BORIS DIAW, quel bilan tirez-vous de votre saison qui s'est terminée contre San Antonio en demi-finale de Conférence?
B.D. : C'est une bonne saison. Déjà sur la saison régulière, on a fait mieux que les années précédentes. En playoffs aussi, on a bien joué et on tombe face au futur champion contre qui ça n'est pas passé loin. Tous les matches ont été serrés, à part celui que nous avons gagné de 20 points (rires). Il nous a vraiment manqué pas grand-chose, juste un peu de maturité et de constance.
Sur le plan personnel, vous n'avez pas été épargné par les critiques cette année...
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B.D. : Je sais ce qu'on dit, mais moi j'estime avoir fait une bonne saison. J'ai juste mis moins de points et pour certaines personnes moins de points veut dire mauvaise saison. Pas pour moi. L'équipe a continué à marquer plus de 100 points par match, alors il ne faut pas +déconner+. Si j'avais mis 30 points, on aurait fini à quoi... 140 points? Ce n'est pas possible. Il faut savoir partager. Qui marque en fin de compte m'est égal. Je veux juste apporter à mon équipe.
Mais vous comprenez qu'on puisse dire que vous avez régressé par rapport à la saison précédente?
B.D. : Je comprends parce que les gens regardent les stats.
Qui seraient trompeuses?
B.D. : Juger un joueur en se basant uniquement sur les stats n'a pas de sens. Bon d'accord, si t'as quelqu'un qui marque 50 points, prend 17 rebonds et en plus 20 passes décisives, tu peux avoir une idée. Et encore, tu ne sais pas s'il a défendu (rires). Les stats sont surtout importantes au niveau collectif. Un exemple, la bataille du rebond. Peut-être je vais en prendre zéro mais je vais bloquer quinze fois mon mec et permettre à mes coéquipiers de prendre ces quinze rebonds. Ca suffit à mon bonheur. Je n'ai pas besoin de ramener ma feuille de stats en conférence de presse pour dire: "Regardez, j'ai pris quinze rebonds."
Ca vous dérange cette tyrannie des statistiques?
B.D. : Non parce que ça a toujours été comme ça. Il faut juste comprendre que les stats il faut les coupler avec ce qui se passe sur le terrain. Elles découlent des systèmes qui sont mis en place. On ne sort pas des passes décisives de derrière son chapeau. Si le meneur annonce un système dans lequel tu n'es pas censé la faire, eh ben, tu ne la feras pas. Et c'est pareil pour les shoots.
Est-ce que cela ne rend pas les critiques plus difficiles à digérer?
B.D. : Tu apprends à relativiser très vite. De toute façon, tu sais si t'as bien joué ou pas. Parfois tout le monde dit que tu as fait un bon match parce que tu as mis 20 points, alors que toi tu sais que non, parce que tu t'es fait passer trois fois en défense, que t'as oublié de bloquer un rebond important. Le plus important c'est de savoir s'autocritiquer.
Estimez-vous avoir progressé cette saison?
B.D. : Bien sûr. J'ai gagné en maturité et j'ai progressé dans tous les secteurs de jeu. Rien que le fait de jouer une centaine de matches, donc de vivre une centaine de nouvelles expériences, te fait progresser. A chaque match, on devient meilleur sur des petits détails.
Dans un mois vous retrouvez l'équipe de France. Que pensez-vous des choix du sélectionneur Claude Bergeaud de se priver de trois joueurs NBA?
B.D. : Des joueurs français en NBA, il y en aura bientôt quinze, alors on ne va pas pouvoir les prendre tous (rires). Si Claude n'a pas retenu ces trois-là ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas assez bons, mais parce qu'il essaye de construire une équipe complémentaire. Je pense qu'il veut éviter de tomber dans le même panneau que les Américains ces dernières années. On a vu que prendre les meilleurs n'est pas forcément la bonne piste pour gagner. L'équipe de France est arrivée à ce stade-là.
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