Il y a des nouvelles comme ça qui rendent triste tout une ligue. L'annonce de la blessure de Klay Thompson en est une. Pas seulement parce que voir un joueur se rompre le tendon d'Achille un an et demi après une blessure au ligament du genou a quelque chose de déchirant. Aussi et surtout parce que vous trouverez peu de gens pour critiquer l'arrière-shooteur des Golden State Warriors. Pas plus que vous n'en trouverez sous-estimant l'apport énorme de Klay Thompson dans la dynastie des Golden State Warriors, trois fois champions et constamment en finale entre 2015 et 2019.

A tout le moins en suspens, la dynastie Warriors aurait pu basculer à de nombreuses reprises. Intouchables, les Californiens l'ont été même si LeBron James aura peut-être un autre avis. Sur les lignes arrières, Stephen Curry et Klay Thompson ont formé une paire parfaite. Et pourtant, le second aurait pu ne jamais épauler le premier sans l'arrivée de Steve Kerr. En 2014, avant que Kevin Love ne prenne la direction de Cleveland, les Warriors et les Wolves discutaient d'un échange impliquant Thompson. Au sein de la franchise, les avis divergeaient, celui de Kerr, tout nouveau coach, a fait pencher la balance et le deuxième "splash brother" est resté. Pour le plus grand bonheur de Stephen Curry.

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17/11/2020 À 22:40

Oui, Thompson a fait briller Curry

Génial meneur, shooteur exceptionnel - peut-être le plus grand de l'histoire de la ligue -, le double MVP n'en a pas moins des failles. Son physique, frêle, l'empêche d'être un défenseur de premier ou de second rang. Pour faire simple, Curry limite la casse, ni plus ni moins. Dans une NBA où le nombre de meneurs-scoreurs a augmenté exponentiellement depuis dix ans, les Warriors ne pouvaient se permettre d'être faibles en défense à ce poste-là. Il fallait donc mettre un excellent défenseur à côté de Curry. Ce fut Klay Thompson.

Lillard, Harden, Westbrook, Irving et même Durant ou James ou d'autres, c'était la mission de Klay Thompson. Jamais il n'en a dévié, jamais il ne s'est plaint, jamais il n'a réclamé plus de reconnaissance ou d'argent. Le garde du corps idéal pour faire briller un génie à ses côtés. Si on n'ira pas jusqu'à dire que sans Thompson, point de Stephen Curry, on peut au moins imaginer que l'efficacité du meneur s'en serait trouvée (grandement) diminuée sans son acolyte.

Un excellent défenseur, Thompson ? C'est vrai mais c'est oublier un peu vite l'autre facette de son talent exceptionnel : le shoot. Sans l'extra-terrestre Curry, le natif de Los Angeles aurait sans doute pu être appelé "meilleur shooteur de la NBA". En carrière, il tourne à 41,9% derrière l'arc. Klay Thompson c'est le 3&D (comprenez shooteur-défenseur) ultime. Un 3&D à 20 points de moyenne. Fait exceptionnel à noter, sa moyenne de points n'a pas chuté avec l'arrivée de Kevin Durant à l'été 2016. De 22,1 en 2015/2016, elle est passée à 22,3 en 2016/2017, preuve de sa capacité à trouver sa place dans le collectif. Preuve aussi qu'il est le second ou troisième couteau le plus précieux de la ligue. Les Warriors l'ont bien compris.

Le sauveur d'un soir en 2016

Le propre du lieutenant c'est de prendre le relais du patron quand celui-ci flanche. Klay Thompson l'a fait à de nombreuses reprises mais le plus fameux de ses matches, le Californien l'a livré un soir de mai 2016 dans la si chaude Chesapeake Arena d'Oklahoma City. Menés 3-2 dans la série par le Thunder, les Warriors l'étaient aussi à l'orée du 4e quart-temps du match 6. Klay Thompson y avait inscrit 19 points pour porter son total à 41 sur l'ensemble de la rencontre. Un sauvetage spectaculaire et mémorable qui n'avait pas empêché Golden State de dilapider un avantage de 3-1 face à Cleveland en finale.

Avec ses 41 points, Klay Thompson a plané au-dessus Thunder lors du match 6, samedi 28 mai 2016

Crédit: AFP

Bien qu'il soit évidemment moins fort que Stephen Curry, Klay Thompson sera pour toujours associé à lui. Car l'un n'a pas fonctionné sans l'autre et que le meneur avait besoin que son partenaire assure ses arrières pour briller de mille feux. Rares sont ceux capables de le faire aussi longtemps que Thompson sans penser un jour : "et si c'était moi ?" Thompson s'était vu récompenser à l'été 2019. Mis à terre par une rupture du ligament antérieur du genou gauche, il avait vu les Warriors lui offrir 189 millions de dollars sur 5 ans. Le contrat max tout simplement. Et personne n'avait émis la moindre critique sur la décision de la franchise. La fidélité et une telle qualité ont un prix.

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