Quand il était joueur, Charles Barkley avait la meilleure formule – comme souvent – pour résumer l’importance capitale d’un Match 5 : "L’équipe qui remporte cette rencontre décrochera la série", insistait-il… avant de poursuivre avec un "sauf si ce n’est pas la mienne qui gagne." Les Suns, franchise dont le Hall Of Famer portait les couleurs au moment d’aller s’imposer contre les Bulls lors du Match 5 des finales 93 (avant de s’incliner lors du Match 6…), devront s’inspirer de l’une de leur plus grande légende. Parce que c’est un défi immense, quasiment impossible, qui les attend mardi soir.
Barkley était un as de la punchline mais il s’y connaissait aussi en probabilité. Et la formation qui sort vainqueur d’un Match 5 d’une série de playoffs auparavant bloquée à 2-2 se retrouve avec 73% de chances de passer. Ou ici, de toucher au Graal. Les mathématiques ne donneront que très peu de raisons d’être optimistes aux joueurs de Monty Williams, impressionnants de maîtrises lors des deux premières rencontres des finales avant d’être dépassé par l’intensité des Bucks sur les trois suivantes. Les motifs d’espoir sont faibles. Très faibles. Mais pas inexistants. Phoenix peut s’inspirer de ces quatre équipes qui ont réussi l’exploit de renverser leurs adversaires pour finalement décrocher le titre après avoir été menés 2-3. Flashback.

Les Rockets d’Hakeem Olajuwon en 1994

NBA
Chris Paul, encore raté... et maintenant l'heure du choix
23/07/2021 À 14:33
Cette saison 93-94 reste encore aujourd’hui le chef d’œuvre d’Hakeem Olajuwon. Un pivot plus dominant que tous les autres, devenu le visage de la NBA après la retraite de Michael Jordan. Mais malgré tout son talent, le "Dream" n’arrivait pas à mener ses Rockets jusqu’en finales. Houston finissait toujours par se planter avant, au point d’être baptisée "choke city" (la ville qui suffoque, manière de faire comprendre qu’elle se cache dans les moments les plus importants). En une campagne de playoffs, le surnom a changé pour "clutch city." Tout l’inverse. Parce que les Rockets ont réussi l’exploit de remonter un handicap dans plusieurs séries. Notamment contre les… Suns, après avoir été menés 0-2. Opposés aux Knicks en finales, ils n’ont pas paniqué après avoir perdu un Match 5 crucial. Au contraire. Ils se sont ressaisis pour enchaîner deux victoires de suite.

Hakeem Olajuwon

Crédit: Other Agency

Le Match 6 était particulièrement disputé. Avec un succès in-extremis de l’équipe texane (86-84), sauvée par le contre décisif d’Olajuwon sur John Starks. Plus fort que son grand rival Patrick Ewing, le géant bouclait ensuite l’affaire lors de la dernière rencontre. Il a terminé MVP des finales, MVP et DPOY cette saison. Par contre, précision importante : le format des séries était différent à l’époque. Et les Rockets ont donc joué leurs deux derniers matches à domicile. En fait, cette équipe de Houston ressemble finalement beaucoup plus à la formation actuelle de Milwaukee… et non pas à celle de Phoenix.

Les Lakers de Kobe Bryant en 2010

Des finales iconiques entre les deux plus grands rivaux de l’Histoire de la NBA : Boston et Los Angeles. Les champions 2008 contre les champions 2009. Une série incroyable disputée au meilleur des sept manches avec une victoire de Kobe Bryant et de ses coéquipiers (malgré la maladresse du Black Mamba dans le Match 7). Si les Angelenos ont fini par l’emporter, eux aussi se sont donc retrouvés dos au mur après le Match 5 perdu sur le terrain des Celtics malgré 38 points de Bryant. Mais encore une fois, avec une différence importante par rapport aux Suns de 2021 : Les Lakers savaient qu’ils auraient l’opportunité de jouer les deux dernières rencontres au Staples Center, devant leur public. Ça aide. Encore plus lors d’une confrontation avec la franchise du Massachusetts.
Pour le coup, les Californiens ont pu profiter du non-match de leurs adversaires pour se relancer. Paul Pierce et ses partenaires sont complètement passés à côté en s’inclinant de 22 longueurs tout en ne marquant que 67 points. Une sortie catastrophique des hommes de Doc Rivers (tiens, tiens…). Les Lakers ont ensuite gagné un Match 7 – le premier de leur Histoire contre les Celtics – beaucoup plus engagé, grâce notamment à un panier à trois-points décisif de Metta World Peace.

Kobe Bryant lors des Finals 2010

Crédit: Getty Images

Le Heat de LeBron James en 2013

Un exemple un peu plus récent et qui est encore probablement gravé dans la mémoire de nombreux passionnés de basket. Surtout celle des supporters de Miami… et de San Antonio. Les Spurs se préparaient à célébrer leur titre à quelques secondes de la fin du Match 6. La NBA avait déjà sorti le trophée et commençait à installer les barrières de sécurité pour la cérémonie. Les spectateurs quittaient petit à petit l’American Airlines Arena pour rejoindre leur voiture dans le but d’éviter les bouchons. Puis, soudain, Ray Allen (et Chris Bosh !) a complètement relancé les finales en inscrivant un panier à trois-points absolument incroyable dans les ultimes secondes de la partie. Légendaire. Culte.
Le rêve de Tony Parker, Tim Duncan et compagnie s’est brisé en quelques minutes. Le Heat l’a finalement emporté en prolongation (103-100) devant le public restant. Assommés par cette fin de rencontre, les Spurs ont aussi perdu le Match 7 deux jours après. Laissant ainsi LeBron James filer vers son deuxième titre consécutif. Mais donc encore une fois, Miami avait l’avantage du terrain au moment de disputer le Match 6 de la peur. Et pas sûr que les Suns disposent d’un Ray Allen pour leur sauver la peau.

Les Cavaliers de LeBron James en 2016

C’est un peu différent puisque les Cavaliers et les Warriors ne se sont pas retrouvés à 2-2 avant le Match 5 dans cette série. James et ses coéquipiers étaient déjà au fond du trou à ce moment-là. Menés 1-3. Jamais une équipe n’avait réussi à remonter pareil déficit en finales NBA. Jusqu’à ce que Cleveland renverse la situation. Le Match 5 a été un tournant dans cette série. Déjà parce que Draymond Green était suspendu après un vilain coup dans les parties intimes du King lors de la rencontre précédente.
Surtout, ce duel a été marqué par les performances de LeBron et de Kyrie Irving. Ils ont inscrit 41 points chacun pour entretenir l’espoir. Le natif d’Akron a aussi planté 41 pions lors du Match 6 disputé… à Cleveland. Encore une victoire à domicile.
Les Cavaliers ont tout de même eu les ressources nécessaires pour aussi aller s’imposer à Oakland lors du Match 7 (93-89). Avec un dernier panier assassin d’Irving à trois-points. Une remontée fantastique. Historique. Presque irréelle. Mais c’est justement le genre de challenge qui attend les Suns aujourd’hui. Chris Paul, Devin Booker et leurs coéquipiers sont lancés dans une mission improbable. Ils doivent défier les probabilités en allant s’imposer à l’extérieur, dans l’antre des Bucks, où Giannis Antetokounmpo et les siens ne perdent quasiment jamais. Bonne chance.

LeBron James en larmes dans les bras de Kevin Love après le sacre des Cleveland Cavaliers, dimanche 19 juin 2016

Crédit: AFP

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