Malone touche au but

Karl Malone est un roi sans couronne, mais peut-être plus pour très longtemps. Le quadra va peut-être obtenir dès sa première saison chez les Lakers ce qu'il n'avait pu obtenir en 18 ans à Utah: un titre NBA. Chez les Jazz, il avait buté deux fois en fin

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Les pieds dans la glace, le genou strappé comme une momie, Karl Malone récupère. Lundi soir, dans les vestiaires du Staples Center, le plus célèbre quadra de la NBA songe peut-être qu'il ne lui reste plus qu'une bataille à livrer avant de toucher à ce Graal qui se dérobe à lui depuis ses débuts professionnels, voilà 18 ans: le titre NBA, couronnement suprême pour un roi toujours sans couronne, malgré une carrière légendaire.
En 18 ans, Malone a tout connu à Utah. Il a conquis tous les honneurs possibles, MVP du All Star Game, de la Ligue, meilleur marqueur de la saison, rien ne lui a échappé. Rien, sauf le titre, qu'il n'a jamais pu conquérir, malgré deux apparitions en finale, soldées par autant de défaites, en 1997 et 1998, face aux Bulls de Michael Jordan. Contrairement à son compère John Stockton, parti à la retraite, Malone a décidé de se lancer un dernier défi, quittant la tranquillité de Salt Lake City pour l'effervescence de Los Angeles.
Sacrifice financier
Chez les Lakers, le "Mailman" (le facteur) a trouvé une équipe digne de son ambition, de son obsession. Délaissant la gloire égoïste, il laisse le soin à O'Neal et Bryant de briller et se coltine le sale boulot: défense et rebond. Ça lui va très bien et il n'a pas à le regretter. Malgré son genou en compte, qui l'a privé de la moitié de la saison régulière et qui le fait encore souffrir dans ces playoffs, il s'est occupé du cas Duncan face aux Spurs, puis de Garnett en finale de Conférence, contre Minnesota. Apportant sa pierre à l'édifice, sans démériter.
Malone tient à ce point à ce titre qu'il a accepté une gigantesque baisse de salaire de 18 millions de dollars. Aujourd'hui, il est payé quasiment au minimum syndical de la Ligue. Qu'importe. Malone a besoin d'un titre, pas d'argent. Père de six enfants, il a aussi dû convaincre ses ouailles de le suivre. Cela n'a pas été trop difficile d'après lui. "Nous sommes allés à L.A. On a fait un tour sur la plage et ils m'ont dit qu'ils seraient ravis de faire ça pour moi" rigole Malone.
Un goût amer
La féroce bataille de la Conférence gagnée, tout le monde voit les Lakers laminer Detroit. Le sculptural intérieur californien se montre beaucoup plus prudent. "Je suis déjà allé à deux reprises en finale. Pour le moment, je n'ai rien fait. Je ne suis nulle part. Les deux dernières fois, je suis arrivé plein d'espoir et je suis reparti à la maison avec un goût amer dans la bouche, " rappelle Malone, visiblement très marqué par ce double échec. Il ne pensait pas alors avoir une nouvelle chance, sans doute la dernière, d'atteindre son but.
Avant de remporter peut-être sa première bague, il a en tout cas gagner le respect de tous à L.A., même celui des deux stars aussi talentueuses qu'égoistes. "De par son passé, mais surtout par son comportement, il a conquis Shaq et Kobe. Il a beaucoup de crédibilité auprès d'eux. Ils l'écoutent " confie Tex Winter, l'assistant de Phil Jackson. A 41 ans, l'heure de Karl Malone est peut-être enfin venue. Il le mériterait amplement.
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