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Désolé Kobe, Tim Duncan est le plus grand basketteur de sa génération

Désolé Kobe, Duncan est le plus grand basketteur de sa génération

Le 12/07/2016 à 13:42Mis à jour Le 12/07/2016 à 17:24

C'est un débat sans fin, mais un débat amusant. Après Kobe Bryant, la NBA vient de perdre Tim Duncan, qui a également décidé de prendre sa retraite. Les deux hommes sont assurément les deux plus grands joueurs arrivés sur les parquets à la fin des 90's. Et si le meilleur était Duncan ?

La carrière de Tim Duncan est officiellement terminée. Dix-neuf années de talent, des centaines de victoires, des dizaines de distinctions et place assurée au Hall of Fame. 

Mais cette carrière folle, c’est une citation attribuée à Tony Parker qui la résume le mieux. 

"S’il y avait écrit “Knicks” sur son maillot, il serait un dieu."

Tout est là.

Des chiffres qui ne trompent pas

Lorsqu’on dit que Tim Duncan est le meilleur joueur de sa génération, les supporters de Kobe Bryant bondissent immédiatement. Normal, le Black Mamba est le seul qui peut tenir la comparaison. Ce duo d’exception a régné quasiment sans partage sur la conférence Ouest entre 1999 et 2014. 

Le joueur des Lakers a davantage marqué les esprits, c’est un fait. C’est le genre de choses qui arrivent lorsqu’on marque 81 points sur un match. Mais dans les chiffres individuels, l’intérieur des Spurs semble avoir l’avantage. La lutte est rude. 

Duncan est devant sur les titres de MVP (2 à 1), de MVP des Finals (3-2) ou de sélections dans les All-Defensive Teams (15-2).

La victoire avant tout

Au-delà des distinctions individuelles, c’est avec les Spurs que Duncan a fait la différence. 

Bryant a incarné les Lakers à lui tout seul depuis le milieu des années 2000, pour le meilleur et pour le pire. Il voulait l’équipe, quitte à mettre Shaquille O’Neal dehors ou à canibaliser la gonfle. S’il a parfois été moins bien entouré, c’est avant tout parce qu’il l’a voulu. Duncan a fait mieux : il a servi de fondation à sa franchise, il l’a portée, en permanence. L’excellence comme objectif permanent.

Sur les 19 saisons de Duncan, les Spurs n’ont jamais manqué les playoffs. Surtout, ils n’ont jamais gagné moins de 50 matchs de saison régulière. C’est une performance incroyable dans le sport de haut niveau ! Sur cette période, Los Angeles a raté quatre fois les phases finales.

Duncan est aussi un des trois seuls joueurs à compter plus de 1000 victoires en saison régulière. Kareem Abdul-Jabbar et Robert Parish sont les deux autres. 

En playoffs ? Personne n’a joué plus de minutes (9370) que Duncan.

Toujours prêt à se réinventer

Le numéro 21 des Spurs a eu plusieurs vies. Dès sa deuxième saison, il a pris la succession de David Robinson pour aider l’Amiral à décrocher son premier titre. Injouable au milieu des années 2000, Duncan a ensuite été le patron de la NBA.

"Ce sera ta ligue dans un petit moment, avait-il glissé à LeBron James en 2007 après l’écrasant succès de San Antonio sur Cleveland."

Car la NBA était bien à Duncan à ce moment-là, juste avant de glisser de nouveau vers Boston et Los Angeles. Après une période difficile, les Spurs ont su se réinventer, toujours autour de leur leader. En 2013, le titre leur semblait destiné avant un panier assassin de Ray Allen. Pas grave, les Men in Black étaient de retour la saison suivante, impitoyables lors des Finals avec le Heat de LeBron James. Avec 15,4 points et 10 rebonds de moyenne, Duncan était loin d’être un spectateur dans cette série !

Ce retour en force était une forme de couronnement final pour un joueur toujours prêt à partager la lumière, mais aussi à s’adapter. Car s’il est considéré comme le meilleur ailier-fort de l’histoire, il n’est plus un ailier-fort depuis bien longtemps. C’est dans un rôle de pivot qu’il a servi de base ces dernières saisons.

Moins de talent, plus de basket

Le basket se joue en équipe. Pendant quasiment deux décennies, personne n’a été meilleur que Tim Duncan pour servir de base à un collectif. Bryant avait plus de talent, mais son confrère des Spurs était le meilleur basketteur, en mettant son talent à lui en permanence au service de l’objectif ultime : la victoire. Ses tirs étaient peut-être moins impressionnants, mais son spécial avec la planche a calmé au moins autant de foules hostiles.

Ces dernières années, pendant que Bryant accumulait les blessures et les tirs douteux, les meilleurs ont préféré rejoindre Duncan, comme LaMarcus Aldridge il y a un an. C’était peut-être aussi un signe. Le numéro 21 a aidé à construire un empire, Bryant laisse un champs de ruines. S’il avait porté le maillot des Knicks ou des Celtics, Tim Duncan serait reconnu dans la seconde comme une des plus grandes légendes de la NBA.

Voilà pourquoi il est probablement le plus grand joueur de sa génération.

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