Une image marquante. Symbolique. Le présent et le futur du basket français, face à face, sur le parquet du palais des sports Maurice-Thorez de Nanterre. Rudy Gobert, All-Star NBA, accompagné de Vincent Poirier, un autre international tricolore qui évolue dans le championnat le plus relevé du monde, pour défier les deux jeunes espoirs Maxime Raynaud et Victor Wembanyama. Un deux-contre-deux amical entre deux pros et deux joueurs qui aspirent à le devenir.
Wembanyama, en réalité, l’est déjà officiellement depuis l’année dernière, alors qu’il n’avait que quinze ans. Mais même devant l’un des meilleurs pivots du monde, le natif du Chesnay ne flanche pas. Quelques dribbles pour jauger son adversaire. Un arrêt net et un tir à plus de cinq mètres. Ficelle. Nouvelle possession, Gobert le serre cette fois-ci de plus près. Pour le même résultat : un panier du prodige de la JSF Nanterre.
NBA
Irving sur son refus du vaccin : "J'ai renoncé à 100 et quelques millions en maintenant ma décision"
27/09/2022 À 06:31
Plutôt épatant. En tout cas, la vidéo suffisait pour ranimer les passions autour du talent de demain, déjà suivi de près par plusieurs franchises NBA. Le meilleur restait à venir. Quelques jours après, il faisait des débuts en fanfare en Nationale 1. 22 points, 10 rebonds, 7 contres et 32 d’évaluation pour mener le Centre Fédéral à une très rare victoire contre Le Havre (72-63). En 250 matches à ce niveau, les jeunes espoirs de l’INSEP n’avaient gagné que trois fois avant ce carton de Wembanyama, autorisé à jouer en N1 en parallèle de ses rencontres avec Nanterre. La France tient un phénomène.

Un prodige déjà courtisé par les franchises NBA

Il faut dire qu’un athlète de 16 ans déjà mesuré à 2,19 mètres qui en plus est adroit et agile, ça ne court pas les rues. Les recruteurs le savent. Mike Schmitz, spécialiste de la draft pour ESPN, suit le bonhomme depuis un moment maintenant. Et il est toujours en admiration devant ce "gamin nommé Victor Wembanyama, qui est sans doute le meilleur prospect du monde. 2,19 mètres avec une envergure proche des 2,44 mètres. Il peut contrer comme Rudy Gobert. Il peut tirer comme Kristaps Porzingis. Il peut dribbler et passer. Je n’ai jamais vu un joueur comme lui."
Le meilleur prospect du monde, rien que ça. Le meilleur joueur de sa génération, encore plus fort qu’Emoni Bates, qui domine le circuit lycéen aux Etats-Unis. Sauf que Wembanyama, lui, se frotte déjà à des pros. Avec même une brève apparition en coupe d’Europe l’an dernier. Il est en avance. Très en avance. Pour son âge, mais même en comparaison avec les grands européens devenus stars en NBA.
Au même âge, Rudy Gobert évoluait encore ailier (à 15 ans) avant de connaître une poussée de croissance. Il ne figurait pas nécessairement parmi les jeunes incontournables. Idem pour Kristaps Porzingis. "Il serait déjà le premier choix de la draft s’il se présentait cette année", osait le journaliste Keith Smith. "Un dirigeant m’a dit que le ‘tanking’ qu’il y aura pour le récupérer sera du jamais vu."
Gobert, Porzingis, évidemment des modèles à suivre pour l’adolescent. Même s’il apprécie aussi "Kevin Durant et Giannis Antetokounmpo" deux cadors qui "prouvent que la taille n’empêche pas de savoir jouer au basket. Leur jeu n’est pas stéréotypé." Forcément, ça lui parle, lui qui sait tirer à trois-points (à distance européenne) et se montre déjà à l’aise en dribbles. Mais la NBA est encore loin, bien entendu. 2023 a priori. Surtout, le chemin est encore long. Il grille les étapes de par sa précocité mais hors de question de se brûler les ailes.

Victor Wembanyama avec le Pôle France PFBB contre le Havre en NM1 (20/10/2020). Crédit : Cyril Douyere/STB Le Havre

Crédit: Getty Images

Victor Wembanyama, le corps et l'esprit

Heureusement, le jeune homme est bien entouré. Issu d’une famille où il baigné dans le sport dès sa naissance. "Je ne suis jamais tombé amoureux du basket, j’ai toujours été dedans", avoue celui qui a aussi fait du foot pendant deux ans. Son petit frère joue au hand avec l’espoir d’intégrer un centre de formation. Sa grande sœur, Eve, est elle aussi passionné de balle orange et elle évolue à l’ASVEL. Victor, lui, semble avoir la tête sur les épaules. Il ne masque pas ses ambitions pour autant.
"Mon objectif est d’aller en NBA, d’aller le plus haut possible", raconte-t-il lors d’une rare interview accordée au Parisien. "C’est ma mentalité, je ne veux pas être un figurant. Je n’aime pas avoir quelqu’un au-dessus de moi. Depuis toujours. Je ne veux pas prouver quoi que ce soit mais je n’ai pas envie de me décevoir. Parfois en famille quand je perds à un jeu, je souris mais c’est pour cacher ma déception."
Un compétiteur. Qui dispose d’un programme détaillé pour continuer à franchir les paliers. "J’ai des objectifs nutritionnels par repas et en fonction de mon programme de la journée. Je pèse actuellement 95 kilos, le but est de prendre du muscle progressivement." Le but ? Se rapprocher des profils de Gobert ou Porzingis, respectivement 109 et 111 kilos.
Physiquement, il n’est pas tout à fait prêt. Il doit donc s’étoffer. Mais mentalement aussi, il faut lui laisser le temps de se développer. C’est toujours délicat quand un talent explose aussi tôt. Délicat à gérer. Pour l’instant, son club et son entourage ont l’air de faire du très bon boulot. Et c’est tout le basket français qui en profitera peut-être bientôt. Les Bleus aussi, évidemment.
L’an dernier, à 15 ans, il menait la sélection U16 jusqu’en finale du championnat d’Europe - avant de s’incliner contre l’Espagne - tout en étant élu dans le cinq majeur de la compétition. La suite s’annonce encore plus brillante. Encore plus excitante. Avec peut-être la promesse, pour l’Hexagone, de détenir enfin un futur premier choix de la draft… et un joueur capable de porter le pays pendant des années. Patience, ça arrive vite et fort.

Victor Wembanyama avec le Pôle France PFBB contre le Havre en NM1 (20/10/2020). Crédit : Cyril Douyere/STB Le Havre

Crédit: From Official Website

NBA
Il a craint la tétraplégie : Aron Baynes rêve de NBA à nouveau
08/07/2022 À 15:42
NBA
Diaw modèle de Jokic et Green : "C'est vraiment la meilleure des reconnaissances"
24/06/2022 À 13:23