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La NBA au rabais ?
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Publié 24/12/2011 à 14:02 GMT+1
Après 149 jours de lock out et des camps d'entraînements réduits à leur portion congrue, la saison 2011/2012 ouvre ses portes dimanche au Madison Square Garden avec un alléchant New York Knicks - Boston Celtics. Sur le papier, ça donne envie. Sur les parquets, ça pourrait être moins drôle.
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Trente équipes sur la ligne de départ. Soixante-six matches de saison régulière. Et aucune chance d'aller au bout pour les Charlotte Bobcats. Voilà pour les certitudes. Pour le reste, la saison NBA qui démarre ce dimanche de Noël avec un somptueux programme est sans doute l'une des plus incertaines de la dernière décennie. Incertitude engendrée par le lock out qui a paralysé la Ligue du 1er juillet au 26 novembre dernier. Depuis qu'un accord a été trouvé entre les propriétaires, la Ligue et les joueurs, la grosse machine s'est remise en branle. Et, il faut bien l'avouer, a préparé les festivités un peu à la va-vite, afin que la magie de Noël et du marketing opére. C'est réussi. Enfin, on espère.
Pour la première fois depuis 1998/1999, date du précédent lock out (50 matches), la saison ne sera pas complète. On pourrait avoir quelques surprises. Sportives, bien évidemment. En juin 1999, si les New York Knicks sont devenus les premiers - et jusqu'ici les seuls - à se hisser en Finales NBA avec le 8e bilan de leur conférence, il faut y voir plus qu'un hasard. Une saison raccourcie rabat les cartes. Même si l'on imagine mal le Heat, les Bulls, le Thunder ou les Mavericks être ailleurs qu'au sommet de la hiérarchie, quelques phénomènes paranormaux pourraient perturber les habitudes.
1998/1999, saison à oublier
Il faut dire que les franchises ont œuvré dans la précipitation. Une fois l'accord trouvé, il a fallu (re)signer les free agents, trader, constituer les rosters et, surtout, rapatrier les joueurs avec lesquels ils n'avaient plus droit de communiquer depuis juillet. Eparpillés un peu partout, certains en Turquie (Deron Williams), d'autres en France (Parker et compagnie), les basketteurs made in NBA ont regagné leurs pénates et les camps d'entraînements ont ouvert leurs portes le 9 décembre pour une présaison durant laquelle chaque équipe aura disputé... deux matches. Comme préparation, on a connu mieux. Au niveau physique, c'est un souci. Et d'ailleurs quelques joueurs y ont déjà laissé des plumes (Kobe Bryant, Stephen Curry, Brook Lopez). Au niveau technique, ça ressemble aussi à un problème. Prenez Chris Paul. Aussi intelligent et brillant soit-il, l'ancien meneur des Hornets, tradé à la mi-décembre, n'aura même pas bénéficié de deux semaines pour apprendre le playbook des Los Angeles Clippers.
C'est d'autant plus regrettable que l'exercice qui s'annonce sera plus dense qu'une saison normale. Disputer 82 matches en six mois est plus facile que jouer 66 rencontres en quatre. Habitués aux back-to-back, les basketteurs US vont avoir le droit cette saison à des back-to-back-to-back, soit trois soirées d'affilée passées sur les parquets. Et même à des semaines à cinq matches disputés. Le niveau de jeu ne peut qu'en pâtir. L'intérêt de certaines rencontres également. On sait déjà que certains coachs, tels Gregg Popovich (San Antonio) ou Doc Rivers (Boston) laisseront souffler leurs "vieux" durant de tels enchaînements. Les organismes de ceux qui seront au feu vont souffrir. Le spectacle aussi.
Ce n'est pas pour rien si 1998/1999 reste dans la mémoire collective comme dans les statistiques l'une des pires saisons de l'histoire moderne. Lors de cet exercice-là, les équipes avaient scoré à peine plus de 102,2 points pour 100 possessions, soit le pire bilan depuis l'instauration de la ligne à trois points en 1979 (selon Basketball-reference). Il y a quelques semaines, le site de Sports Illustrated rappelait également que le rythme des matches n'avait jamais été aussi lent (89 possessions par rencontre). Ajoutez à cela une adresse générale à 45,6% (la pire de l'histoire moderne). Evidemment, le lockout n'est pas responsable de tous ces maux. L'ère du temps était favorable à la défense. Mais l'arrêt de travail prolongé des cols bleus de la Ligue n'avait rien arrangé. Bonne saison quand même !
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