chaque fois, je me demande pendant un décathlon : 'Pourquoi je fais ça ?'. Mais je crois que ce que j'adore dans le décathlon, c'est cette possibilité de progresser sans arrêt dans dix disciplines, c'est tellement riche."
Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?
K.M. : "Aucun Français n'a été trois fois champion du monde (en athlétisme). Ça serait quelque chose d'énorme. Mais j'ai surtout envie de profiter de mon titre et de ne pas trop penser au reste. A chaque fois, on me parle de Paris 2024, bien sûr que c'est le plus gros objectif de ma carrière, bien sûr que ça sera un moment incroyable. Mais, même dans ce moment-là, je n'ai pas envie de penser à la médaille d'or. J'ai surtout envie de penser au moment où tu rentres dans le stade, avec je ne sais pas combien de Français qui crient votre nom."
Je vis le décathlon beaucoup plus mal que les autres décathloniens, je le sais
Il y a quatre ans, vous aviez battu le record du monde à Talence. Quel souvenir en gardez-vous ?
K.M. : "Plus le temps passe, plus je me rends compte que c'était quelque chose d'exceptionnel et que ça va être difficile de le réitérer. Je me rends compte qu'il y avait beaucoup d'étoiles alignées ce jour-là, que tout s'était bien passé, et que le décathlon ce n'est pas ça (rires)".
Ce sont les montagnes russes émotionnelles qui vous attirent dans le décathlon ?
K.M. : "Je ne suis pas fait pour le décathlon d'un point de vue émotionnel. Je suis un hypersensible, et je me rends compte qu'il y en a très peu en décathlon, et qu'ils arrêtent très vite. Ashton Eaton était comme moi, il a arrêté à 28 ans. Je vis le décathlon beaucoup plus mal que les autres décathloniens, je le sais. Mais c'est ce qui me permet de faire des performances, de me transcender comme personne. Je ne dirais pas que c'est ce que j'aime, mais que c'est nécessaire pour en arriver au niveau où je suis. Après le poids à Eugene, j'ai eu trois heures de dépression totale. Je ne savais plus ce que je faisais là, je ne savais plus pourquoi je faisais du décathlon. Je n'ai jamais eu cet état-là, d'habitude ça dure dix minutes, mais pendant trois heures j'avais envie d'arrêter le décathlon, ma carrière. Mais je me connais tellement, je laisse passer, je laisse aller. Je vais parler aux autres décathloniens, c'est là que l'ambiance du décathlon est très importante aussi."
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