La révolution du CSKA

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Le CSKA Moscou a remporté le cinquième titre de son histoire en Euroligue en battant le Maccabi Tel-Aviv dimanche en finale (73-69). Les Moscovites ramènent enfin chez eux un titre qui se dérobait depuis 1971. De son côté, le Maccabi ne réalise pas un tri

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Crédit: Eurosport

La splendide Sazka Arena de Prague attendait l'avènement de l'empire du Maccabi Tel Aviv. Les huit mille Israéliens en jaune et en fièvre amassés dans la salle voulaient célébrer de belle manière un troisième sacre de suite de leurs protégés. Cette finale, apothéose des temps moderne tant ces deux formations ont dominé le basket continentale ces dernières années, était l'occasion rêvée pour marquer cette dynastie. Mais finalement, elle a célébré la renaissance du CSKA.
Face au talent du Maccabi, double tenant du titre, les Moscovites ont imposé leur caractère et leur tympo. Etorre Messina, double champion d'Europe en titre, a su trouver les clefs pour mettre à mal la splendide machine d'attaque qu'est le Maccabi. Comme toujours diront les connaisseurs. En effet, en treize rencontres coachées face à Tel Aviv, le stratège italien n'a jamais connu la défaite.
Messina au sommet
Après avoir vaincu la malédiction des demies, le CSKA Moscou ne pouvait pas s'arrêter en si chemin. Une fois le cap des demi-finales passé, où ils échouaient à chaque fois depuis trois ans, les Moscovites n'ont pas tergiversé pour leur première finale européenne depuis 1973. Grâce à une défense de fer, ils remportent leur cinquième titre européen. Le premier depuis trente-cinq ans. "Je suis sûr qu'Alexander Gomelsky (entraîneur historique) serait fier de ce qu'on a accompli ce soir, a déclaré Messina, très ému. Cela fait 36 ans qu'on n'a plus gagné et voilà qu'on bat le double champion."
Pourtant tout commence parfaitement pour le Maccabi, où on ne perd pas ses bonnes habitudes. Comme en demi-finale, les Israéliens partent pied au plancher. Très présent dans les premières secondes de la partie, Solomon Willie permet à son équipe de mener 7-0 après trois minutes de jeu. On pense alors que le scénario de la demi-finale contre Tau va se répéter pour les joueurs de Pini Gershon. Mais c'est sans compter sur la volonté du CSKA. Multipliant les changements de défense, les Russes reviennent peu à peu dans la partie. Emmenés par un Papaloukas des grands soirs, les Moscovites ont déjà fait leur retard à la fin du premier quart temps (18-18).
Dans ce match très défensif, le CSKA prend l'ascendant au fur et à mesure. Frustré, le Maccabi s'englue dans la défense des Russes et ne trouve désespérément pas de solution. Un chiffre résume parfaitement le désarroi des coéquipiers d'Anthony Parker, élu MVP de la saison un peu plus tôt. Avec 9 pertes de balles en première mi-temps contre 2 pour le CSKA, ils laissent leurs adversaires s'envoler (35-25, 18e). Autre point critique pour le Maccabi, la faillite de ses intérieurs, auteurs d'un terrible 1 sur 10 dans les deux premiers quarts. De son côté, Savrasenko, le pivot remplaçant russe, ne se fait pas prier et réalise la meilleure mi-temps de sa saison (8 pts).
Le Maccabi impuissant
A l'entame de la troisième période, le CSKA va continuer sur sa lancée. Vanterpool commence son show. L'ailier des Iles Vierges marque les neuf premiers points de son équipe lors des trois premières minutes et permet aux Moscovites de prendre neuf points d'avance (39-30, 24e). Les Russes défendent sur toutes les lignes de passes et n'offrent aucune seconde chance à leurs adversaires. Habitués au grand rendez-vous, les Israéliens ne vont pourtant rien lâcher. Retrouvant leur jeu offensif, ils enflamment le match durant quelques minutes pour revenir à 49-48 à la fin du dernier quart-temps.
Cette finale somptueuse, où chaque panier se mérite, a pourtant choisi son camp depuis longtemps. Moscou joue son basket. Alors que le Maccabi accumule les erreurs au retour sur le parquet, Theodoros Papaloukas et Matjaz Smodis marquent deux trois points et permettent aux Russes de faire le trou. Anthony Parker parfaitement muselé (10 pts), Tel Aviv tente un dernier coup. Mais Papaloukas (18 pts) et consorts ne craquent pas aux lancers francs et conservent leur avantage.
Les Russes ont magistralement étouffé la meilleure attaque d'Europe qui, ces dernières saisons, a souvent dépassé la barre des cent points mais est restée cantonnée à 69 unités dimanche. Si Moscou retrouve les sommets, le Maccabi ne rejoindra pas Riga (1958-1960) et Split (1989-1991), les seuls à avoir réussi un triplé, dans l'histoire. La fin d'une ère pour les Israéliens ?
CSKA MOSCOU - MACCABI TEL-AVIV 73-69 (18-18, 17-12, 14-18, 24-21)
CSKA Moscou: 26 paniers (dont 8 sur 24 à 3 pts) sur 57 tirs (46%) - 13 LF sur 21 tentés - 25 rebonds (Smodis 8) - 13 passes décisives (Papaloukas 7) - 4 contres - 16 interceptions - 7 balles perdues - 21 fautes personnelles
Marqueurs: Papaloukas (18), Smodis (12), Vanterpool (16), Holden (6), Savrasenko (10), Langdon (11)
Maccabi Tel-Aviv: 23 paniers (dont 11 sur 23 à 3 pts) sur 52 tirs (44%) - 12 LF sur 14 tentés - 38 rebonds (Baston 15) - 8 passes décisives - 6 contres - 6 interceptions - 20 balles perdues - 21 fautes personnelles - Joueur sorti: Burstein (38e)
Marqueurs: Baston (6), Sharp (3), Vujcic (4), Parker (10), Burstein (9), Solomon (20), Penney (3), Arnold (14)
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