Libéré. Jimmy Butler est un homme enfin délivré depuis qu’il a rejoint le Heat à l’intersaison 2019. Une explication sur son succès à South Beach ? "On me laisse être moi-même", rétorque de suite l’intéressé. Personnage particulier, très dur envers lui-même et donc aussi envers ses coéquipiers, le natif du Texas revient de très loin. Abandonné par sa mère à l’adolescence, un temps à la rue, hébergé par un coéquipier au lycée puis, en quelque sorte, sauvé par le basket. Tout ce qu’il a obtenu, c’est à la force de son travail acharné. Jusqu’à son arrivée très discrète en NBA en 2011, au sein d’une équipe de Chicago candidate au titre à l’époque.
Personne ne s’attendait alors à ce que Butler devienne un jour une star. Mais il a doucement gravi les échelons. Sans forcément y être préparé. Bombardé chef de file des Bulls au départ de Derrick Rose, il ne savait pas s’y prendre. Ça n’avait jamais été son rôle. Mener les troupes.

Tous derrière Jimmy Butler

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Et pourtant, ça lui va si bien. Ses méthodes de management ont d’abord été vivement critiquées. Que ce soit à Chicago ou ensuite à Minnesota, où les Taureaux l’ont envoyé pour se reconstruire. L’arrière s’est forgé une réputation sulfureuse de joueur doué mais problématique, potentiellement un cancer pour un vestiaire. Quel jugement hâtif. Il fallait juste le laisser s’exprimer. Ne pas chercher à le brider. Ce que le Heat, véritable institution dirigée par l’emblématique Pat Riley et coachée par l’excellent Erik Spoelstra, a compris. Aujourd’hui, Butler est le parfait leader à Miami.

Jimmy Butler, le franchise player du Miami Heat, en action

Crédit: Getty Images

Il est le parfait représentant du jeu dur prôné par la franchise. Le digne héritier des Alonzo Mourning, Tim Hardaway et autres guerriers qui ont fait le passé glorieux de l’organisation. Mieux, c’est toute l’équipe actuelle qui semble avoir pris des traits de sa personnalité. Elle est à son image : effrontée, pleine de confiance, combative et ne lâche donc jamais rien. Miami, en 2020, c’est le penchant de Houston à l’Est. Le Heat ne pratique pas du tout le même basket et les Rockets ont le luxe de pouvoir compter sur une superstar en plus. Mais il y a moins de "Top-15 players" à l’Est qu’à l’Ouest. Une individualité supérieure aux autres peut suffire.

Miami, l'équipe piège à l'Est

En fait, à l’instar des Texans, les Floridiens disposent d’une équipe évidemment pas parfaite, probablement un ton en-dessous des principaux favoris, mais que personne ne veut retrouver sur son chemin. Parce qu’il faudra être sacrément costaud pour les sortir. Cette formation peut poser de gros problèmes à n’importe quel adversaire. La définition même de l’outsider. Surtout que tout paraît possible dans les circonstances si particulières de la bulle Disney. Il n’y a pas d’avantage du terrain (Miami, cinquième, mène d’ailleurs 2-0 contre Indiana, quatrième) et les groupes soudés brillent à Orlando. Les Suns (invaincus avant d’être tout de même éliminés) et les Blazers en sont les meilleures illustrations. Quand les joueurs s’éclatent ensemble et se serrent les coudes, ils sont mieux armés pour briller dans un contexte où chacun est replié sur un campus, loin de ses proches.

Goran Dragic et Jimmy Butler, complices, lors d'une match de prépa à Orlando - 22/07/2020

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20 dollars le café, la cohésion n'a pas de prix

Et justement, Jimmy Butler a créé une âme autour de lui. Jusqu’au quinzième homme de l’effectif. Ses partenaires le suivent. Au point d’acheter ses cafés à 20 dollars, business itinérant qu’il a monté depuis sa chambre d’hôtel… plus sérieusement, sa relation très complice avec Goran Dragic forge le ciment du Heat. Derrière, les jeunes joueurs s’inspirent. Parce qu’en plus, l’équipe est bourrée de talents. Bam Adebayo, 23 ans, est un pivot complet, All-Star pour la première fois cette saison. Les shooteurs Duncan Robinson (sophomore) et Tyler Herro (rookie) sont des joueurs inexpérimentés... mais qui ne reculent devant rien. Jae Crowder et évidemment Andre Iguodala des vétérans chevronnés. Un subtil mélange de fougue et d’expérience.
Si une autre star – coucou, Giannis Antetokounmpo, ciblé par Riley – venait à se joindre au groupe, cela pourrait faire de très gros dégâts. Mais en attendant, on se réjouit de voir Jimmy Butler guider Miami à sa manière. Avec une demi-finale potentielle contre Milwaukee qui s’annonce déjà alléchante et très disputée.

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