Bob Beamon

Mexico 1968
Saut en longueur - Finale
Ancien record : 8,35m
Nouveau record : 8,90m
Un adjectif a été inventé pour lui. Beamonesque. Parce que la claque du XXe siècle, c'est lui qui l'a donnée. Le 18 octobre 1968, le jeune New Yorkais s'est envolé dans le ciel de Mexico pour réussir un bond dans le temps inimaginable. Avant qu'il ne retombe à 8,90 mètres et mette 55 centimètres dans la vue à l'ancienne marque de référence, co-détenue par Ralph Boston et Igor Ter-Ovanessian, personne ne pouvait imaginer ça. Personne n'était prêt. Surtout pas les juges arbitres qui, malgré l'entrée de plain-pied des JO dans la modernité, n'avaient pas les outils pour mesurer le saut de Beamon.
Herculis
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08/07/2021 À 15:17
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Quand il s'est élancé, pour la première de ses dix-neuf foulées et le premier saut de son concours, Beamon avait en tête de réussir son entrée en lice. Pas de tuer le concours ni la discipline. Et puis, il s'est envolé. Il est retombé (pas si bien que ça, soit dit en passant). Son talent, les conditions atmosphériques et l'altitude ont fait le reste. 8,90 mètres.
De longues minutes et un ruban déroulé plus tard, Bob Beamon entre dans la légende. Le Soviétique Ter-Ovanessian, homme de peu de mots, trouvera les bons pour qualifier ce dont il a été témoin ce jour-là dans la capitale mexicaine : "Comparé à ce saut, on a l'air d'enfants".

Viktor Saneyev

Mexico 1968
Triple saut - Finale
Ancien record : 17,03m
Nouveau record : 17,39m
Éclipsé par le saut phénoménal de Bob Beamon à la longueur, le concours du triple saut des Jeux de Mexico reste pourtant un des plus grands moments de l'histoire de l'athlétisme aux Jeux Olympiques. Le record du monde est alors détenu depuis plus de huit ans par le Polonais Jozef Schmidt, premier homme à dépasser les 17 mètres, avec 17,03m. En demi-finales, à Mexico, Giuseppe Gentile bat le record en retombant à 17,10m. Sympathique apéritif avant l'orgie du lendemain.
En finale, le record du monde va tomber à quatre reprises en quelques minutes. Trois hommes vont le battre : Giuseppe Gentile, 17,22m. Viktor Saneyev, 17,23m. Nelson Prudencio, 17,27m. Puis Saneyev met fin au débat avec un triple bond à 17,39m. En 24 heures, le record vient donc de prendre 36 centimètres, soit davantage que lors des dix dernières années. Saneyev est considéré comme un des plus grands triple sauteurs de l'histoire. Gentile, avec sa gueule d'acteur, tape dans l'œil de Pier Paolo Pasolini, qui le fera jouer dans son film, Médée, dès l'année suivante.

Irena Szewinska

Montréal 1976
400m - Finale
Ancien record : 49"75
Nouveau record : 49"29
L'année 1976 a marqué un avant et un après pour le 400 mètres dames. Lorsque débute la saison, le record appartient depuis un an et demi à la Finlandaise Riita Salin en 50"14. La barrière des 50 secondes n'a pas été brisée. Elle va exploser. Plutôt trois fois qu'une. Au mois de mai, Christina Brehmer est la première à descendre sous cette frontière mythique, en 49"77. Son record ne va tenir que cinq semaines. Irena Szewinska passe par là : 49"75.
Mais lors des Jeux de Montréal, la Polonaise va frapper encore plus fort. Lors de la finale, elle s'impose en 49"29, améliorant de 46 centièmes sa propre marque. Légende dans son pays, Irena Szewinska signe là le plus grand fait d'armes d'une carrière qui compte sept médailles olympiques, et des records du monde sur 100, 200 et 400 mètres, un fait unique dans l'histoire.
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Florence Griffith-Joyner

Séoul 1988
200m - Finale
Ancien record : 21"71
Nouveau record : 21"34
29 septembre 1988. Florence Griffith-Joyner, déjà victorieuse sur 100 mètres, va sidérer la planète sur le demi-tour de piste. Deux courses. Deux heures. Deux records du monde. Sur les coups de 15 heures, l'Américaine efface des tablettes les Allemandes de l'Est Marita Koch et Heike Dreschler, qui co-détenaient le record en 21"71. Flo Jo boucle sa demi-finale en 21"56.
On croit avoir vu l'essentiel du spectacle, mais ce n'était que la première partie. Lors de la finale, Griffith-Joyner est accrochée jusqu'à l'entrée de la ligne droite. Puis là, elle déroule avec une aisance incroyable. Une accélération progressive qui l'isole de la concurrence. Le chrono affiche 21"33. Il sera corrigé à 21"34. En deux courses, elle vient de mettre près de quatre dixièmes aux wundermadchen.
Derrière, la Jamaïcaine Grace Jackson prend l'argent en… 21"72. Un an plus tard, en pleine gloire, Florence Griffith-Joyner quitte la scène. En 1998, elle meurt à 38 ans après une crise d'épilepsie. Ses records de l'année 1988 restent entourés d'un parfum sulfureux. Depuis plus de trente ans, ils tiennent toujours, qu'il s'agisse du 100 ou du 200m.

Kevin Young

Barcelone 1992
400m haies - Finale
Ancien record : 47"02
Nouveau record : 46"78
Depuis mardi, il n'est plus "que" le 4e meilleur performeur de l'histoire. Mais Kevin Young, lui, aussi a connu son moment d'éternité aux Jeux Olympiques. En 1992, à Barcelone, l'araignée s'est offert un record de légende en devenant le premier homme à descendre sous les 47 secondes. L'ancienne marque de référence appartenait à Edwin Moses, qui avait réussi 47"02 en 1983. Le quatrième et dernier de ses records du monde.
Young, quatrième à Séoul, s'était juré de ne pas connaître la même mésaventure à Barcelone à l'été 1992. Il a travaillé pour et a signé un chrono qui est allé au-delà de toutes ses plus folles espérances en bouclant le tour de piste en 46"78. Le record a tenu… 29 ans. Jusqu'à un certain Warholm, qui l'a effacé deux fois cet été. A Oslo en 46"70. A Tokyo en 45"94.

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Michael Johnson

Atlanta 1996
200 mètres - Finale
Ancien record : 19"66
Nouveau record : 19"32
Avec le temps, on a presque oublié que Michael Johnson s'est auto-effacé des tablettes ce jour-là. Parce que le mythique record de Pietro Mennea, derrière lequel Carl Lewis avait éperdument couru durant toute sa carrière, était tombé lors des Trials d'Atlanta. 19''66. Mais le meilleur était à venir. En mission et star annoncée des Jeux, l'Américain allait sauver le sprint US d'une méchante déconvenue en réussissant le premier doublé 200 – 400 de l'histoire des Jeux.
Il allait faire mieux. En finale, opposé à Frankie Fredericks, MJ a décidé d'y aller à fond. Et de ne s'autoriser aucune facétie finale ou tout relâchement. Quand les roues de la Loco de Waco se sont mises en branle, le tartan a fondu sous la foulée mécanique du Texan. Chaîne en or qui brille, regard fixe, il s'est envolé et, buste raide comme la justice, s'est inscrit dans la légende. 19"32, record méchamment raboté. Que Mennea a paru loin ce soir-là.
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