La révolution attendra

La médaille d'argent décrochée par les Bleus à l'Euro ne devrait pas transformer le basket en France. Les dirigeants de la FFBB souhaitent travailler sur le long terme, avec un objectif principal avoué : l'organisation de l'Euro 2015. "Cet Euro ne doit pas être un one-shot", espère Vincent Collet.

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Le timing semble idéal. Et pourtant, les têtes pensantes et dirigeantes du basket tricolore ne tombent pas dans une euphorie aveugle. Quoiqu'on en dise, la médaille d'argent, ramenée de Lituanie, ne devrait pas bouleverser la pratique du 3e sport collectif en France. Dans l'immédiat tout du moins. En revanche, celle-ci aura pour mérite de dégager l'horizon. Et d'ouvrir "une voie royale", selon le président de la fédération, Jean-Pierre Siutat. L'objectif compendieux de tout cela : capitaliser sur le long terme.
"Cette médaille arrive au meilleur moment, mais on ne peut pas s'enflammer. On veut avant tout donner une image linéaire d'une activité forte, fiable et qui a des résultats", confirme Jean-Pierre de Vincenzi, l'actuel directeur général de la FFBB. Contrairement à d'autres grosses nations (Russie, Lituanie ou encore Grèce), la France n'aura pas à passer par le fameux Tournoi de Qualification Olympique ; une compétition délicate à préparer et encore plus à jouer, trois semaines seulement avant la cérémonie d'ouverture au Stade olympique de Londres en juillet prochain. "On est qualifié directement pour Londres, un an avant les Jeux, c'est une très bonne chose". L'expérience a déjà été connue en 1999-2000. A Sydney, la bande de Laurent Sciarra et d'Antoine Rigaudeau était venue buter en finale sur d'intouchables Américains. Fort de ce rang de finaliste, le basket tricolore n'avait pas été capable de surfer sur la vague, le virage post-olympique n'ayant pas forcément été bien négocié. Les choses et les hommes ont changé depuis. Cette fois-ci, pas question de se tirer une balle dans le pied.
L'Euro 2015 en France ?
"L'image de l'équipe de France est porteuse d'espoirs olympiques pendant un an. Le basket français est sur une autre voie. Tout s'ouvre devant nous", explique "JPDV".  "Cela nous donne une certaine avance pour faire un travail de fond, de préparation des Jeux, au niveau sportif mais également pour trouver des partenariats". La FFBB, qui vise, comme l'Allemagne, l'Italie et la Croatie, l'organisation de l'Euro 2015, espère travailler dans la sérénité. Elle souhaite aussi ne pas être surprise par le phénomène si celui-ci prend de l'ampleur. A ce jour, avec environ 465 000 licenciés, le basket reste le deuxième sport collectif en France derrière le football. Cette hiérarchie ne sera pas remise en cause. "Cette médaille apporte de l'intérêt, de l'engouement. Dans la société actuelle, les gens s'intéressent à ce qui gagne, à ce qui brille", avoue Vincent Collet, le coach des Bleus. "Cette médaille aura peut-être un impact sur les jeunes qui ont envie de tâter la balle orange. Après, le problème c'est de savoir si les 4 500 clubs sont capables de les accueillir", nuance Siutat.
Le passé a déjà montré que le nombre de licenciés ne grimpait pas forcément après un résultat notoire. En 2003, année qui avait vu les Bleus rater la qualification pour les JO d'Athènes, une augmentation record de 3,5% s'était fait sentir. La raison ? Le premier titre NBA de Tony Parker avec les Spurs de San Antonio. Et rien d'autre. La révolution ne sera pas immédiate. De toute façon, les dirigeants de la fédération voient plus loin, sur plusieurs années. "Pour que cela perdure, il va falloir essayer d'avoir une rémanence du contact avec le public et les joueurs. Il ne faut pas que cette médaille d'argent soit un "one-shot", poursuit Collet. "A l'image des handballeurs, on doit faire perdurer tout ça. A mon sens, cela sera plus compliqué car notre sport est beaucoup plus concurrentiel".
Pour grandir, le basket a besoin de visibilité. "En France, la concurrence est sévère, avec le football notamment. Mais il ne faut pas se lamenter. Il faut juste travailler et continuer à obtenir ce type de résultats. A un moment donné, ça va payer", prévient Collet. Pour cela, les structures d'accueil doivent évoluer. "Le basket doit être vu dans des salles, comme celle de Kaunas, qui propose 17 000 places. Comme en NBA. C'est un élément qui fait que notre sport pourrait grandir, avec l'arrivée de nouveaux sponsors".In fine, le lock-out en NBA, s'il est maintenu, devrait donner plus de crédit au championnat de France. Le coach des Bleus l'appelle de ses voeux : "J'espère que le fait que Nicolas Batum rejoigne Nancy, que Boris Diaw va jouer à Bordeaux, puisse contribuer à créer le buzz et permettre au basket de sortir de l'ombre. C'est l'heure pour cela".
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