Vous devez très heureux de revenir en NBA après des expériences plus ou moins réussies à Toronto, Denver, New-Orleans et Milwaukee entre 2015 et 2017 ?
Axel Toupane : Je suis très content car c’est la validation de tout le travail de ces derniers mois, de ces dernières années même. Et je suis impatient pour la suite, même si je suis conscient de tout le travail qui me reste à accomplir.
Vous avez décroché un contrat "two-Way" le 14 mars, qui permet à des joueurs non draftés d’intégrer une équipe de NBA pendant 45 jours. Sauf que ce plafond a été supprimé cette année. Vous allez donc pouvoir rester avec les Bucks jusqu’à la fin de la saison.
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A.T. : Effectivement, c’est génial de me dire que je suis à Milwaukee au moins jusqu’à la fin mai. Je vais pouvoir me concentrer à fond sur mon basket et sur l’équipe, avec la perspective des playoffs.
Racontez-nous comment Milwaukee vous a approché...
A.T. : Ils se sont renseignés sur moi pendant la bulle d’Orlando, où j’ai réalisé de bonnes performances avec les Santa Cruz Warriors (ndlr : 17,9 points, 8 rebonds et 3,3 passes de moyenne). Je pensais qu’ils attendraient la fin de la période des transferts en NBA, le 25 mars, pour venir me chercher, mais non. Ils m’ont rapidement fait une proposition. C’est très gratifiant.
Je me souviens avoir regardé plus de 200 fois les finales Lakers-Pacers en 2000
Votre histoire en NBA ressemble à un parcours du combattant, puisque vous n’avez jamais été drafté. Vous avez en revanche réussi à intégrer plusieurs franchises par l’intermédiaire de camps d’entraînement ou de la G-League.
A.T. : Je rêve de la NBA depuis tout petit. Je me souviens avoir regardé plus de 200 fois les finales Lakers-Pacers en 2000 (rires). À partir de 15 ou 16 ans, je me suis dit que je voulais absolument y jouer un jour, c’est devenu une obsession. Mais je partais de loin, de très loin même puisque je n’étais pas considéré comme un "top" joueur de ma génération. J’ai dû beaucoup travailler et progresser pour qu’on me prenne plus au sérieux.
Votre première expérience dans un environnement NBA remonte à 2015, à l’occasion de la Summer League avec les Toronto Raptors. Comment ça s’est passé ?
A.T. : J’étais déjà sensibilisé au basket américain car j’avais côtoyé des anciens de NBA dans le championnat français, et je jouais aussi pendant mes vacances d’été aux États-Unis. Je me souviens m’être dit que j’avais le niveau et que je n’avais pas à rougir. J’ai intégré les Raptors pour la présaison avant d’être envoyé en équipe réserve en G-League. Je l’ai pris comme un premier succès et comme un avant-goût de la suite.
Vous avez enchaîné par quelques matches avec les Denver Nuggets en 2016, avant de revenir en G-League à Toronto, puis de signer à Milwaukee et ensuite à New Orleans en 2017. Qu’est-ce que toutes ces expériences vous ont appris ?
A.T. : Elles m’ont beaucoup servi. Je me suis rendu compte que j’avais besoin de temps pour comprendre comment ça se passait en NBA, pour étudier le jeu et les façons dont je pourrais me montrer. Il fallait également être prêt à faire beaucoup de sacrifices. Tout le monde ne veut pas aller en G-League par exemple, alors que ça vaut vraiment le coup. C’est la porte d’entrée pour la meilleure ligue de basket au monde, voire de la meilleure ligue tous sports confondus.
Qu’avez-vous appris au niveau du jeu ?
A.T. : Au-delà du fait que ce soit globalement un niveau très élevé, j’ai progressé dans ma lecture du jeu et au niveau physique. Vu mon profil, je suis amené à changer beaucoup de poste (ndlr : arrière, ailier et ailier fort) et ça demande d’être très athlétique. J’étais un peu frêle au début mais maintenant je me sens très bien physiquement et ça se ressent jusque dans la qualité de mon shoot.

Axel Toupane avec l'équipe de G League des Warriors

Crédit: Getty Images

Avec votre expérience et votre statut d’international français, vous auriez pu essayer de décrocher un contrat juteux en Europe en fin d’année dernière. À la place de ça, vous avez décidé de repartir en G-League avec les Santa Cruz Warriors. Pourquoi ?
A.T. : C’était assez simple pour moi. Si je restais en France, c’était pour jouer dans une équipe d’Euroligue. Je n’ai pas eu d’offres intéressantes, alors je suis reparti aux États-Unis. Aujourd’hui, je suis très heureux de mon choix. Je veux me battre pour rester en NBA car c’est un objectif sexy qui me donne la banane tous les matins.
Vous êtes de retour à Milwaukee après y avoir fait un premier passage en février 2017, sans être conservé. Prenez-vous ce retour comme une deuxième chance ?
A.T. : Je n’aime pas trop ce terme. J’y vois plutôt une opportunité. Déjà en 2017, j’avais apprécié mon expérience là-bas. C’est une ville tranquille, un club avec une organisation intelligente qui a une vraie culture européenne. J’arrive dans un super environnement.
Mon objectif ? Gagner du temps de jeu et gratter ce qu'il y a à gratter
Vous allez retrouver un autre européen justement, l’un des tous meilleurs joueurs de la ligue, Giannis Antetokoumpo. Est-ce une source d’inspiration pour vous ?
A.T. : Oui clairement. C’est un "top" joueur avec une histoire à la fois magnifique et inspirante. Ça va me permettre de l’observer à l’entraînement, de voir comment il bouge et réfléchit sur le terrain.
Vous rejoignez une équipe taillée pour le titre NBA, avec des joueurs solides à votre poste comme Khris Middleton, Donte DiVincenzo et Pat Connaughton. Quel est votre objectif ?
A.T. : C’est la NBA donc les 15 mecs de chaque équipe sont des monstres. Ce n’est pas un problème, je vais faire le maximum et on verra ce qui se passera. Mon objectif est de gagner du temps jeu. De gratter ce qu’il y a à gratter…
Imaginons que vous ne soyez pas conservé par Milwaukee en fin de saison. Est-ce que vous continueriez malgré tout à vous battre pour réintégrer une équipe NBA ?
A.T : J’aime bien tout prévoir en général, mais là ce serait une erreur de penser à la suite. Je suis focalisé à 100% sur le moment présent. Après, il y aura les Jeux Olympiques de Tokyo avec l’Équipe de France en juillet.
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