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Le cadenas moscovite
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Publié 01/05/2006 à 11:45 GMT+2
Ettore Messina a réussi l'exploit d'amener le CSKA au sommet de l'Europe l'année où on s'y attendait le moins. Sorcier des temps modernes, le stratège italien à imposer son style à la formation moscovite et décoche le premier trophée du CSKA depuis 35 ans
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La patte Messina a encore frappé. Si Theodores Papaloukas, élu MVP de la finale, et Matjaz Smodis sont en haut de l'affiche, un homme apparait comme le grand artisan du succès du CSKA Moscou en finale de l'Euroligue. Ettore Messina a réussi à élever le club moscovite au sommet de l'Europe. Pourtant rien ne semblait laisser envisager un tel dénouement pour le club moscovite.
Arrivé en début de saison, le stratège italien a réussi là où tous ses prédécesseurs de renom (Dusan Ivkovic, Stanislas Eremin, Valery Tikhonenko) ont échoué. Il a su trouver les moyens pour amener son équipe au bout de la grande messe du basket continental l'année où on l'attendait le moins après une saison mouvementée. Traumatisée par un troisième Final Four manqué de suite, le CSKA ne semblait pas en mesure de se relever.
La "dream team 2005" a explosé
Petit retour arrière. L'année passée tout semblait réuni pour briller pour l'ancien club de "l'Armée rouge". Avec des stars à tous les postes, un bilan de 54 victoires en 55 matches et une finale à domicile, le titre européen, qui se dérobait depuis 1971, ne pouvait pas échapper au CSKA. Eliminé pour la troisième fois de suite en demies, la chute de Moscou fut pourtant énorme. Après cette Berezina, la "dream team 2005" de Dusan Ivkovic a explosé. Le coach parti comme ses meilleurs joueurs, Messina se retrouve à la tête d'une formation en pleine reconstruction.
Obligé de recomposer sa formation dans l'urgence, le stratège italien doit se casser la tête pour assembler toute son équipe. Avec six nationalités différentes, l'effectif moscovite ressemble à une multinationale. "Ça a vraiment été difficile ", se rappelle l'entraîneur. Fort de son expérience, Ettore Messina va construire son équipe à son image. Plus équilibrée que la formation 2005 d'Ivkovic, elle est également plus rigoureuse et plus solide avec notamment un Holden nettement plus posé à l'image de Papaloukas. La blessure de David Andersen, l'un des meilleurs pivot de la compétition (14.7 et 7.6 rbds sur 12 matches) viendra même renforcer le groupe mentalement. A la surprise générale. "C'est fini" avait alors glissé en privé Messina.
Malgré tous ces coups du sort, le CSKA se retrouve désormais avec un nouveau trophée dans sa galerie. La clef de ce succès ? L'équipe s'est mise à jouer le basket prêché par son entraîneur transalpin. Meilleure défense de la compétition, le CSKA est monté en régime tout au long de l'épreuve (67.9 pts encaissés en saison régulière contre 64.2 pts en Top 16). Avec cette assise solide, la formation moscovite contrôle également parfaitement le tempo de ces matches et ne perd que très peu de ballons. En clair: la recette Messina, qui avait déjà fait son succès avec le Kinder (champion en 1998 et finaliste en 1999 et 2002), et Treviso (finale 2003). "Nous avons dû assimiler la méthode du nouveau coach, comprendre sa philosophie, comprendre aussi notre rôle dans l'équipe", explique Matjaz Smodis.
Un chef d'oeuvre tactique en finale
Dimanche, le scénario s'est une nouvelle répété. Pour sa sixième finale personnelle en neuf saisons, Messina a joué un rôle prépondérant dans le succès de sa formation. En modifiant sans cesse ses schémas défensifs, l'Italien a enrayé la splendide machine d'attaque du Maccabi Tel Aviv, limitée à 69 points. Autre fait d'arme important, il a su trouver les clefs pour contrarier le jeu intérieur des Israéliens alors que tout le monde prévoyait une invasion jaune sous les panneaux. "La défense nous a permis de gagner, l'esprit d'équipe a fait le reste. On a su se trouver au bon moment", commente David Andersen en spectateur privilégié.
Habitué des Final Four, Messina savoure ce succès pleinement. Son cadenas moscovite a tenu de bout en bout. Preuve de son impact : il a décroché dimanche son 13e succès en 13 rencontres coachées contre le Maccabi. Une performance exceptionnelle qui en dit long sur ce sorcier du basket européen. "La saison a vraiment été très éprouvante, surtout avec la blessure d'Andersen. On n'a fait que lutter et survivre. Mais ça a également été une formidable aventure humaine, explique-t-il. Si chacun était resté dans son coin, on ne serait pas allé loin. Au lieu de ça, on a fait l'effort de se comprendre les uns les autres pour arriver à se surpasser." Une belle leçon à méditer.
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