Il a marqué l'histoire. Rien que ça. Et pourtant, il y a un petit manque quand on regarde la carrière de Joakim Noah qui a décidé de dire stop. Pas forcément où on l'imagine. A 36 ans, l'intérieur a choisi de passer à autre chose alors qu'il n'avait plus la possibilité d'atteindre son but ultime : une bague NBA dont il a tant rêvé. Alors autant raccrocher ses baskets. Cette absence de Trophée Larry O'Brien dans son palmarès laissera toujours un goût amer dans la bouche de ce champion avide de succès dont la rage de gagner et son dévouement de tous les instants ont séduit tant de fans du côté des Chicago Bulls, où il aura laissé une trace indélébile.
Cette quête de bague l'a obsédé, lui qui avait connu l'extase engendrée par les succès avec après avoir été deux fois champion universitaire NCAA avec les Gators de Floride en 2006 et 2007. Pendant un moment, il a cru pouvoir y regoûter avec son équipe des Bulls aux côtés du génial Derrick Rose. Avec son style si atypique qui pouvait donner l'impression de le voir partir dans tous les sens ou encore avec ce shoot à la mécanique si peu orthodoxe, Noah, drafté en 9e position en juin 2007, a conquis la NBA à sa manière. Avec cette fougue et ce sacrifice pour aider sa formation de multiples façons qui le caractérisait tant. Sans réussir cependant à aller au bout de ses vrais objectifs, échouant au mieux en finale de la conférence Est (4-1 contre Miami Heat en 2011).

Joakim Noah (Bulls) shoote face aux Wizzards - Playoffs 2014

Crédit: AFP

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Un seul tournoi en Bleu, mais quelle compétition !

Pourtant, il y a d'autres regrets dans sa carrière. Et ce n'est pas forcément lié à sa fin de parcours, qui l'a vu se perdre dans sa ville natale de New York avant d'essayer de rebondir à Memphis puis aux Clippers. Non, c'est plus une histoire de rendez-vous manqués. Avec l'équipe de France. L'intérieur de 2,11 m n'aura défendu qu'une seule fois les couleurs tricolores dans un grand championnat. A l'Euro 2011. Et avec brio.
Sur les parquets lituaniens, Joakim Noah avait alors démontré tout ce qu'il pouvait apporter aux Tony Parker, Boris Diaw et autres Nicolas Batum. Dans une compétition d'un niveau très relevé, cet intérieur d’un autre genre avait grandement contribué à la belle médaille d'argent ramenée sur le sol français. Sa manière de se comporter dans le groupe France, son envie sur les lattes avec sa personnalité volcanique et la joie communicative de son père Yannick venu à Vilnius pour soutenir son fils en demi-finale avaient laissé penser que c'était le début d'une belle aventure entre les Noah et les Bleus. Mais la défaite en finale contre la grande Espagne (98-85) serait finalement son dernier match en sélection.
Une cheville mal soignée et la pression des Bulls l'ont ensuite éloigné des Jeux Olympiques 2012. Et pour diverses raisons, il n'est plus jamais revenu pour apporter sa hargne, sa combativité et son leadership. Quand on voit sa saison 2013-2014 en NBA qui restera dans les annales, cela peut clairement laisser quelques regrets. Elu meilleur défenseur de la ligue, il a aussi fait partie du meilleur cinq de cette saison-là et fini à la quatrième place des votes pour le titre de MVP fort d'une moyenne de 12,6 points, 11,1 rebonds, 5,4 passes, 1,5 contre et plus d'une interception par match. Les Bleus n'ont jamais pu se délecter de ce Noah-là.

Joakim Noah, équipe de France

Crédit: Panoramic

Les Bleus n'ont jamais sa priorité, lui qui n'a pas connu l'INSEP

Cette histoire ratée peut surprendre quand on connait son attachement à la notion de collectif et le passé de son père en Coupe Davis. Mais l'équipe de France n'était tout simplement pas dans son logiciel, lui qui n'est jamais passé par l'INSEP. Elle n'a en fait jamais été sa priorité. Alors qu'il rêvait de ramener les Bulls vers les sommets pour regoûter aux joies d'un sacre, il voulait d'abord honorer ses engagements en NBA. Cela se respecte. Mais pour beaucoup de fans bleus, il reste ce goût d'inachevé, alors qu'il aurait peut-être pu revivre ses folles aventures universitaires avec les Tricolores.
Pendant que les Bleus de Vincent Collet ont trouvé d'autres solutions sous le cercle pour atteindre leur but, il a écrit sa carrière différemment, sans étés remplis. Avec des hauts mémorables, même si les dernières années de son parcours ont laissé beaucoup de monde sur leur faim. Comme son passage en sélection finalement.
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