Il a eu ce qu'il voulait. Russell Westbrook souhaitait retrouver ce qu'il avait perdu en passant de son cocon d'Oklahoma City à Houston il y a un an : le ballon dans ses mains et être le maître à jouer de son équipe. L'expérience d'une association avec James Harden aux Rockets a tourné court, le meneur peut désormais jouer les chefs d'orchestre à Washington, aux côtés d'un autre fort talent offensif, Bradley Beal. Mais le spectacle sonne pour le moment faux dans la capitale. Si Westbrook noircit les feuilles de match comme à son habitude, les Wizards pataugent en plein marasme au point d'être encore fanny après cinq rencontres. La saison est encore longue, mais son entame est pénible dans la capitale. Et les regards se tournent vers le numéro 4 de la franchise, soliste statistique d'exception mais leader d'équipe gagnante encore à prouver.
Westbrook continue pourtant de griffonner les livres d'histoire par ses performances comptables. Pour son quatrième match avec Washington, "Brodie" a signé un quatrième triple-double jeudi, ce qu'une recrue n'avait jamais réussi dans les annales de la NBA. Seul Oscar Robertson, ancien grand maitre du "TD" 40 ans plus tôt avait déjà débuté une saison par une telle série de polyvalence. Le genre de prestation qui devrait mettre tout le monde d'accord, et forcer le respect. Seulement, la vérité des chiffres n'est pas forcément celle du terrain. A la fin, le vainqueur est seulement l'équipe à compter le plus de points, peu importe les exploits statistiques de ses ouailles. Pour les Wizards, 0 victoires – 5 défaites pour débuter l'exercice, le refrain commence déjà à lasser.
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Westbrook, Anthony, Vogel… Les Lakers ont annoncé la couleur
07/08/2021 À 02:37

Responsable mais pas le seul coupable

C'est là tout le reflet de la carrière de Russell Westbrook : capable de prouesses comme nul autre dans la ligue, mais toujours à la recherche, à 32 ans, de cette acceptation dans la caste des leaders qui font gagner leur équipe. Sa réunion à D.C. avec l'entraîneur Scott Brooks qui l'avait lancé en NBA à Oklahoma City et avec qui il avait disputé les Finales NBA en 2012 a tout pour lui permettre de briller, et ramener les Wizards en playoffs après deux saisons décevantes. Mais le compte n'y est toujours pas. Bouc-émissaire idéal, Westbrook est pourtant tout sauf le seul à blâmer dans le marasme collectif offert par les siens jusqu'ici.
Défensivement, ils ne présentent pas grand-chose de bon (122 points encaissés en moyenne et 27e "rating défensif", le nombre de points encaissés sur 100 possessions) confirmant déjà leurs difficultés vues la saison passée. Westbrook, défenseur capable mais pas toujours concerné, n'est pas celui qui allait de toute façon changer les attitudes et automatismes de son équipe de ce côté du terrain.

Russell Westbrook contro i Chicago Bulls ha chiuso la quarta partita consecutiva con almeno una tripla doppia ma i suoi Wizards hanno perso la 5^ partita di fila, Getty Images

Crédit: Getty Images

En attaque, la formation de la capitale tâtonne encore très logiquement, à la recherche de repères avec un glouton comme le MVP 2017. Pas étonnant ainsi de le voir au deuxième rang des joueurs les plus dispendieux depuis le début de la saison avec 5,5 balles perdues.
La nuit dernière contre Chicago, Washington s'est présenté pour la première fois de la saison avec une équipe au complet. Mais de trop nombreuses erreurs bêtes lui ont coûté cher, pour finalement échouer à trois points des Bulls, qui étaient pour leur part privés de quatre joueurs par respect au protocole Covid de la NBA. Les Wizards ont été sanctionnés de trois fautes techniques (une pour Westbrook), symbole de leur frustration depuis le début de saison, et synonyme d'autant de points et de possessions offertes aux visiteurs. Le score final 130-133 fait d'autant plus mal. Les Wizards ont pourtant eu une ultime chance de se refaire. Mais un dernier système catastrophique, une passe ave maria au lieu de trouver Westbrook ou l'autre star de l'équipe Bradley Beal à 5,5 secondes du buzzer final, les en a privés.
Bien sûr tout le monde est saoulé
Westbrook a peut-être terminé la rencontre avec 22 points, son meilleur total de la saison, 10 rebonds et 11 passes. Mais son apport sur le terrain n'a guère payé, terminant pour la première fois de 2020-2021 avec un ratio +/- négatif, l'écart de score quand un joueur est sur le parquet, à -10. Comme quoi, l'ancien du Thunder ne fait pas tout de travers. Son entente avec l'autre All-Star de l'équipe Bradley Beal est d'ailleurs loin d'être si mauvaise. L'arrière est actuellement le 3e scoreur de la ligue (31,2 points) et Westbrook lui lâche, pour le moment, volontiers la gonfle dont Beal a besoin pour être à son meilleur niveau. L'ancien de Florida touche même plus le ballon en "usage", le pourcentage d'actions auxquelles prend part un joueur, que la saison dernière où il évoluait pourtant presque seul. Mais la vérité froide de ces cinq défaites confirme que là n'est sans doute pas la bonne solution.
Le refus de passer devant les médias du tandem-phare de Washington lors des deux dernières rencontres (Beal mardi, Westbrook la nuit dernière) en dit long sur le dépit des deux joueurs et leur agacement. "Bien sûr tout le monde est saoulé, a confirmé Beal en visioconférence dans la nuit de jeudi à vendredi. Mais d'une bonne manière, on est énervé [...] On doit juste être meilleurs avec les gars que nous avons. On ne peut pas se chercher d'excuses, 'oh nous manquons de talent, nous n'avons pas les joueurs pour'. Ce sont des conneries. Nous sommes tous en NBA pour une bonne raison."
Ils vont pourtant devoir réagir urgemment puisque les prochaines semaines s'annoncent des plus corsées. Le déplacement vendredi soir à Minnesota, autre formation à la peine, pourrait être synonyme de premier succès de la saison. Mais il se fera très probablement sans Westbrook, laissé au repos lors des "back-to-backs". La suite n'est guère plus encourageante avec des déplacements à Brooklyn, Philadelphie et Boston puis les réceptions de Miami, Phoenix et Utah, tous candidats a minima aux playoffs. Et ce n'est pas la vue de John Wall, échangé contre Westbrook durant l'intersaison, briller pour sa première avec Houston et contribuer à la première victoire de la saison des Rockets qui risque de calmer les supporters des Wizards. Là tient le paradoxe Russell Westbrook. Monstre statistique quand les victoires suivent, il devient vite un poison en surface quand les défaites s'accumulent. A lui et aux Wizards d'accorder leurs violons.

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