Coupe du monde de basket I "Le graal ultime" : les Bleues, entre soif de revanche et grande ambition

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L'équipe de France féminine de basket et son contingent de joueuses de WNBA attaquent la Coupe du monde, vendredi à Berlin (21h00) contre la Hongrie, à court de préparation mais pleine d'ambition, deux ans après avoir fait trembler les invincibles américaines en finale olympique.

Gabby Williams avec l'équipe de France contre le Nigeria

Crédit: Getty Images

De l'eau a coulé sous les ponts de la Spree, la rivière qui traverse Berlin, depuis ce 11 août 2024, quand les Bleues, qui affronteront la Hongrie vendredi soir (21h) pour leur premier match à la Coupe du monde, ont été à quelques centimètres et un pied de Gabby Williams mordant la ligne des 3 points d Bercy de pousser les Etats-Unis en prolongation (66-67).
La France a d'une part été brutalement ramenée sur terre, au pied du podium de l'Euro 2025, en l'absence de plusieurs joueuses majeures (Gabby Williams, Marine Johannès, Dominique Malonga), qui ont préféré se concentrer sur leur avenir en WNBA.
Évolution importante depuis les JO d'autre part, le basket féminin a été bouleversé par la montée en puissance de la ligue nord-américaine, qui rogne ses calendriers et aspire ses meilleures joueuses, dont font partie les Françaises. Elles sont ainsi 8, sur les 12 retenues pour le Mondial, à évoluer en WNBA, en pleine expansion sportive, économique et financière.
Elles doivent apporter leur talent et leur expérience à l'équipe de France qui, revers de la médaille, n'a pu compter sur une vraie préparation collective : si les franchises NBA sont tenues, réglementairement, de libérer leurs joueurs 28 jours avant les compétitions internationales, un tel accord n'existe pas chez les femmes.

24 heures chrono

Les deux tiers de l'équipe sont donc arrivées directement des Etats-Unis à Berlin en ordre dispersé, la dernière (Malonga) ne retrouvant ses équipières que lundi soir, soit moins de quatre jours avant le coup de feu. Alors qu'elles avaient eu six semaines pour se préparer avant les JO, les Bleues ont "même pas 24 heures pour refaire équipe", selon Jean-Aimé Toupane.
Et au lieu des traditionnelles rencontres officielles de préparation, le sélectionneur a dû se contenter de trois matches d'entraînement à huis clos - dont la Fédération a refusé de communiquer les résultats. Dont un seul au complet, contre la Chine mardi.
En attendant 2030, et le déplacement du Mondial féminin à la fin de l'année une fois la saison WNBA terminée, l'équipe de France découvre les contraintes éprouvées depuis plusieurs années par les Américaines. Lesquelles ne les ont pas empêché de remporter les quatre derniers titres mondiaux.

La tête et les jambes

Privés de deux cadres, la meneuse Kelsey Plum et l'intérieure A'ja Wilson, considérée comme la meilleure joueuse du monde, les Etats-Unis justement sont dans un coin de la tête des Françaises, selon Romane Bernies.
"Après, il n'y a pas qu'elles", à commencer par la Belgique double championne d'Europe en titre, poursuit la meneuse française. "Il y a un long chemin avant (...) mais bien évidemment que le Graal ultime serait de prendre notre revanche des Jeux de Paris, face aux Américaines ou d'autres" ajoute-t-elle.
La faculté des partenaires de Gabby Williams, nouvelle capitaine, à décrocher leur deuxième médaille aux Mondiaux après celle de 1953 (3e) dépendra de leur tête, défaillante à l'Euro, et de leur capacité à retrouver une alchimie sur et en dehors du parquet en peu de temps.
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Gabby Williams émue sur le podium des Jeux Olympiques de Paris 2024

Crédit: Getty Images

La force du secteur intérieur, sans Iliana Rupert (maternité) et Alexia Chery (blessée), constitue par ailleurs un point d'interrogation, comme la capacité des joueuses de WNBA à enchaîner en fin de saison.
Mais "elles sont dans la continuité de leur championnat" tempère Toupane. Et aucune n'a manqué de temps de jeu, la plupart jouant même un rôle majeur dans leur franchise, alors que deux (Williams et Malonga) ont participé au dernier All Star Game.
Ce pedigree ne sera cependant d'aucun secours à l'heure de fouler le parquet. Pas plus que la médaille d'argent olympique décrochée il y a deux ans.
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