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LeBron 2.0, nouveau Barkley ou autre prototype : qui est Zion, la star annoncée de la NBA ?

LeBron 2.0, nouveau Barkley ou autre prototype : qui est Zion, la star annoncée de la NBA ?

Le 04/04/2019 à 11:11Mis à jour Le 04/04/2019 à 12:55

NBA – Zion Williamson n’a pas encore mis un pied chez les professionnels qu’il est déjà plus populaire que la majeure partie des joueurs de la grande ligue. Mais quel jeune homme se cache derrière tout cet engouement médiatique ? Présentation d’un prodige hors-normes qui peut révolutionner la planète de la balle orange.

La guerre des marques. Dans les prochaines semaines, les géants de l’industrie que sont Nike, adidas, Puma, Under Armour ou encore New Balance et Anta vont se livrer à une bataille sans précédent dans l’Histoire du sport américain. Au cœur de cette course aux enchères, le jeune Zion Williamson. Dix-huit à peine (dix-neuf le 6 juillet prochain) et déjà un phénomène mondial qui dépasse largement le cadre de ses performances sur les terrains de basket. Duke étant éliminé du tournoi NCAA, le natif de Caroline du Nord vient donc de boucler sa première, et sans doute unique, saison universitaire.

Sauf énorme surprise, il devrait donc se présenter à la Draft NBA. Sauf énorme surprise, il sera appelé avant tous ses camarades de promotion. Il va alors pouvoir choisir un sponsor. Sonny Vaccaro, ancien dirigeant Nike qui a signé le premier contrat de Michael Jordan, s’attend déjà à un deal record autour des 100 millions de dollars. Encore plus que les 87 millions récupérés par LeBron James à son arrivée dans la grande ligue. Du jamais vu. Parce que Williamson est un jeune espoir unique en son genre.

Zion Williamson avec Duke, 2019

Zion Williamson avec Duke, 2019Getty Images

La naissance d’un phénomène

Il l’est sur le terrain. “Il a une combinaison d’atouts encore jamais vus jusqu’à présent. Il est énormément médiatisé mais il le mérite. Il assume“, commentait le célèbre Roy Williams, entraîneur de North Carolina, avant un duel contre Duke, son grand rival. C’est parce qu’il est monstrueusement fort sur le terrain, avec un style de jeu très spectaculaire, qu’il a attiré l’attention sur lui au point de devenir un produit marketing quasiment sans précédent à ce niveau. Tout le monde veut Zion, y compris Team USA qui songe à l’inclure dans son effectif pour la Coupe du Monde en Chine en septembre prochain. Tout le monde veut voir Zion, aussi. Au point que les prix des tickets pour les matches NCAA de Duke ont explosé ! 2990 dollars minimum pour un billet à la revente pour le choc entre les Tar Heels et les Blue Devils. Tout le monde veut jauger le phénomène du moment de ses propres yeux. Et tous ceux qui ont eu l’occasion de l’observer de près font le même constat : le prodige est réel.

Des témoignages et des performances répétées par le bonhomme qui n’ont fait qu’accélérer la frénésie autour de lui. Un cercle infernal. Maintenant, les regards sont tournés vers son passé, pour savoir d’où il vient, et vers l’avenir, en se demandant ce qu’il peut devenir à l’heure où il s’apprête à entrer en NBA par la très grande porte.

Originaire de Salisbury, Williamson a fait ses débuts dans le basket à Spartanburg, une petite ville de 33 000 habitants située en Caroline du Sud. Et il était déjà présenté comme une future superstar au lycée. Un homme parmi les enfants, beaucoup trop grand et beaucoup trop puissant pour ses adversaires. Le début de l’aventure et de la folie qui l’accompagne. Il a même attiré l’attention, entre autre, de LeBron James. Le King avait fait le déplacement pour aller voir jouer le jeune Zion lors d’un match AAU contre l’équipe de LaMelo Ball (le petit frère de Lonzo, meneur des Los Angeles Lakers en 2017). Sauf qu’il n’a même pas pu prendre place dans les gradins ! Une trop grande foule avait fait le déplacement. Pas pour James, mais bien pour Williamson. Damian Lillard, Andrew Wiggins ou encore Jamal Murray étaient eux déjà installés dans la salle.

Ses compilations de dunks fracassants ont fait le tour de la planète pendant qu’il accumulait les titres de champion de l’état. Mais le niveau n’était pas assez révélateur et la plupart des analystes attendaient de le voir en NCAA pour s’emballer. Il a rapidement mis tout le monde d’accord. Avec 22,6 points, 8,9 rebonds, 68% aux tirs et plus de 2 interceptions par match, il n’était pas seulement le prospect le plus scruté du championnat universitaire. Il était tout simplement le meilleur joueur du pays à cet échelon. Un athlète extraordinaire, fils d’une ancienne sprinteuse et élevé par un beau-père basketteur à l’université de Clemson. Un monstre physiologique. Une boule de muscles de 2,01 mètres et 129 kilos (un seul joueur NBA actuel est plus lourd que lui : le géant Boban Marjanovic) qui a fait trembler toutes les défenses. Quand il lui a été demandé qui pouvait arrêter Zion, Tom Izzo, coach emblématique de Michigan State, a cité le nom d’un joueur… de football américain.

Un mix entre LeBron James et Charles Barkley ?

Sur le terrain, Williamson a des teintes de Charles Barkley. De Blake Griffin. Ou de LeBron James. C’est d’ailleurs au triple champion NBA et quadruple MVP que Steve Kerr l’a comparé. “Je pensais que LeBron était unique mais je vois que son successeur est déjà là“, lâchait Kerr en faisant référence au jeune homme. Les rapprochements entre les espoirs et les stars déjà établies sont souvent injustes et abstraits. Mais ils restent intéressants. Surtout en présence d’un phénomène quasiment sans précédent (ou si, James, justement). Zion est un peu à la croisée des chemins entre Griffin et James. Comme eux, il est redoutable en transition quand il a du champ devant lui pour exprimer sa vélocité et sa puissance. Comme eux, il est très agile pour son gabarit et possède une bonne vision en plus d’une aisance déconcertante balle en main. La force brute mais aussi l’équilibre. Le mix parfait.

Ce ne sont que des traits qui forment un profil complet. Il ne faut pas y voir une comparaison stricte. Il n’a par exemple pas l’arsenal dos au panier des deux All-Stars, ni même leurs qualités de création. Mais il y a là deux modèles à suivre. Ses capacités athlétiques hors du commun sont pour l’instant la base de son jeu, comme Griffin et même James – à un degré moindre – à leur arrivée dans la ligue. C’est tout de même aussi un basketteur doué techniquement qui s’est montré efficace dans toutes les situations offensives en NCAA cette saison selon les statistiques avancées.

Il jouera ailier-fort en NBA mais on peut déjà lui imaginer un rôle à la Draymond Green : celui d’un pivot non-traditionnel et mobile dans une configuration “small ball”. Il est pile dans les standards modernes, ceux qui révolutionnent actuellement le basket de haut niveau. De ce fait, il devrait être à même de s’adapter à n’importe quel système. Mais on attend évidemment plus d’un homme devenu si populaire qu’il ne peut même plus aller tranquillement à la station essence. Le peuple réclame le nouveau visage de la ligue. Une superstar qui ne fait pas seulement des statistiques et qui ne fait pas seulement vendre des t-shirts, des maillots et des chaussures. Pourra-t-il un jour porter une équipe au titre ?

Zion Williamson

Zion WilliamsonGetty Images

Son ascension au statut de basketteur référence dépendra évidemment du développement de son jeu. Et de certaines caractéristiques primordiales pour les cadors du championnat le plus relevé du monde : sa capacité à faire la différence balle en main dans les dernières minutes des matches les plus serrés et sa progression aux tirs (encore une fois comme Griffin et James en leur temps). Le basket est un sport collectif mais l’isolation, le “Hero Ball” en VO, reste réservée aux meilleurs joueurs pour débloquer les situations les plus tendues lors des playoffs ou des finales. Cette saison, lors des trois défaites de Duke avec Williamson, c’est son coéquipier et ami R.J. Barrett (deuxième choix annoncé de la draft) qui a tenté neuf fois sa chance dans les moments clés. Zion ? Juste une fois. Ce n’est pas nécessairement de sa faute et certains fans s’en sont justement pris à Barrett et à Mike Krzyzewski, le coach de Duke. Cet aspect du jeu sera donc à surveiller.

Mais il a déjà réussi des exploits impensables, à commencer par faire des Blue Devils une équipe aimée et suivie partout dans le pays alors que le programme est sans doute le plus détesté des Etats-Unis. Rien qu’avec son image de marque, il va changer le destin d’une franchise. Dans l’univers des rastafaris, Zion a pour définition géographique la Terre Promise. Celle qui est recherchée de tous. Ramené au basket, c’est un peu la même chose. Toutes les équipes faibles de la ligue font la course en espérant croiser la route de Zion, le nouvel élu.

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