"Si on ne fait pas de médailles, on sera déçus" : Le "bad" tricolore rêve en grand avant les Mondiaux de New Delhi

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Ces derniers mois, le badminton français est en grande forme. Entre Christo Popov, Alex Lanier et Toma Junior Popov mais aussi le double mixte avec Thom Gicquel et Delphine Delrue, les Bleus écrivent l'histoire de leur discipline dans l'Hexagone. Avant les Championnats du monde, Cyrille Gombrowicz, le DTN de la fédération française, fait le point.

Toma Junior Popov en Chine

Crédit: Getty Images

Les World Tour Finals, les Championnats d'Europe, le Super 750 au Japon pour Christo Popov, l'Open de Singapour pour Alex Lanier, la finale d'un Super 1000 (une première pour un Français) pour Toma Junior Popov : les Bleus, vice-champions du monde par équipes également en mai après avoir été champions d'Europe en février, enchaînent les exploits depuis décembre.
Que retenez-vous de cette année détonnante alors que les Français arrivent ambitieux aux Championnats du monde de badminton, du 17 au 23 août en Inde ?
C. G. : En double mixte et en simple hommes, nous possédons désormais des représentants qui confirment et sont capables de gagner les plus grands tournois ou d'aller dans le dernier carré. Chez les hommes, on a notamment trois joueurs qui se sont maintenus dans le top 15 mondial, et ont été très loin dans les plus grands tournois du monde. Il y a eu le succès à Singapour d'Alex (ndlr : Lanier), la fantastique victoire de Christo (ndlr : Popov) aux World Tour Finals avant de le voir récidiver en gagnant le dernier tournoi 750 au Japon et puis 'Tommy' (ndlr : Toma Junior Popov) qui a atteint la finale en Chine.
Il a montré qu'il fallait toujours compter avec lui. C'est un formidable combattant qui est capable d'aller très loin dans les tournois. On a fait un magnifique Championnat d'Europe en simple hommes avec trois Français sur le podium. C'était assez exceptionnel. Le mixte est aussi un fort candidat puisqu'ils ont fait la finale du All England et qu’ils ont signé des demi-finales sur les deux dernières tournées asiatiques. Pour moi, le bilan est positif sur nos 'top joueurs'. On montre qu'on est une nation qui progresse et sur laquelle il faut compter.
Quelle est la prouesse qui vous a le plus surpris ?
C. G. : C'est la performance de notre double hommes Éloi Adam et Léo Rossi lorsqu'ils ont battu les Indonésiens et qu’ils nous ont permis de sortir des poules (ndlr : à la Thomas Cup, nom donné aux Mondiaux masculins par équipes). On avait raté notre entame de compétition contre la Thaïlande. Après, on était dans une bonne configuration puisque les simples avaient bien joué, mais il fallait gagner absolument ce double hommes pour sortir de poule. Ils le savaient, et ils l'ont fait. Je pense que c'est la performance qui m'a le plus marqué.
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Alex Lanier

Crédit: Imago

Est-ce le symbole de l'émulation présente dans ce groupe France depuis quelques années maintenant ?
C. G. : Je dirais que c'était surtout une émulation d'une compétition par équipe. D'ailleurs, je rends hommage à mon directeur de la performance, Thierry Soler. C'est lui qui a managé l'équipe. Il a su trouver les mots et faire parler les joueurs qu'il fallait. Toma Junior a été ainsi un très bon capitaine d'équipe, qui a su remobiliser les troupes pour aller chercher cette médaille d'argent. A mes yeux, c'est une performance hors normes.
Le regard des autres nations a-t-il un peu changé dans le monde du badminton ?
C. G. : Oui, mais je pense que c'était déjà le cas en Europe depuis presque 10 ans. On voyait que la France avait progressé. Avec notre titre de championne d'Europe et vice-championne du monde par équipes chez les hommes, il y a un regard différent. Je pense que notre densité en simple hommes montre aussi qu'on est vu différemment. Cependant, nous ne sommes pas encore une grande nation du 'bad' pour moi parce qu'on manque de densité. Il faut travailler sur cette densité. Une grande nation du badminton, c'est une nation qui arrive à placer trois joueurs minimum ou trois paires dans au moins trois disciplines dans les plus grands tournois du monde. On est encore un peu en retard par rapport à ce que peut faire la Chine, l'Indonésie ou la Corée. On est derrière. Mais on y travaille parce qu'on a une ambition de faire en sorte que notre élite actuelle décroche les plus belles performances : médailles olympiques, médailles mondiales, champion du monde, champion olympique. On ne s'interdit rien. Mais on veut aussi faire en sorte qu'on ait une relève, une densité et que sur les disciplines où on est un peu derrière, on puisse continuer à progresser. C'est cela, un grand pays de "bad".
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Christo Popov et Toma Junior Popov en 2023

Crédit: Getty Images

Avec les résultats de cette année, quels sont les objectifs pour ces Championnats du monde ?
C. G. : Si on ne fait pas de médailles, on sera déçus. Pour moi, faire une médaille, ce serait bien. Et faire une médaille d'un meilleur métal que celle qu'on a décrochée aux Championnats du monde à Paris l'année passée (ndlr : bronze en double mixte avec Thom Gicquel et Delphine Delrue), ce serait un championnat du monde réussi. Après, le tirage au sort est ce qu'il est. Alex peut ainsi rencontrer Christo assez vite (ndlr : dès les huitièmes de finale). Mais ce n'est pas acté car il y a des clients tout de suite pour les deux. Il faudra être prêt dès le début du tournoi. Ils vont rencontrer des joueurs qui sont sur le circuit sur les plus grands tournois. Ce n'est pas toujours le cas aux Championnats du monde, comme il y a des représentants de chaque continent. D’habitude, on peut avoir des premiers tours un peu plus abordables. En revanche, tout le monde a envie de créer la surprise. Il y en a d’ailleurs eu une énorme l'année dernière avec Victor Lai à Paris (ndlr : le Canadien avait pris le bronze en simple). Il peut y en avoir d’autres aussi cette année.
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